Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de l'endomètre ?

Les projets de recherche sur le cancer de l’endomètre soutenus par la Fondation ARC ont pour principaux objectifs de décrypter les mécanismes de progression de la maladie et de proposer de nouvelles solutions thérapeutiques aux patientes dont le cancer ne répond pas de façon satisfaisante aux traitements actuels.

01 septembre 2021 Dernière mise à jour : 12-05-2026

De 2020 à 2024, 5 projets de recherche sur le cancer de l’endomètre ont été financés par la Fondation ARC, pour un montant de plus d’1,5 million d’euros.

Comprendre la dissémination des cellules tumorales pour barrer la route aux métastases

Empêcher les cellules tumorales de se propager représente une clé de l’amélioration des traitements des cancers des organes génitaux féminins. La Fondation ARC a soutenu des travaux portant sur p190A, une protéine qui régule la prolifération et la migration des cellules, mais dont le gène codant est l’un des gènes les plus souvent mutés dans le cancer de l’endomètre. Sur des cellules et échantillons de tumeurs mutées, l’équipe a découvert que l’expression de p190A était diminuée. Cette modification pourrait induire une diminution de la prolifération et la dissémination des cellules cancéreuses. La protéine p190A mutée pourrait ainsi représenter un facteur pronostique bénéfique dans ces cancers de l’endomètre.

Lutter contre les résistances aux traitements

Les chimiothérapies et les immunothérapies ne sont pas toujours efficaces durablement et certaines cellules tumorales plus agressives présentent parfois des résistances. Nous soutenons une équipe qui étudie depuis plusieurs années les récepteurs dits « à dépendance », des protéines situées à la surface de la cellule tumorale qui doivent s’accrocher à d’autres molécules (les « ligands ») pour assurer la survie de la cellule cancéreuse. Leurs travaux ont montré que la netrin-1, l’un de ces ligands, était fréquemment exprimé dans différentes tumeurs, dont celles de l’endomètre. Ils ont aussi montré que la netrin-1 conférait des propriétés de cellules embryonnaires aux cellules cancéreuses, un état dans lequel elles sont moins sensibles aux traitements et sont plus à même de se détacher de leur tissu et de migrer dans d’autres parties du corps. Les chercheurs ont réussi à développer un anticorps, le NP137, qui bloque l’attachement de la netrin-1 à leur récepteur à dépendance. Cet anticorps a montré une capacité à déclencher la mort programmée de cellules tumorales, mais aussi à transformer les cellules tumorales embryonnaires en cellules épithéliales, ou tissulaires, donc resensibilisées aux traitements. Le NP137 est actuellement testé en association avec une chimiothérapie et/ou une immunothérapie pour lutter contre les résistances à ces traitements.

Identifier une cibles dans les cancers avec instabilité microsatellitaire

Les cellules cancéreuses qui présentent une instabilité microsatellitaire (MSI) ont un défaut dans le système de réparation de l’ADN. On retrouve cette caractéristique dans différents cancers, parmi lesquels on compte des cancers de l’endomètre pouvant être réfractaires aux traitements actuels d’immunothérapie et de chimiothérapie. Une équipe financée par la Fondation étudie une nouvelle approche de traitement des tumeurs MSI. En effet, pour que la survie des cellules cancéreuses soit assurée, cette instabilité de l’ADN implique l’action d’une enzyme, appelée WRN, et de sa liaison avec une autre protéine. Les chercheurs développent actuellement des molécules visant à empêcher cette liaison afin d’induire la dégradation de l’enzyme WRN et, en conséquence, de stopper la prolifération des cellules cancéreuses MSI. Si cette approche se révèle prometteuse, les molécules seront testées in vivo, puis lors d’essais cliniques.

Une nouvelle combinaison de traitements à l'essai

Lorsqu’ils sont surexprimés, les récepteurs du facteur de croissance des fibroblastes (FGFR) favorisent la progression tumorale, en stimulant notamment la prolifération cellulaire et la fabrication de nouveaux vaisseaux au niveau de la tumeur. Les tumeurs de l’endomètre qui surexpriment l’un de ces récepteurs (FGFR2), ont tendance à résister aux traitements actuels. Un essai clinique teste actuellement la tolérance et l’efficacité de l’association entre le bemarituzumab, un anticorps qui cible FGFR2, et le bevacizumab, un anti-angiogénique qui freine la formation de nouveaux vaisseaux, chez des femmes atteintes d’un cancer avancé ou métastatique des organes génitaux surexprimant FGFR2. Cette combinaison pourrait améliorer la prise en charge des patientes concernées.

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Dr Marie-Aude Le Frère-Belda, anatomopathologiste à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou (Paris).