La chirurgie dans le traitement du cancer des voies aérodigestives supérieures
La chirurgie fait quasiment toujours partie du plan de traitement d’un cancer des VADS, sous réserve que la tumeur soit accessible et puisse être entièrement supprimée par le geste chirurgical.
01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026
Les différentes interventions
La chirurgie est le traitement prioritaire. Réalisée par un chirurgien spécialisé, dans un établissement autorisé à opérer ce type de cancer, elle se fait par voie externe ou interne grâce à un endoscope ou un robot chirurgical. L’exérèse doit être large : le chirurgien retire la tumeur ainsi que les tissus environnants afin de ne laisser aucune cellule cancéreuse et d’éviter les récidives locales.
En fonction de la localisation anatomique touchée par le cancer, on parle de pharyngectomie (chirurgie qui consiste à enlever le pharynx), de laryngectomie (chirurgie du larynx et des cordes vocales) ou de glossectomie (chirurgie de la langue). Ces interventions peuvent être totales ou partielles en fonction de l’étendue de la tumeur.
Dans la grande majorité des cas, un curage ganglionnaire est effectué (ablation des ganglions du cou), uni ou bilatéral.
La reconstruction
C’est généralement au cours d’une même intervention que le chirurgien pratique l’exérèse de la tumeur et la reconstruction. Elle vise à restaurer la fonctionnalité et parfois l’esthétique de l’organe opéré.
Cette reconstruction est un acte chirurgical lourd. Elle consiste à prélever de la peau et/ou des lambeaux (morceaux de tissu) dans une autre partie du corps du patient et à les placer au niveau de la plaie.
Les suites opératoires
Au cours d’une consultation qui se déroule avant l’intervention, le chirurgien explique le déroulé et le geste opératoire. Il discute également avec le patient des séquelles temporaires ou définitives attendues. Celles-ci sont souvent redoutées à cause de l’importance fonctionnelle des voies aérodigestives supérieures.
Une trachéotomie (voir encadré ci-dessous) est parfois nécessaire pour assurer la fonction respiratoire. Elle peut être transitoire, le temps que le patient puisse de nouveau respirer naturellement, ou permanente. En outre, pour alimenter le patient de façon satisfaisante, il peut être nécessaire de placer une sonde nasogastrique ou de procéder à une gastrostomie. Cette dernière consiste à mettre en place, sous anesthésie, un tuyau qui relie directement l’estomac à l’extérieur. La mise en place de ces dispositifs est cruciale pour assurer le meilleur état nutritionnel ; ce paramètre contribue en effet largement à la réussite des traitements.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Lors de l’intervention chirurgicale, le chirurgien peut être amené à réaliser une trachéotomie : il réalise une petite incision au niveau de la trachée et y insère un petit tuyau souple, la canule. L’air y pénètre et atteint les poumons. Cette trachéotomie permet au patient de respirer en attendant qu’il puisse respirer naturellement par la bouche et le nez. La trachéotomie peut être provisoire ou définitive.
En revanche, lorsqu’une laryngectomie totale est nécessaire, le chirurgien supprime le pallier permettant de séparer air et aliments au niveau de la gorge, sans reconstruction possible. La seule façon pour le patient de respirer est alors de relier sa trachée à l’air libre au niveau du cou. Il s’agit d’une trachéostomie ; la trachée est « abouchée » à la peau de façon définitive. Privé de ses cordes vocales, le patient bénéficiera du soutien d’orthophonistes afin de réapprendre à parler
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.