FAQ : le cancer du côlon chez la femme

Avec plus de 47 000 nouveaux cas de cancer du colon diagnostiqués en 2023, dont plus de 21 000 femmes, le cancer colorectal est l’un des plus fréquents en France (1). À quels symptômes faut-il prêter attention ? Quelles sont les chances de survie ? Quand consulter un médecin ? On vous dit tout.

Quels sont les premiers symptômes du cancer du côlon chez la femme ?

Le cancer du côlon peut se manifester par des symptômes souvent peu spécifiques, qui peuvent être confondus avec des troubles digestifs courants. Toutefois, certains signes doivent alerter :

  • une alternance entre diarrhée et constipation, ou des selles inhabituelles sur une période prolongée
  • la présence de sang dans les selles (sous forme de sang rouge vif ou de selles noires)
  • des douleurs abdominales persistantes, notamment dans le bas-ventre
  • une perte de poids inexpliquée 
  • une fatigue excessive

Quelles sont les chances de guérison pour le cancer du côlon chez la femme ?

Les chances de guérison du cancer du côlon chez la femme sont relativement bonnes, avec un taux de survie à 5 ans de 65 % pour les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015, contre 62 % pour les hommes (1). Il s’agit donc d’un cancer plutôt de bon pronostic, à condition qu’il soit détecté à un stade précoce et qu’un traitement approprié soit mis en place suffisamment tôt.

Comment différencier les douleurs du cancer du côlon des troubles digestifs courants ?

Les douleurs liées au cancer du côlon se distinguent par leur persistance et leur intensité croissante. Contrairement aux troubles digestifs bénins, qui sont souvent transitoires, les douleurs abdominales liées au cancer du côlon tendent à se faire plus fréquentes et plus intenses avec le temps.

En outre, elles s’accompagnent souvent d’autres symptômes comme des saignements dans les selles ou des troubles du transit intestinal.

À quel moment faut-il consulter un médecin en cas de symptômes suspects ?

Dès qu’un ou plusieurs symptômes anormaux apparaissent et persistent au-delà de deux semaines, il est impératif de consulter un professionnel de santé. 

En France, le dépistage du cancer colorectal est recommandé tous les deux ans pour les femmes de plus de 50 ans. Il permet de détecter les signes précoces de la maladie, même en l’absence de symptômes. Malheureusement, on estime que seulement 34,3 % de la population concernée (femmes et hommes confondus) (2) se soumet à ce test de dépistage. Atteindre l’objectif de 65% de participation, tel qu’établi par la Stratégie décennale de lutte contre les cancers, pourrait permettre de prévenir près de 5 700 cas de cancer colorectal et d’éviter environ 6 600 décès. (3)

Le cancer du côlon provoque-t-il des symptômes spécifiques chez la femme ?

Les symptômes du cancer du côlon sont généralement les mêmes pour les hommes et les femmes. Toutefois, il existe malheureusement des biais médicaux pouvant retarder le diagnostic chez les femmes, et donc leur chances de guérison. En effet, les symptômes, comme les douleurs abdominales ou les troubles digestifs, peuvent être interprétés comme des manifestations d’autres affections plus bénignes, comme des problèmes hormonaux ou induits par le stress. 

Cet état de fait confirme d’autant plus la nécessité de participer au dépistage organisé et de ne pas ignorer des symptômes persistants, même s’ils ne sont que peu spécifiques ou peu invalidants. 

Existe-t-il des facteurs de risque particuliers pour les femmes ?

Bien que les facteurs de risque du cancer du côlon soient similaires chez les hommes et les femmes, certaines spécificités peuvent influencer l’incidence chez les femmes. Parmi les principaux facteurs de risque, on retrouve :

 

  • l’âge, avec un risque accru après 50 ans
  • les antécédents familiaux 
  • les antécédents de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (notamment colite ulcéreuse ou maladie de Crohn)
  • le mode de vie (alimentation trop riche en graisses animales, consommation excessive d’alcool, sédentarité, surpoids…)

 

Chez les femmes, le risque de développer un cancer du côlon augmente après la ménopause (4), a priori en raison de la baisse des niveaux d’œstrogènes. 

 

(1) https://www.cancer.fr/catalogue-des-publications/panorama-des-cancers-en-france-edition-2023 

(2) https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2023/cancer-colorectal-un-taux-de-participation-aux-tests-de-depistage-stable-en-2021-2022 

(3) https://www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/cancer-colorectal-le-depistage-du-cancer-colorectal-partir-de-50-ans-cest-tous-les-2-ans-la 

(4) https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0399832007000139