Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de l'endomètre ?

La compréhension de la biologie des cancers de l’endomètre permet d’améliorer la prise en charge thérapeutique de ces tumeurs.

01 septembre 2021 Dernière mise à jour : 12-05-2026

Comprendre l’association entre obésité et cancer de l’endomètre

Face à l’augmentation de l’incidence de l’obésité dans de nombreux pays, mieux comprendre les liens entre cette maladie et le cancer de l’endomètre est un défi de santé publique. Ce seul facteur de risque ne permet pas d’expliquer tous les cas de cancers, il est donc essentiel d’en identifier d’autres. La survenue d’un nombre croissant de tumeurs agressives de haut grade chez les femmes obèses suggère une relation entre l’obésité et le développement d’un cancer de l’endomètre plus complexe qu’un simple déséquilibre hormonal pro-oestrogénique lié à l’obésité.

L’élargissement des études d’analyse génomique pour explorer de nouvelles voies qui peuvent être associées à l’obésité et au cancer de l’endomètre pourrait conduire à une meilleure compréhension de cette association.

Des traitements plus adaptés grâce à la caractérisation moléculaire des cancers

Les mutations génétiques associées au cancer de l’endomètre sont de mieux en mieux connues grâce au séquençage du génome de ces tumeurs (projet « The Cancer Genome Atlas » ou TCGA5). Ces données vont maintenant pouvoir être intégrées dans la prise en charge thérapeutique.

Pour les maladies de stade précoce, elles devraient permettre d’identifier des tumeurs plus agressives nécessitant un traitement complémentaire. Pour les maladies étendues ou en récidive, elles devraient permettre la prescription de nouveaux traitements en fonction de l’examen histologique de la tumeur et l’analyse de certains biomarqueurs. Par exemple, des patientes présentant des mutations sur le gène P53 tirent bénéfice d’une chimiothérapie associée à la radiothérapie. À l’inverse, celles qui présentent des anomalies sur le gène POLE ont des résultats favorables et équivalents, que la radiothérapie soit associée ou non à la chimiothérapie, suggérant des possibilités de désescalade thérapeutique dans certaines situations.

De nouvelles thérapies ciblées et des associations de traitements à l’essai

Pour certaines patientes présentant des tumeurs de haut grade caractérisées par des anomalies génétiques particulières, une nouvelle combinaison d’un traitement ciblé par voie orale (lenvatinib) et une immunothérapie (pembrolizumab) apporte de bons résultats. Dans un essai de phase 2, le taux de réponse était de près de 40 % à 24 mois chez les patientes présentant un cancer de l’endomètre récidivant. Cependant, les effets indésirables du lenvatinib peuvent être significatifs et une surveillance étroite des patientes est donc essentielle, avec une réduction de dose si nécessaire.

À terme, d’autres combinaisons de plusieurs types de thérapies seront proposées aux patientes selon les sous-types moléculaires de cancer.

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Dr Marie-Aude Le Frère-Belda, anatomopathologiste à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou (Paris).