La chirurgie dans le traitement du cancer de la thyroïde
La chirurgie est le principal traitement proposé dans le cancer de la thyroïde, quelle que soit sa nature (papillaire, folliculaire, médullaire). Il a pour objectif de retirer le tissu tumoral et de réduire le risque de rechute.
18 juillet 2025 Dernière mise à jour : 29-08-2025
En pratique
Même si le nodule ne concerne qu’un lobe, la thyroïde est généralement retirée entièrement ; on parle de thyroïdectomie totale. Cet acte préventif élimine le risque de développer ultérieurement un cancer dans l’autre lobe et optimise la surveillance des patients.
Cependant, il peut arriver qu’un seul lobe de la thyroïde soit enlevé : on parle alors de lobectomie. Cette intervention permet de conserver une partie de l’activité de la glande. Elle est réservée aux seuls cas où la ponction à l’aiguille n’a pas permis de caractériser précisément la nature de la tumeur. Une ana- lyse microscopique est alors pratiquée sur le lobe retiré immédiatement après l’intervention. Si elle montre la présence de cellules cancéreuses, l’opération est poursuivie ou reprogrammée afin de retirer l’autre lobe. Enfin, la lobectomie peut être envisagée dans les cas où le bilan initial suggère un risque minime d’évolution.
Lorsque le cancer est papillaire ou lorsqu’il a atteint les ganglions lymphatiques, le chirurgien pratique un curage ganglionnaire au cours de la même opération : il retire toute la chaîne des ganglions à la périphérie de la thyroïde ; il doit aussi parfois retirer les ganglions de part et d’autre du cou.
En pratique, l’intervention se déroule sous anesthésie générale. Le chirurgien incise le cou, en regard de la thyroïde, idéalement dans un pli du cou pour réduire les conséquences esthétiques ultérieures de l’opération. La taille de l’incision est fonction de la nature de l’ablation (un ou deux lobes) et de la nécessité ou non de retirer dans le même temps les ganglions. L’opération dure environ deux heures.
Les conséquences
Immédiatement après l’opération, la conséquence la plus fréquente est la douleur ressentie au niveau de la nuque, à cause de la position adoptée lors de l’opération. Des antalgiques et des séances de kinésithérapie peuvent rapidement résoudre le problème.
Parallèlement, il existe un risque de saignement au niveau de la zone opérée. Un hématome peut se former localement. Il est généralement anodin et transitoire. Dans quelques rares cas, son volume peut comprimer la trachée et gêner la respiration. Dans ce cas, une intervention est immédiatement reprogrammée. Deux autres effets indésirables apparaissent parfois après l’opération : les paralysies récurrentielles et les hypoparathyroïdies.
Les paralysies récurrentielles sont dues à l’atteinte du nerf dit récurrent qui se trouve juste en arrière de la thyroïde et qui commande à la fois les cordes vocales et l’ouverture-fermeture de la glotte. L’opération peut entraîner une inflammation locale qui va paralyser le nerf pendant quelques jours à quelques semaines. Elle peut ainsi altérer la voix et provoquer des troubles de la déglutition généralement transitoires.
Les hypoparathyroïdies correspondent à une insuffisance en parathormone, une hormone qui régule le calcium dans l’organisme. Ce problème apparaît lorsque la chirurgie n’a pu éviter de toucher les quatre petites glandes parathyroïdes situées contre la thyroïde. Il est généralement transitoire et nécessite une supplémentation en calcium et en dérivés de la vitamine D.
Enfin, lorsqu’un curage ganglionnaire a été réalisé, il n’est pas rare de voir les ganglions restants, notamment à l’arrière du cou, augmenter de volume. Cela n’a cependant pas de conséquence fonctionnelle.
À long terme, deux principales conséquences découlent de la thyroïdectomie :
- des conséquences esthétiques. La cicatrice prend l’aspect d’une fine ligne horizontale de quelques centimètres, parfois plus large lorsque les ganglions latéraux ont aussi été retirés ;
- des conséquences fonctionnelles. La thyroïde ayant été retirée, les patients présentent ensuite une hypothyroïdie, c’est-à-dire d’une insuffisance en hormones thyroïdiennes. Cette pathologie impose un traitement à vie, par administration d’une hormone de substitution, la L-thyroxine ou lévothyroxine.
Ce dossier a bénéficié du concours du Professeur Philippe Caron, chef du service d’endocrinologie et maladies métaboliques à l’hôpital Larrey (CHU), Toulouse.