Quels sont les liens entre la pollution de l'air et le cancer ?

La pollution de l’air est un facteur de risque de cancer.

Elle peut être très variable selon le lieu, la saison, la température, la proximité de sources de pollution, l’humidité... Face à la pollution de l’air extérieur, protégeons-nous au quotidien et agissons à long terme pour l’ensemble de la collectivité.

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12 juin 2025 Dernière mise à jour : 14-10-2025

La pollution de l’air est l’introduction directe ou indirecte dans l’atmosphère extérieure, de substances ayant des conséquences préjudiciables pouvant mettre en danger la santé humaine, nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, influer sur les changements climatiques, détériorer les biens et matériels et provoquer des nuisances olfactives excessives1.

Les polluants de l'air sont groupés en deux catégories

  • Les particules aussi appelées matières particulaires (PM), constituées d’un mélange complexe de composants tels que le carbone, les métaux… Elles sont classifiées selon leur taille : les PM10 (ayant un diamètre ≤ 10 µm), les PM2,5 (aussi appelées « particules fines ») et les PM0,1 (« particules ultrafines »),
  • Les gaz, dont les plus étudiés en air extérieur, en association avec la santé, sont l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2)…

Pourquoi la pollution de l’air augmente-t-elle le risque de cancer ?

Certains polluants pourraient être cancérogènes, c’est-à-dire à l’origine d’altérations de l’ADN qui peuvent conduire à des mutations et ainsi augmenter le risque de cancer.

L’exposition à long terme et répétée à ces polluants augmente le risque de développer un cancer2,3 (exemple : benzène, particules fines…). Plus précisément, une augmentation de 10 µg/m3 de particules fines est associée à une augmentation de 8 % de risque de décès par cancer du poumon4.

Quelques chiffres

Le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) est un organisme qui identifie les agents cancérogènes ou potentiellement cancérogènes pour l’être humain. Il les classe en plusieurs groupes : du groupe 4 « probablement non cancérogène » au groupe 1 « cancérogène »5.

Les particules diesel, principales composantes des particules issues du trafic, sont classées cancérogènes avérés (groupe 1) par le CIRC depuis juin 2012. De même, les PM2,5, classées cancérogènes en 2013, sont également des composantes majeures de la pollution de l’air extérieur. À cause de leur faible taille, ces particules ont la capacité de pénétrer et demeurer en profondeur dans l’organisme4.

Ainsi en France, par an, près de 1 500 cas de cancer du poumon seraient attribuables aux particules fines (soit environ 3,6 % des cas)6 et par ailleurs, les décès de cancer du poumon attribuables aux PM2,5 ont augmenté de 29,3 % de 1990 à 20177. De même, 1 700 cas de cancers du sein seraient dus à la pollution de l’air extérieur8.

1. Pollution de l’air vue d’ensemble, www.cancer-environnement.fr, consulté le 10 décembre 2021 2. Cancer et environnement, Afsset, 2006 3. Expositions environnementales : vue d’ensemble, www.cancer-environnement.fr, consulté le 10 décembre 2021 4. Particules dans l’air et risque de cancer, www.cancer-environnement.fr, consulté le 3 février 2022 5. Classification des substances cancérogènes par le CIRC, www.cancer-environnement.fr, consulté le 10 décembre 2021 6. Kulhánová I. et al. « The fraction of lung cancer incidence attributable to fine particulate air pollution in France: Impact of spatial resolution of air pollution models », 2018, Environ Int. 121(Pt2):1079–1086 7. Yang X. et al. « Global burden of lung cancer attributable to ambient fine particulate matter pollution in 204 countries and territories, 1990–2019 ». Environ Res. 2022;204(PtA):112023 8. La pollution atmosphérique associée à un risque plus élevé de cancer du sein, Communiqué, Inserm, 27 mai 2021

Dossier réalisé avec le concours du Dr Bénédicte Jacquemin, épidémiologiste environnementale à l’IRSET (Institut de Recherche en Santé Environnement Travail), INSERM, et du Dr Emeline Lequy, chercheure en environnement et épidémiologie à l’UMS 11 « Cohortes en population », INSERM, Université Paris Cité UP Saclay UVSQ.