Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la peau ?
Les patients atteints de cancers de la peau ont été les premiers à bénéficier des progrès considérables liés à l'arrivée des thérapies ciblées et de l'immunothérapie. Les essais se poursuivent et nécessitent une contribution active des patients.
01 août 2018 Dernière mise à jour : 16-04-2026
Combiner les molécules
Pour lutter contre les métastases cérébrales, qui sont de mauvais pronostic, deux types de combinaisons de molécules donnent des résultats encourageants : une combinaison d’immunothérapie (ipilimumab + nivolumab) et une combinaison de thérapies ciblées (dabrafenib + trametinib).
Disposer d’un traitement adjuvant
Après le traitement initial, c’est-à-dire l’ablation de la tumeur et des ganglions métastatiques par chirurgie, l’immunothérapie par anti-PD1 (nivolumab ou pembrolizumab) ou la combinaison de thérapies ciblées (dabrafenib + trametinib) permettent de diminuer le risque de récidive. Ces traitements seront probablement bientôt accessibles sur le marché.
Comprendre les résistances aux thérapies ciblées
Les thérapies ciblées peuvent, chez certains patients, montrer une efficacité impressionnante dès les premières semaines de traitement. Malheureusement cette efficacité n’est souvent que transitoire, la croissance tumorale reprenant alors après quelques semaines ou quelques mois de traitement. Les travaux de recherche fondamentale sont indispensables pour comprendre la biologie des cellules cancéreuses et identifier les mécanismes responsables de ces phénomènes de résistance. Tout l’enjeu est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour contrer ou contourner ces résistances, voire d’identifier des leviers plus efficaces. Les mécanismes dans lesquels sont impliquées les protéines BRAF et MEK, des « MAP-kinases » sont évidemment étudiés de près mais n’excluent pas d’autres pistes de recherche.
Identifier des biomarqueurs prédictifs de l’efficacité des immunothérapies
Si elles sont durablement efficaces chez environ 40 à 50 % des patients, les immunothérapies qui utilisent des anti PD-1 et des anti CTLA-4 ne présentent pas de bénéfice pour la majorité restante. Savoir identifier a priori les patients susceptibles d’en bénéficier est donc un enjeu majeur pour le développement clinique de ces thérapies. En 2017, la Fondation ARC a ainsi fait le choix de soutenir l’étude CHECK’UP dont l’objectif est d’identifier des signatures prédictives d’une réponse positive aux immunothérapies antiPD-1 et anti PD-L1.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Caroline Robert, chef du département de dermatologie de Gustave Roussy (Villejuif) et du Pr Philippe Saiag, chef de service de dermatologie générale et oncologique de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt).