Comment se développe un cancer ?

Les cancers se développent à partir de cellules anormales qui se multiplient de manière incontrôlée au détriment de l’organisme.

La mutation de certains gènes est à l’origine de leur apparition.

Quand les dons progressent, les cancers reculent.
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22 mai 2025 Dernière mise à jour : 08-10-2025

Chaque individu est constitué d’environ 50 000 milliards de cellules organisées en sous-ensembles structurés pour assurer une fonction, appelés tissus (tissu conjonctif, épithélial, nerveux, musculaire, adipeux…) qui forment eux-mêmes des organes (coeur, cerveau, poumon, peau…).

Au sein de chaque organe, des milliards de cellules assument donc des fonctions très diverses, propres au tissu auquel elles appartiennent (production d’enzymes digestives, contraction musculaire, conduction de messages nerveux…). D’autres se multiplient (par division cellulaire), et certaines meurent, de façon programmée. Cette répartition des tâches et ce renouvellement constant – mais maîtrisé – permettent d’assurer le bon fonctionnement de l’organisme.

Dans un tissu donné, les cellules se divisent, meurent, ou assurent leur fonction sans se diviser, parce qu’elles captent des signaux et expriment certains gènes qui les poussent dans une direction plus que dans une autre. Ce « choix » repose sur la position – l’équilibre – de nombreux curseurs. On sait aujourd’hui que cette position est régulée par des milliers de paramètres, dont certains ont un poids plus important que d’autres.

Les défaillances à l'origine du cancer

Une orchestration précise qui se dérègle

Pour que la régulation très fine du processus de division cellulaire soit assurée, les cellules comptent sur la bonne fonctionnalité des protéines qu’elles produisent et qui sont les opératrices de ces processus. En amont, c’est donc l’intégrité des gènes, qui sont les plans de fabrication des protéines, qui est cruciale. Or, sous l’effet du temps, d’agressions extérieures (alcool, tabac, soleil, virus, radiations…), ou encore du fait de prédispositions génétiques, des altérations peuvent survenir sur l’ADN, molécule qui porte l’ensemble du patrimoine génétique. Heureusement, les cellules possèdent des systèmes de réparation qui permettent de repérer et de corriger ces anomalies.

En temps normal, lorsque les mutations sont trop importantes ou nombreuses pour être réparées, la cellule s’autodétruit, par apoptose (un mécanisme de mort cellulaire programmée). Mais parfois, ces systèmes de sécurité fonctionnent mal ou ne fonctionnent plus : la cellule continue alors à se multiplier malgré la présence de mutations non réparées.

Si ces dernières touchent des gènes impliqués dans la régulation de la prolifération cellulaire ou de l’apoptose, la cellule peut rapidement devenir incontrôlable. Elle se multiplie et conduit à la formation d’une tumeur, maligne ou bénigne.

Toutefois, en règle générale, une cellule ne devient pas cancéreuse lorsqu’elle n’a acquis qu’une ou deux anomalies génétiques. C’est l’accumulation de nombreuses altérations au cours du temps qui lui confère les propriétés d’une cellule cancéreuse. Cela explique en partie pourquoi la fréquence des cancers augmente avec l’âge et avec la durée ou l’intensité d’exposition à des agents mutagènes.

La prédisposition génétique au cancer

Parfois, une mutation affectant un gène impliqué dans le développement des tumeurs est présente dans toutes les cellules d’une personne, dès sa naissance. Dans cette situation, une étape du processus tumoral étant franchie d’entrée, le risque de cancer de cette personne est plus élevé que celui de la population générale. On parle alors de « prédisposition génétique » au cancer. Dans le cancer du sein, elle représente par exemple environ 5 % des cas.

Les caractéristiques d’une cellule cancéreuse

Les cellules susceptibles de conduire à la formation d’un cancer présentent plusieurs particularités :

  • elles se multiplient activement, sont insensibles aux signaux qui devraient entraîner leur mort ou leur quiescence ;
  • elles n’assurent pas les fonctions des cellules normales dont elles dérivent : une cellule de cancer du sein ne va pas assurer les fonctions d’une cellule mammaire normale ;
  • elles s’accumulent pour former une tumeur ;
  • elles sont capables de détourner les ressources locales : les tumeurs développent souvent un réseau de vaisseaux sanguins qui leur permet d’être directement alimentées en oxygène, énergie et facteurs de croissance. Ce processus est nommé néo-angiogenèse ;
  • elles sont capables d’empêcher les défenses immunitaires de l’organisme de les attaquer.
Les décès par cancer sont surtout dus aux dommages causés par les métastases. C’est pourquoi il est important de diagnostiquer précocement la maladie, avant sa dissémination dans l’organisme.
La naissance des métastases

L’évolution d’un cancer au sein de l’organisme

Au fur et à mesure du temps, les cellules cancéreuses continuent à accumuler des anomalies. Elles acquièrent ainsi de nouvelles propriétés, dont certaines leur permettent de faire s’étendre la tumeur, localement puis plus largement. Les tumeurs finissent par envahir tous les tissus de l’organe dans lequel elles sont nées, puis par atteindre les tissus voisins : à ce stade, le cancer est dit « invasif ».

Par ailleurs, certaines cellules cancéreuses peuvent devenir mobiles, se détacher de la tumeur et migrer, notamment à travers les systèmes sanguin ou lymphatique, pour former une tumeur secondaire ailleurs dans l’organisme. On parle de métastase.

Les décès par cancer sont surtout dus aux dommages causés par les métastases. C’est pourquoi il est important de diagnostiquer précocement la maladie, avant sa dissémination dans l’organisme.

Cet article a bénéficié du concours du Professeur Nicolas Penel, oncologue médical et chef du département de cancérologie générale du Centre Oscar Lambret (Lille).