Les examens d'imagerie
L’imagerie est souvent le premier examen proposé en cas de suspicion de cancer.
Elle permet au médecin de visualiser directement ou sur un écran la zone du corps concernée et de déterminer la taille, l’emplacement et l’aspect d’une grosseur ou d’une lésion.
20 décembre 2025 Dernière mise à jour : 03-02-2026
L'échographie
L’échographie utilise des ultrasons transmis par une sonde appliquée sur la peau ou insérée dans le vagin ou l’anus. Elle permet de repérer et d’évaluer l’aspect d’une masse dans un organe « mou » (thyroïde, sein, foie…). Elle peut notamment distinguer une tumeur solide (nodule) d’un kyste.
L’échodoppler permet de voir en temps réel l’irrigation sanguine d’un organe et de détecter une anomalie du flux pouvant indiquer la présence d’un cancer.
L’endoscopie
Également appelée fibroscopie, l’endoscopie utilise une caméra miniature insérée dans les voies naturelles ou par incision à travers la peau. Elle permet d’examiner directement une lésion au niveau d’un organe « creux » : estomac (gastroscopie), côlon (coloscopie), utérus (hystéroscopie), vessie (cytoscopie), bronches (fibroscopie bronchique), etc.
Une biopsie peut être réalisée en même temps. Lorsque l’endoscope est couplé à une sonde d’échographie, on parle d’écho-endoscopie. L’endoscopie est pratiquée sous anesthésie générale ou locale.
La radiographie
La radiographie utilise un faisceau de rayons X à faible dose qui traverse la région du corps à examiner et s’imprime sur une plaque sensible. En fonction de leur densité, les structures du corps apparaissent en noir, blanc ou gris, les tumeurs se révélant comme des zones anormalement plus claires. Elle est utilisée pour observer les anomalies des organes « durs » comme les os, mais aussi comme premier examen pour le cancer du sein (mammographie).
Le scanner
Également appelé tomodensitométrie (TDM), le scanner utilise des rayons X à très faible dose. La source des rayons se déplace autour d’une région du corps à examiner pour fournir une série de clichés « en coupes ».
Ces données sont assemblées et reconstruites sur ordinateur en deux ou trois dimensions pour créer une image très fine des volumes du corps.
Le scanner thoraco-abdomino-pelvien (TAP) est l’examen de référence pour le diagnostic de nombreux cancers : foie, pancréas, poumon, etc.
L’administration d’un produit de contraste peut être nécessaire pour rendre les organes et lésions plus visibles, par exemple de l’iode pour le scanner ou du gadolinium pour l’IRM.
L’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM)
L’IRM n’utilise pas les rayons X, mais les champs électromagnétiques d’un aimant puissant qui font réagir les molécules d’eau présentes dans les tissus du corps. Les signaux transmis par la machine créent sur ordinateur des images en deux ou trois dimensions.
L’IRM est dédiée à des zones à examiner plus localisées que le scanner et produit des images détaillées de tissus mous et d’organes, y compris le cerveau. Elle permet de détecter et de caractériser de très petites tumeurs.
Ces examens d’imagerie utilisent des traceurs radioactifs – injectés par voie intraveineuse – dont le signal est capté par une caméra spéciale. Ces produits s’accumulent préférentiellement dans les cellules cancéreuses, permettant de révéler la présence de foyers cancéreux dans tout le corps.
Le PET-scan ou tomographie par émissions de positons (TEP) emploie généralement un traceur fixé à un analogue du glucose, le métabolisme des cellules cancéreuses étant particulièrement consommateur de cette source d’énergie.
La scintigraphie osseuse, elle, utilise un traceur qui se fixe sur le squelette pour détecter des tumeurs osseuses.
Cet article a été rédigé avec le concours de la Pr Valérie Vilgrain, ancienne cheffe du service de radiologie à l’hôpital Beaujon et représentante élue de la communauté médicale de l’hôpital Beaujon (Clichy, APHP) et de la Pr Cécile Badoual, cheffe de département de biologie et pathologie médicales de Gustave Roussy (Villejuif).