Les traitements d'un mélanome

Compte tenu de leur gravité et de leur rapidité d’évolution potentielle, les décisions thérapeutiques qui concernent les mélanomes sont prises collégialement entre plusieurs spécialistes du cancer (dermatologues, oncologues, chirurgiens) lors de Réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP). Elles sont résumées dans un document, le Programme personnalisé de soins (PPS), qui doit être remis au patient dès le début de sa prise en charge.

01 août 2018 Dernière mise à jour : 16-04-2026

La chirurgie

Elle constitue la première option de traitement envisagée. L’opération se déroule sous anesthésie locale ou générale, lorsque des ganglions lymphatiques doivent être retirés. Elle dure généralement moins d’une heure. Le chirurgien réalise ce que l’on appelle une exérèse élargie, c’est-à-dire que la lésion est retirée avec une marge de sécurité. La largeur de cette marge est de 5 à 20 millimètres, ce qui permet de s’assurer qu’aucune cellule cancéreuse, légèrement distante du mélanome, ne reste en place et ne favorise ainsi le développement d’une récidive locale.

Au cours de cette chirurgie, le ganglion sentinelle peut être retiré et analysé. Cette procédure a pour objectif de rechercher la présence éventuelle de cellules cancéreuses au niveau régional, dans les ganglions lymphatiques (on parle de micro-métastases). En pratique, une scintigraphie ganglionnaire précède le geste opératoire. Un produit radioactif est injecté sur le site du mélanome et permet de repérer par imagerie le principal ganglion drainant la région, pour le prélever et l’analyser. Si l’analyse montre la présence de cellules cancéreuses dans ce ganglion, le pronostic du patient est moins bon et la surveillance sera plus étroite.

En revanche, la découverte d’un ganglion sentinelle métastatique n’entraîne plus systématiquement le retrait de l’ensemble de la chaîne ganglionnaire (curage ganglionnaire) ; cette intervention ne change pas le pronostic à long terme. Si l’extension régionale ou le risque de récidive du mélanome sont importants, des traitements complémentaires (adjuvants) sont proposés.

L’interféron alpha-2a

Il s’agit d’un médicament immunomodulateur, c’est-à-dire qui mobilise les mécanismes de défense de l’organisme aptes à combattre les cellules cancéreuses. Le traitement est injecté régulièrement par voie sous-cutanée pendant plusieurs mois afin de limiter la prolifération des cellules cancéreuses résiduelles. La limite de ce traitement réside dans les importants effets secondaires qu’il induit. Compte tenu des résultats positifs des immunothérapies et de la combinaison de thérapies ciblées, le recours à l’interféron va disparaître progressivement.

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Caroline Robert, chef du département de dermatologie de Gustave Roussy (Villejuif) et du Pr Philippe Saiag, chef de service de dermatologie générale et oncologique de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt).