Les principaux effets secondaires des traitements d'un cancer de la peau
Avant la prise en charge thérapeutique, le médecin informe le patient des éventuels effets indésirables induits par le traitement. Chaque patient réagit différemment, selon le type de traitement et son intensité. Quoi qu’il en soit, l’équipe médicale est là pour prévenir ou prendre en charge les maux que peut développer le patient.
01 août 2018 Dernière mise à jour : 16-04-2026
En cas de chirurgie
Une douleur postopératoire peut être ressentie au niveau de la plaie pendant quelques heures à quelques jours. Une prise d’antalgiques peut la soulager. Dans certains cas exceptionnels, la douleur peut persister plus longtemps. Des oedèmes (gonflements) ou des ecchymoses (« bleus ») peuvent apparaître peu après l’opération, notamment au niveau de certaines zones d’intervention comme le visage. Sans gravité, ils disparaissent généralement après quelques jours.
De façon moins spécifique, l’intervention expose aux risques classiques liés à une opération chirurgicale : risque d’infection, hémorragie locale, complication au niveau de la cicatrice…
Dans le cas où la chirurgie a également nécessité le retrait de ganglions sentinelles, un lymphocèle (une poche de liquide lymphatique qui s’accumule près de la zone opérée) peut se former, puis disparaître progressivement.
En cas de cryochirurgie
Immédiatement après l’opération, une rougeur, un oedème ou une cloque peut apparaître. Parfois, les patients se plaignent de douleurs, d’une sensation de brûlure mais ces manifestations persistent rarement au-delà de quelques jours. La zone traitée forme une croûte qui laissera place à une cicatrice généralement de bonne qualité esthétique.
L’ablation d’un mélanome ou d’un carcinome de petite taille laissera généralement une cicatrice discrète, formée rapidement et dont les répercussions esthétiques resteront modérées. Mais ce n’est pas toujours le cas : lorsque la tumeur est de diamètre important ou lorsque l’extension aux tissus sous-jacents est profonde, le chirurgien doit parfois procéder à l’ablation d’un volume de tissu important. La fermeture de la plaie par une suture classique de la peau des berges n’est alors pas possible. Selon l’importance de la lacune de peau à combler, la chirurgie peut proposer différentes techniques :
- une « cicatrisation dirigée » en appliquant un pansement gras spécial qui aide au comblement de la plaie et à sa cicatrisation. Le résultat esthétique de cette technique n’est pas toujours satisfaisant ;
- une cicatrisation par un lambeau de peau vivant. Prélevé juste à côté de la plaie, ce lambeau est déplacé sur la lésion tout en restant attaché par un côté, ce qui lui permet de rester vivant. Elle donne généralement de bons résultats esthétiques ;
- une greffe de peau, souvent prélevée au niveau de la cuisse, de la fesse ou du dos, est aussi envisageable. Hormis les cas où la cicatrisation est difficile à obtenir, cette greffe est proposée pour optimiser le résultat esthétique. Le prélèvement est fait sur une région où la peau ressemble à celle de la zone à combler (couleur, texture).
En cas de pris d’interféron
L’interféron alpha-2a peut donner de la fièvre (syndrome pseudo grippal), des maux de tête, des nausées, une baisse de tension (hypotension) et des douleurs musculaires (myalgies). Il peut aussi entraîner des états dépressifs.
En cas de photothérapie dynamique
Les événements indésirables sont rares et généralement modérés : durant la séance, les patients peuvent ressentir une douleur qui disparait dès l’arrêt de l’irradiation. À la suite du traitement, la zone traitée devient rouge ; cet érythème peut persister durant quelques jours. Quelquefois, une croûte ou une cloque peut se former transitoirement. L’application de vaseline est alors souvent préconisée.
En cas de prise d’imiquimod
Ce traitement induit principalement une inflammation avec des démangeaisons (prurit), un érythème et des croûtes au niveau du site d’application qui peuvent nécessiter de diminuer ou d’interrompre transitoirement le traitement. Il peut aussi avoir des effets plus généraux avec un état pseudo-grippal transitoire.
En cas de radiothérapie
Les principaux effets secondaires de la radiothérapie varient selon la zone irradiée mais correspondent généralement à une altération transitoire de la peau : rougeur, sècheresse, perte de sensibilité, ulcération. Des lésions chroniques de la peau peuvent survenir des années plus tard, ainsi que des carcinomes cutanés.
En cas de chimiothérapie
Selon le médicament utilisé, les effets secondaires sont : fatigue, fièvre, nausées, vomissements, perte de cheveux (alopécie), troubles de la formule sanguine… Un traitement spécifique peut être proposé pour les atténuer.
En cas de prise de thérapies ciblées
Les effets indésirables dépendent du médicament et/ou de la combinaison prescrit ; les plus fréquemment observés sont la fièvre, les frissons, la diminution de l’appétit, la fatigue, des diarrhées, des nausées, des douleurs articulaires et des réactions cutanées.
En cas d’immunothérapie
L’immunothérapie provoque également des effets secondaires qui sont induits par le fait que le le système immunitaire est très stimulé. Selon les molécules utilisées, les plus fréquents sont les nausées, la fatigue, des problèmes gastro-intestinaux, des éruptions et des démangeaisons cutanées, des atteintes du foie, des insuffisances hormonales définitives. Le recours de plus en plus fréquent à des combinaisons, qui améliorent l’efficacité du traitement, engendre des effets secondaires plus importants qui peuvent contraindre le patient à suspendre ou arrêter son traitement. Une partie de ces effets secondaires s’apparentent à des réactions auto-immunes, conséquences d’une activation trop intense du système immunitaire. La prise en charge par immunothérapie (anti PD-1/CTLA-4) nécessite un suivi spécifique par une équipe médicale ayant une bonne connaissance de ces effets indésirables potentiels. Certaines de ces manifestations peuvent être soulagées. Il est nécessaire d’en parler à son médecin.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Caroline Robert, chef du département de dermatologie de Gustave Roussy (Villejuif) et du Pr Philippe Saiag, chef de service de dermatologie générale et oncologique de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt).