La radiothérapie par iode 131 dans le traitement du cancer de la thyroïde

L’iode 131 (131I) est un iode faiblement radioactif. Son administration permet de compléter le traitement chirurgical des cancers thyroïdiens.

18 juillet 2025 Dernière mise à jour : 29-08-2025

L’iode 131 agit en détruisant les cellules thyroïdiennes qui auraient échappé à l’opération ; il élimine aussi les éventuelles cellules cancéreuses qui se seraient échappées de la tumeur pour se disséminer dans l’organisme.

Le mécanisme d’action de l’iode 131 est simple : les cellules thyroïdiennes normales et les cellules tumorales captent rapidement l’iode. Elles intègrent immédiatement l’iode radioactif administré aux patients. L’iode 131 agit alors comme une radiothérapie interne : ses rayonnements détruisent les cellules dans lesquelles il se trouve. On l’appelle aussi irathérapie.

Ce traitement est utilisé après la chirurgie chez les patients ayant un cancer au stade métastatique ou ayant un fort risque de rechute. Il est aussi prescrit pour réaliser un bilan d’extension et vérifier l’absence de métastases : en effet, de petites doses d’iode radioactif peuvent se fixer après administration sur les cellules tumorales issues de la thyroïde et qui forment des métastases à distance. Elles peuvent ensuite être identifiées par imagerie (scintigraphie). En revanche, l’irathérapie n’est pas utilisée dans le traitement des cancers médullaires et des cancers anaplasiques. Les doses d’iode radioactif utilisées varient selon le profil du patient et du cancer thyroïdien. Les femmes enceintes ne peuvent pas être traitées par cette technique.

 

En pratique

Classiquement un délai de quatre à six semaines est nécessaire entre la chirurgie et le traitement par l’iode 131 afin de faire chuter le taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang et ainsi de potentialiser l’efficacité de l’irathérapie. En conséquence, l’hypophyse réagit en fabriquant beaucoup de TSH qui va elle-même stimuler les cellules thyroïdiennes résiduelles (normales ou cancéreuses) à capter rapidement l’iode 131 lorsque le traitement commence à être administré. Aujourd’hui une alternative est possible : l’administration d’une TSH de substitution (rhTSH) permet de stimuler les cellules résiduelles, tout en permettant au patient de suivre un traitement substitutif et de ne pas présenter d’hypothyroïdie.

L’iode 131 est radioactif. Les proches et le personnel hospitalier doivent être protégés d’une exposition inutile aux rayonnements. Dans ce but, l’irathérapie nécessite une hospitalisation. Pendant toute la durée du traitement, soit trois à sept jours, le patient est hébergé dans une chambre spécialement équipée où les visites sont interdites. Le traitement par l’iode 131 est administré par voie orale, à jeun. Au cours de l’hospitalisation, il est recommandé de boire beau- coup d’eau afin d’éliminer l’iode radioactif en excès.

Durant les quelques jours suivant la sortie, il est recommandé de ne pas entrer en contact avec les femmes enceintes et les enfants. Il faut aussi continuer à privilégier les aliments et les boissons acidulés. Après une quinzaine de jours, la vie normale peut reprendre son cours.
À l’issue du traitement, un examen scintigraphique du corps entier est réalisé. Il dure généralement près d’une heure. Il permet de vérifier l’absence de métastase dans l’organisme et d’évaluer l’efficacité de l’irathérapie.

 

Les effets secondaires

Classiquement des effets secondaires transitoires apparaissent avant le début du traitement : ils sont liés à l’absence d’hormones thyroïdiennes entre la chirurgie et le début de l’irathérapie. Les symptômes gênants de l’hypothyroïdie : fatigue, frilosité, difficultés de concentration… Après injections de rhTSH les patients peuvent présenter des céphalées ou des troubles digestifs mineurs.

Les effets secondaires liés à l’administration d’iode radioactif sont peu nombreux car leur rayonnement est limité à quelques millimètres. Ils affectent donc peu les cellules autres que celles utilisant l’iode. Cependant, la perte du goût et de l’odorat peut survenir de façon transitoire. Les glandes salivaires peuvent aussi rester gonflées durant quelques semaines. Pour limiter ces risques, il est conseillé de boire du jus de citron, beaucoup d’eau et de mâcher des chewing-gums pendant toute la durée du traitement.

Ce dossier a bénéficié du concours du Professeur Philippe Caron, chef du service d’endocrinologie et maladies métaboliques à l’hôpital Larrey (CHU), Toulouse.