Les examens anatomopathologiques et biologiques
Pour confirmer un diagnostic de cancer, il est nécessaire d’analyser le tissu ou les cellules situés au niveau d’une lésion suspecte.
Différentes techniques de prélèvement et d’analyse peuvent être utilisées en fonction de la localisation et du type de cancer. Des examens de sang ou d’urine peuvent également apporter des informations utiles.
20 décembre 2025 Dernière mise à jour : 03-02-2026
Les techniques de prélèvement
La biopsie utilise une aiguille creuse, coupante ou une pince pour retirer un échantillon (petit fragment) d’un tissu ou organe présentant une lésion suspecte. L’aiguille ou la pince est insérée à travers la peau ou directement au niveau de l’organe s’il est accessible par les voies naturelles comme la peau, l’estomac ou la vessie.
La ponction/cytoponction permet d’aspirer dans une seringue un peu de liquide ou quelques cellules au sein d’un organe, un kyste, un ganglion, etc. Elle est également employée pour prélever de la moelle osseuse ou du liquide céphalorachidien (ponction lombaire) en cas de suspicion de certains lymphomes.
Les biopsies et ponctions sont réalisées sous anesthésie locale ou générale. Elles peuvent être guidées par imagerie lorsqu’elles concernent des structures internes du corps.
Lors d’un frottis, par exemple cervico-vaginal, un écouvillon est inséré dans le vagin pour prélever des cellules à la surface du col utérin et détecter un éventuel cancer du col. Il ne nécessite pas d’anesthésie.
Si un cancer d’origine héréditaire ou génétique est suspecté, le dépistage de certains gènes de prédisposition au cancer peut être réalisé et étendu à d’autres membres de la famille, dans le cadre d’une consultation d’oncogénétique.
L’analyse des prélèvements
Les prélèvements de tissus, cellules ou liquides sont soumis à une analyse anatomo-pathologique. Au laboratoire, ils sont généralement apposés sur une lame, traités et colorés pour rendre visibles les cellules qui les composent, puis observés sous microscope. Les prélèvements de plus grande taille peuvent être préalablement examinés à l’œil nu : on parle d’examen macroscopique. Cela permet de sélectionner les zones à étudier.
L’analyse microscopique peut faire appel à différentes techniques, notamment l’histologie, qui étudie l’organisation d’un tissu à l’échelle cellulaire, et la cytologie, qui étudie l’apparence de cellules individuelles ou petits amas de cellules. L’aspect des tissus et des cellules permet de déterminer si le prélèvement est malin ou bénin.
La cytométrie de flux utilise le laser et un colorant sensible à la lumière pour analyser les cellules du sang ou de la moelle osseuse en cas de suspicion de cancer sanguin. L’immunohistochimie utilise des anticorps pour mettre en évidence certaines protéines au niveau des cellules. Ces protéines peuvent être des marqueurs tumoraux qui informent sur la nature, cancéreuse ou non, et la structure des lésions observées. Il peut aussi s’agir de protéines qui renseignent sur la biologie des cellules cancéreuses comme c’est le cas, par exemple, des récepteurs hormonaux ou du récepteur HER2, impliqués dans la prolifération tumorale. Quant à l’analyse moléculaire, elle utilise le séquençage de l’ADN ou l’ARN des cellules pour rechercher des altérations de gènes caractéristiques de tumeurs.
En cas de cancer, ces analyses renseignent sur le type de cancer, la vitesse à laquelle il peut évoluer (grade), mais aussi les traitements les plus adaptés.
Une analyse de sang révélant un taux élevé de marqueurs d’inflammation, notamment la protéine C-réactive (CRP) ou les
globules blancs, peut orienter vers la recherche d’un cancer. En cas de suspicion de leucémie ou de lymphome, elle est nécessaire à la recherche d’anomalies des taux d’éléments sanguins typiques de ces cancers. Dans d’autres cas, elle peut révéler une élévation des taux de protéines spécifiquement produites par les tumeurs : antigène spécifique de prostate (PSA), alphafoetoprotéine (AFP), antigène CA 19-9, antigène carcinoembryonnaire (ACE), etc. On peut aussi rechercher l’ADN des cellules tumorales. Une analyse d’urine (cytologie urinaire) peut mettre en évidence des cellules cancéreuses liées à un cancer de la vessie.
Cet article a été rédigé avec le concours de la Pr Valérie Vilgrain, ancienne cheffe du service de radiologie à l’hôpital Beaujon et représentante élue de la communauté médicale de l’hôpital Beaujon (Clichy, APHP) et de la Pr Cécile Badoual, cheffe de département de biologie et pathologie médicales de Gustave Roussy (Villejuif).