Quels sont les liens entre l'alcool et le cancer ?
L’alcool est un cancérigène avéré. En France, il constitue la 2e cause de décès par cancer évitable, la première étant le tabagisme.
Consommer de l’alcool augmente le risque de développer un cancer chez l’homme et la femme. Si les études montrent que ce risque est variable selon les localisations, elles confirment qu’il est réel dès une consommation moyenne d’un verre par jour.
23 mai 2025 Dernière mise à jour : 10-10-2025
Quels cancers ?
En 2002, en Europe, on estimait que chaque année, environ 150 000 cas de cancers étaient directement attribuables à la consommation d’alcool. En France, en 2015, 28 % des nouveaux cas de cancers seraient attribuables à l’alcool. Les études épidémiologiques ont effectivement déjà montré que cette habitude de consommation augmentait le risque de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures, de l’œsophage, du foie, du côlon-rectum et du sein chez la femme.
Quels effets ?
L’alcool est responsable de lésions qui favorisent le développement de cancer. Les deux molécules en cause sont l’éthanol et son principal produit de dégradation, l’acétaldéhyde (groupe 1 « cancérigène avéré pour l’Homme » de la classification du Centre international de recherche sur le cancer). Cette molécule est produite dès l’ingestion de la boisson alcoolisée puis en grande quantité dans le foie où elle gagne la circulation sanguine. Elle a donc un effet cancérigène (altérations de l’ADN des cellules) au niveau des muqueuses de la cavité buccale, du larynx, du pharynx et de l’œsophage mais aussi sur l’ensemble de l’organisme.
Pendant les traitements
Au moment de la prise en charge du cancer, il a été montré que la consommation de boissons alcoolisées entraînait :
- une modification de l’efficacité du médicament
- une augmentation du risque de toxicité, notamment au niveau hépatique
- une augmentation des complications telles qu’infections, lésions gastro-intestinales…
- une mauvaise cicatrisation
- une aggravation des effets indésirables des traitements
Il est ainsi fortement conseillé de limiter, voire d’arrêter sa consommation d’alcool pendant les traitements mais aussi après, pour éviter le risque de récidives.
Les produits cancérigènes d’une cigarette et de l’alcool agissent dans l’organisme en synergie ; les effets de chaque substance ne s’additionnent pas mais se multiplient, surtout pour les cancers des voies aérodigestives supérieures.
Ce dossier a été réalisé avec le concours des professeurs Aubin Henri-Jean (université Paris-Sud 11) et Naassila Mickael (université de Picardie Jules Verne) et de l’équipe de coordination du réseau NACRe (www.inra.fr/nacre).
Références :
– Alcool et risque de cancers, INCa, Réseau NACRe, novembre 2007
– Guérin S et al. Mortalité attribuable à l’alcool en France en 2009. Eur J Public Health. 2013;1-6
– Avis d’experts relatif à l’évolution du discours public en matière de consommation d’alcool en France, INCa, Santé Publique France, mai 2017
– Cancer et nutrition, Dossier, Inserm
– Consumption of alcoholic beverages. In: Personal Habits and Indoor Conbustions. Lyon: IARC Monographs on the evaluation of carcinogenic risks to humans, Vol. 100E, 2012.
– Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données. INCa, collection « État des lieux et connaissances », 2015.