Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la vessie ?
L’amélioration des techniques de diagnostic et de traitement est un objectif permanent des scientifiques impliqués dans la recherche contre le cancer. Plusieurs évolutions majeures pourraient être utilisées au quotidien dans les années à venir.
01 janvier 2016 Dernière mise à jour : 13-05-2026
Améliorer le diagnostic et la surveillance
Le marquage des tumeurs par fluorescence
Lors d’une cystoscopie ou d’une résection endoscopique, le chirurgien doit localiser toutes les tumeurs présentes dans la vessie du patient. Malheureusement, certaines tumeurs sont difficilement repérables. Pour pallier ce problème, un système de marquage fluorescent a été développé : un produit introduit dans la vessie colore spécifiquement les tumeurs, notamment celles qui sont difficiles à repérer à l’œil nu. Les modalités de son utilisation en routine sont encore à préciser par de nouvelles études cliniques.
Les marqueurs tumoraux
Après le traitement d’une tumeur superficielle, les cystoscopies, réalisées régulièrement pendant de nombreuses années, permettent de repérer précocement les éventuelles récidives. Les chercheurs travaillent à développer des méthodes de surveillance plus simples, se fondant sur des tests urinaires. Ces tests consistent à rechercher dans l’urine des substances produites exclusivement par les cellules cancéreuses. Certains d’entre eux – BTA Trak, Urovision… – pourraient prochainement être proposés aux patients à la place de la cystoscopie si les études montrent qu’ils ont une précision identique ou supérieure. D’autres sont aussi en cours de développement (télomérase, CYFRA 21…). Par ailleurs, ces tests pourraient être utilisés dans le cadre d’un dépistage régulier des personnes qui présentent un risque élevé de cancer de la vessie.
Réduire l’impact de la chirurgie
La chirurgie des tumeurs infiltrantes de la vessie est lourde et elle a des conséquences importantes sur la vie quotidienne ultérieure des patients. Les chirurgiens recherchent donc des moyens pour réduire cet impact. Parmi les approches aujourd’hui étudiées, la laparoscopie permet d’éviter l’incision de l’abdomen du patient. Seules deux ou trois petites entailles de quelques millimètres suffisent pour insérer des outils miniaturisés et un système optique de visualisation jusqu’à la vessie. Du point de vue esthétique, la cicatrice est minimale. Le principal bénéfice de la laparoscopie est d’améliorer les suites de l’opération, avec une diminution de la douleur, des complications, des séquelles liées à la chirurgie.
Une seconde approche vise à réduire les effets secondaires fonctionnels induits par la cystectomie : des techniques opératoires sont développées pour préserver les nerfs de l’érection ou pour limiter au maximum l’ablation des organes voisins (prostate, utérus, vagin…). Avant de pouvoir utiliser largement de telles techniques, des études sont nécessaires pour savoir si le taux de récidive et la survie à long terme sont les mêmes que ceux des patients ayant eu une chirurgie complète.
Optimiser les traitements médicamenteux
De nouveaux médicaments et associations de médicaments de chimiothérapie sont sans cesse étudiés pour accroître l’espérance de vie des patients. Dans cette dynamique, les thérapies ciblées font l’objet de recherches actives. Elles sont développées pour cibler et détruire uniquement les cellules cancéreuses. Pour cela, la recherche identifie les mécanismes spécifiques aux cellules malades et met au point des molécules capables de les contrer.
Dans le cas des cancers de la vessie, les chercheurs ont repéré de nombreux mécanismes en jeu en lien avec la protéine mTOR et les récepteurs EGF, HER notamment. Aujourd’hui, l’objectif est de conduire des essais cliniques pour évaluer l’efficacité de médicaments ciblant ces mécanismes et qui sont déjà commercialisés pour traiter d’autres tumeurs ou en développement : lapatinib, évérolimus, temsirolimus. Si l’un d’eux porte des résultats probants, cela pourrait améliorer le traitement de certaines formes de cancers de la vessie.
Une autre famille de traitements pourrait également être intéressante : l’immunothérapie. Ce traitement consiste à renforcer les moyens du système immunitaire pour lutter contre la maladie. De tels médicaments sont disponibles notamment dans le traitement du mélanome. Dans le cas des cancers de la vessie, des essais cliniques sont menés : ce sont des agents dits anti PD-1 qui visent à restaurer la capacité de certaines cellules immunitaires à lutter contre la maladie.
Références
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Professeur Pascal Rischmann, coordonnateur du département d’urologie, andrologie et transplantation rénale au CHU de Toulouse.