La chirurgie dans le traitement du cancer du testicule
L’orchidectomie correspond à l’ablation chirurgicale d’un testicule. C’est un geste à la fois diagnostique et thérapeutique.
01 mars 2023 Dernière mise à jour : 06-05-2026
L’orchidectomie
L’orchidectomie correspond à l’ablation chirurgicale d’un testicule. C’est un geste à la fois diagnostique et thérapeutique : l’orchidectomie permet de confirmer le diagnostic de cancer du testicule mais elle constitue aussi la première étape du traitement de cette tumeur. Le chirurgien réalise une incision de quelques centimètres au niveau de l’aine (incision inguinale), le cordon spermatique est ligaturé pour arrêter le flux sanguin et le testicule est retiré. Enfin, la bourse est refermée avec des fils de suture. Le testicule extrait est transmis au laboratoire spécialisé qui effectue un examen anatomopathologique. Ce dernier permet de préciser la nature de la tumeur et oriente les médecins vers les traitements complémentaires comme la chimiothérapie et la radiothérapie. L’intervention dure d’une demi-heure à une heure et demie ; elle se déroule sous anesthésie générale ou rachianesthésie (anesthésie locorégionale). Si le patient le souhaite, le chirurgien remplace au cours de la même intervention le testicule manquant par une prothèse en silicone. Celle-ci peut aussi être mise en place dans un second temps.
Les suites de l’intervention
L’orchidectomie se déroule le plus généralement sans complication spécifique. Parfois, le patient peut ressentir des douleurs qui peuvent être soulagées par des médicaments antalgiques. Un hématome ou œdème peut également apparaître sur la peau des bourses et/ou sous la cicatrice inguinale. En cas d’infection au niveau de l’incision, prise en charge par des soins locaux, la cicatrisation peut être retardée. Le pansement doit être gardé quelques jours et un repos est conseillé pendant deux à trois jours pour favoriser une bonne cicatrisation. Il est recommandé de ne pas porter d’objets lourds et de ne pas faire d’efforts physiques durant quelques semaines. Quant à la fonction sexuelle, elle n’est pas touchée par l’ablation du testicule qui ne modifie ni l’érection ni l’éjaculation. En revanche, dans les cas rares où les deux testicules sont ôtés, il faut compenser le manque de testostérone par un traitement hormonal substitutif.
Dans de très rares cas, une orchidectomie partielle peut être envisagée dans le but de maintenir les fonctions hormonales et reproductrices du testicule. Seule la tumeur est alors retirée à condition qu’elle soit localisée, et le reste du testicule est laissé intact. Ce type d’intervention concerne essentiellement les patients n’ayant plus qu’un seul testicule fonctionnel (l’autre ayant subi un traumatisme, une torsion testiculaire ou ayant été retiré à l’occasion d’une précédente intervention chirurgicale pour une tumeur). Elle concerne plus rarement les patients dont les deux testicules sont touchés par le cancer. La décision est toujours prise de manière concertée et réfléchie par l’équipe médicale en accord avec le patient. Parfois, cette chirurgie partielle n’est pas suffisante, notamment si l’on observe que des cellules tumorales sont de nouveau présentes. Il est alors nécessaire de procéder à l’ablation totale du testicule quelques semaines à quelques mois après la première intervention.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Aude Fléchon, oncologue médicale au Centre Léon Bérard à Lyon.