Quels sont les enjeux de la recherche ?

Améliorer la prise en charge du cancer de la thyroïde passe par l’évolution des techniques existantes et le développement de nouvelles alternatives thérapeutiques.

04 août 2025 Dernière mise à jour : 26-08-2025

Optimiser les techniques actuelles

Les médecins visent toujours à améliorer l’efficacité des traitements tout en s’assurant du confort des patients. Des études cherchent ainsi à apprécier si la lobectomie pourrait être utilisée chez davantage de patients. Cela leur permettrait de conserver une partie de la thyroïde et, pour certains, d’éviter le traitement à vie par lévothyroxine. De la même façon, la détermination de critères de surveillance permettrait de ne réserver la chirurgie qu’aux tumeurs à risque réel d’évolution. Enfin, des paramètres prédictifs d’évolution sont recherchés afin de réserver l’irathérapie aux seules personnes ayant une forte probabilité d’évolution.

Parallèlement, la chirurgie robotique et les méthodes par endoscopie se développent en France. Ces méthodes permettent de réduire les conséquences esthétiques de l’opération : la première consiste à inciser puis passer les instruments via l’aisselle, la seconde recourt à de petites incisions permettant de faire passer des instruments miniaturisés.

Enfin, l’amélioration des modalités de traitement par iode 131 fait l’objet de plusieurs essais : l’objectif est d’améliorer le bénéfice et la tolérance du traitement.

 

Mieux comprendre la génétique des cancers de la thyroïde

Depuis plusieurs années, un pan de la recherche vise à identifier les causes génétiques des cancers de la thyroïde. Les connaissances établies à ce jour permettent notamment d’envisager une classification moléculaire des cancers papillaires de la thyroïde. En effet, certains sont la conséquence de la mutation du gène BRAF, les autres étant liés à la mutation du gène RAS. Au sein de chacun de ces groupes, différents profils génétiques peuvent encore être distingués selon les mutations d’autres gènes. Cette classification permettrait notamment d’adapter le traitement des tumeurs en fonction de leur profil génétique.

 

Développer des traitements ciblés

Les cancers différenciés de la thyroïde ne sont pas liés à une unique mutation. Les progrès réalisés en génétique ont permis d’identifier différents profils génétiques qui révèlent autant de mécanismes moléculaires responsables du développement cancéreux. L’idée des chercheurs est de proposer pour chaque profil une thérapie ciblée. En pratique, certaines d’entre elles sont retrouvées dans d’autres types de cancers. Si un traitement est déjà disponible pour soigner ces derniers, il pourra être utilisé dans le cancer de la thyroïde. Ainsi, l’évérolimus ou le trastuzumab sont quelques-unes des molécules de thérapie ciblée qui sont actuellement testées.

Les études génétiques des tumeurs thyroïdiennes ont aidé, à l’inverse, à comprendre pourquoi certains traitements ne sont pas efficaces : ainsi, la mutation du gène BRAF réduirait l’efficacité de l’irathérapie. Sachant qu’iI existe des médicaments agissant sur cette anomalie, des essais cliniques sont aujourd’hui en cours pour déterminer s’ils permettent d’inverser le processus en rendant la tumeur sensible à l’iode radioactif.

Le cancer médullaire de la thyroïde lié aux mutations du gène RET bénéficie d’un intense effort de recherche, favorisé par les progrès réalisés en oncogénétique. Ainsi, le vandétanib a particulièrement démontré son efficacité et a récemment obtenu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans cette indication. De nouvelles preuves d’efficacité clinique doivent aujourd’hui être apportées pour finaliser cette autorisation. D’autres molécules, comme le cabozantinib, apportent des résultats intéressants.

Les médicaments anti-angiogéniques, des thérapies ciblées visant les vaisseaux sanguins formés par la tumeur, sont à l’étude dans le cancer de la thyroïde. Ils limitent ainsi la capacité de la tumeur à s’alimenter et croître. Ainsi, le sorafenib a démontré son intérêt dans les cancers résistants à l’irathérapie.

Ce dossier a bénéficié du concours du Professeur Philippe Caron, chef du service d’endocrinologie et maladies métaboliques à l’hôpital Larrey (CHU), Toulouse.