Qu'est-ce qu'un myélome ?

Le myélome multiple est un cancer qui concerne chaque année plus de 6 000 nouveaux patients en France. Peu connue, cette maladie de la moelle osseuse est due à l’accumulation anormale d’un type de globules blancs, les plasmocytes. On parle de myélome multiple mais aussi de maladie de Kahler ou encore simplement de myélome.
Dans la plupart des cas, la maladie tend à devenir chronique avec la succession fréquente de plusieurs phases de rémissions et de rechutes.

01 octobre 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026

Qu’est-ce que la moelle osseuse ?

La moelle osseuse est une substance logée à l’intérieur de l’os ; chez l’adulte, on en trouve principalement dans les os plats, à savoir le sternum, les côtes, les vertèbres et les os du bassin. Elle fabrique chaque jour des milliards de cellules appelées « cellules souches hématopoïétiques », qui donnent naissance aux différentes cellules sanguines. Cette production continue, selon un processus appelé « hématopoïèse », permet de remplacer en permanence les cellules sanguines détruites dans notre corps par de nouvelles cellules.
On distingue trois familles de cellules sanguines :

  • les globules rouges (ou hématies ou érythrocytes), dont le rôle principal est de transporter l’oxygène ;
  • les globules blancs (ou leucocytes), dont le rôle principal est de protéger notre organisme des agressions ;
  • les plaquettes, dont le rôle principal est la coagulation du sang.

La moelle osseuse a un rôle vital pour l’organisme. En cas de dysfonctionnement, c’est-à-dire dans le cas de maladies graves du sang (les leucémies, par exemple), seule une greffe de moelle osseuse permet de restaurer la fonction de la moelle.

Moelle Osseuse

Qu’est-ce qu’un plasmocyte ?

Un plasmocyte est un type de globule blanc qui produit des anticorps (aussi appelés « immunoglobulines ») ; ces protéines ont pour mission de détecter les éléments étrangers qui se sont introduits dans l’organisme (virus, bactéries, champignons) et de les neutraliser en recrutant les cellules du système immunitaire.

Qu’est-ce qu’un myélome multiple ?

Lorsque des plasmocytes s’accumulent de façon anormale et qu’ils envahissent la moelle osseuse, on parle de myélome. Dans ce cas, les plasmocytes malades stimulent les cellules en charge de la destruction normale de l’os, les ostéoclastes, et inhibent les cellules en charge de la formation osseuse, les ostéoblastes ; l’équilibre du renouvellement osseux, qui repose sur une balance entre les mécanismes de destruction et de reconstruction de l’os, est alors rompu. L’os se fragilise, ce qui peut entraîner des fractures. L’envahissement de la moelle osseuse par une quantité anormale de plasmocytes a également pour conséquence une diminution de la production des cellules sanguines saines. On qualifie le myélome de « multiple » car plusieurs localisations osseuses sont atteintes en même temps.

On distingue plusieurs types de myélomes selon le type d’immunoglobulines (Ig) sécrétées par les plasmocytes malades : dans 65 % des cas, ce sont des Ig de type G, dans 20 % des cas des Ig de type A et dans 15 % des cas, ce sont des fragments d’Ig (on parle alors de myélomes à « chaînes légères »).
De nombreuses complications cliniques sont associées au myélome. C’est d’ailleurs leur apparition qui oriente le plus souvent le médecin vers le diagnostic.

Le myélome multiple en chiffres

Le myélome est un cancer rare dont l’incidence est en augmentation. En 2023, on estime à 6 487 le nombre de nouveaux cas de myélome multiple par an en France, dont 55 % chez l’homme. Cela représente environ 2 % de l’ensemble des cancers. Le pic d’incidence se situe autour de 72 ans chez l’homme et 74 ans chez la femme.
Les dernières années ont été marquées par de réels progrès thérapeutiques qui ont permis d’augmenter le taux de survie à 5 ans de plus de 20 % entre 1995 et 2020. Il est estimé à 60 % en moyenne mais dépend beaucoup de l’âge au diagnostic ; il est d’environ 80 % pour les personnes de 50 ans contre 42 % pour celles de 80 ans.

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.