Quels sont les liens entre les agents infectieux et le cancer ?
On appelle agents infectieux des microorganismes (virus, bactérie, champignon ou parasite) capables de provoquer une infection. Certains peuvent favoriser la survenue de cancers. Dans les pays développés, 7 % des cancers seraient causés par des agents infectieux, c’est-à-dire des virus, des bactéries ou, plus rarement, des parasites.
01 novembre 2024 Dernière mise à jour : 05-02-2026
Les agents infectieux
Certains virus dits « oncogéniques » sont susceptibles de provoquer le développement de cancers.
- Le papillomavirus humain (HPV) : cancers de l’anus, du col de l’utérus, de la cavité orale (base de langue, oropharynx).
- Les virus des hépatites B et C (VHB et VHC) : cancers du foie et certains lymphomes non hodgkiniens.
- Le virus d’Epstein-Barr (EBV) : lymphomes hodgkiniens et non-hodgkinens (dont lymphome
de Burkitt), cancer du nasopharynx. - L’herpès virus de type 8 (HHV-8) : sarcome de Kaposi (cancer de la peau).
- Le virus HTLV-1 (Human T cell Leukemia/lymphoma Virus) : leucémies et lymphomes T.
- Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) : l’immunodépression causée par ce virus ainsi que des co-infections avec d’autres agents infectieux augmentent le risque de cancers tels que le sarcome de Kaposi, le cancer du col de l’utérus, de l’anus, du foie, du poumon…
Certaines infections fongiques ou parasitaires sont aussi impliquées dans la survenue de cancers :
- Aspergillus flavus, qui est la principale espèce productrice d’une toxine nommée aflatoxine B1. Cette substance naturelle peut causer des tumeurs en endommageant l’ADN des cellules, principalement au niveau du foie.
- Anisakis, dont les larves, présentes dans le poisson cru ou peu cuit, peuvent provoquer
des cancers de l’estomac et du colon.
Les personnes infectées par ces virus, bactéries, champignons ou parasites ne développeront pas toutes un cancer (par exemple, dans 90 % des cas, le HPV est éliminé en 2 ans sans symptôme par l’organisme), mais le risque est augmenté par l’association d’autres facteurs évitables comme le tabagisme, la consommation d’alcool, la sédentarité…
Helicobacter pylori est la première bactérie reconnue comme étant à l’origine d’un cancer : le cancer de l’estomac. Le risque de cancer gastrique est alors multiplié par 5 ou 6 en cas d’infection par cette bactérie. Celle-ci serait ainsi responsable de 63 % des cancers de l’estomac dans le monde, soit 5,5 % de tous les cancers mondiaux.
Cette bactérie infecte plus de 50 % de la population mondiale (de 20 à 90 % selon les pays) durant la jeune enfance, d’homme à homme, par voie orale et le plus souvent au cours d’une transmission intrafamiliale (mère/enfant, fratrie).
En France, la recherche et le traitement (par antibiotiques), sont uniquement recommandés pour les personnes présentant un risque important de développer un cancer de l’estomac.
Les modes de transmission
Ils sont variables selon les agents infectieux.
Les modes de transmission les plus communs sont :
- les mains ;
- des aliments préparés par des mains contaminées ;
- la salive ;
- les rapports sexuels ;
- la voie materno-foetale ;
- la transmission sanguine.
Les mécanismes de cancérogenèse
Les cancers induits par les agents infectieux sont causés :
- soit par une action du virus sur la cellule, dont le patrimoine génétique est altéré et qui devient cancéreuse ;
- soit par une action sur l’environnement de la cellule : l’infection entraîne une immunodépression, une inflammation ou agit en interaction avec d’autres virus cancérigènes, ce qui, à terme, crée les conditions favorables à la survenue d’un cancer.
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En savoir plus sur J’ai le papillomavirus, est-ce que je suis contagieux ?Réalisé avec le concours du professeur Jean-Philippe Spano, chef de service d’oncologie médicale, et de la professeure Valérie Pourcher, cheffe de service des maladies infectieuses et tropicales, à l’AP-HP Sorbonne Université.