Quels sont les bénéfices de l'arrêt du tabac sur le risque de cancer ?

Arrêter de fumer doit être une décision personnelle mûrement réfléchie. Pour y parvenir, il est important de se préparer, de planifier, d’être bien entouré et surtout d’être patient.

Quelques chiffres pour se motiver

  • 1 journée sans fumer
    = tension et rythme cardiaque stabilisés !
  • 48 heures sans fumer
    = odeurs et saveurs retrouvées !
  • 15 jours sans fumer
    = souffle amélioré !

Pour réussir à arrêter

Choisir le moment

On entend souvent que le premier jour d’arrêt peut être associé à un heureux événement (anniversaire, naissance, nouvelle année…) ou qu’il est conseillé de profiter d’une période sereine de sa vie privée et professionnelle. En réalité le bon moment est celui que vous choisirez.

Impliquer ses proches

Il peut être bon de demander à un proche de jouer un rôle dans votre démarche ou au moins de ne pas vous tenter !

Planifier son temps

Il est capital de réduire les « temps morts » et les occasions de fumer en préparant son emploi du temps. Dans les premiers jours, il peut être bénéfique de privilégier les endroits non-fumeurs, de boire beaucoup d’eau et, si nécessaire, de commencer à utiliser un substitut nicotinique.

Gérer l’échec

Plusieurs essais sont parfois nécessaires. Qu’importe, chaque tentative rapproche  du succès. Envisager un arrêt progressif peut également être une solution.

Anticiper une éventuelle prise de poids

Elle concerne deux tiers des personnes  en sevrage tabagique (2,8 à 3,8 kg en moyenne)1. Une attention portée aux habitudes alimentaires et à l’activité physique lors des premières semaines suffit en général à contrôler en grande partie cette prise de poids. Retrouver le goût et l’odorat permet de manger plus sainement.

Être attentif aux répercussions psychologiques

Un trouble psychique plus ou moins profond et passager peut être provoqué par le manque. Sa prévention est possible grâce au traitement de la dépendance.

Quelques chiffres pour garder la motivation

  • Quelques mois sans fumer
    = effort physique modéré plus facile !
  • 1 an sans fumer
    = risque d'infarctus du myocarde divisé par 2 !
  • > 5 ans sans fumer
    = sur-risque lié au tabac diminué de moitié !

Les outils pour arrêter

Parce que la bonne volonté et le soutien des proches ne suffisent pas toujours, parce que la dépendance existe, des supports sont là pour aider les personnes qui souhaitent arrêter de fumer.

Les professionnels de santé

Il est capital de discuter de sa démarche avec son médecin traitant ou avec un tabacologue. La plateforme Tabac Info Service (39 89) oriente vers des consultations de tabacologie ou met directement en relation téléphonique avec un spécialiste. Ces professionnels accompagnent les fumeurs dans leur projet de sevrage et les aident à envisager un soutien, médicamenteux ou non.

Les substituts et médicaments

Les substituts, disponibles sous différentes formes (patch, pastille, gomme à mâcher, inhalateur, spray buccal), dispensent une dose mesurée de nicotine et permettent de compenser le manque. La dose doit être réduite progressivement pour faire disparaître la dépendance physique. Ces substituts sont actuellement sont remboursés à 65% par l’Assurance Maladie. Le ticket modérateur peut être pris en charge par votre complémentaire santé. Les pharmacies peuvent pratiquer la dispense d’avance de frais pour ces produits. Les médicaments oraux (varénicline ou bupropion) limitent les effets du manque. Ayant un impact potentiellement fort sur l’équilibre psychique, leur prescription doit être associée à un suivi médical strict.

Les approches alternatives

Les thérapies cognitivo-comportementales visent à modifier le comportement des fumeurs en s’appuyant sur l’analyse du ressenti et des émotions. Elles aident à entretenir la motivation et peuvent aussi être utiles après le sevrage, pour éviter la rechute.

D’autres approches, même si elles ne sont pas officiellement reconnues, semblent aussi aider certains fumeurs : l’acupuncture, l’hypnose, la sophrologie ou la phytothérapie par exemple.

Et la cigarette électronique ?

Si on attend une forte réduction des risques de cancer chez les fumeurs de tabac qui passent à l’e-cigarette, on ne connaît pas encore précisément les effets d’une utilisation prolongée de ce dispositif sur la santé : c’est pourquoi les experts sanitaires la déconseillent actuellement aux non-fumeurs.

1. Sevrage tabagique et prévention des cancers, INCa, coll. Fiches repère, 2011.
2. Sevrage tabagique et prévention des cancers, INCa, coll. Fiches repère, 2011.
3. Site de la MILDCA : www.drogues.gouv.fr/comprendre-laddiction/presentation/definitions/

Dossier réalisé avec le concours du Docteur Anne Borgne,de l’équipe de liaison et de soins en addictologie au centre hospitalier de Cornouaille (Quimper).