La radiothérapie dans le traitement du cancer de l'endomètre

01 septembre 2021 Dernière mise à jour : 12-05-2026

La radiothérapie peut être pratiquée selon deux modalités, associées ou non entre elles : la curiethérapie (radiothérapie interne) ou la radiothérapie externe.

La curiethérapie est le plus souvent réalisée après la chirurgie chez des femmes présentant un cancer à risque moyen de récidive. Elle présente une moindre toxicité par rapport à la radiothérapie totale du bassin : un applicateur, contenant un ou plusieurs cathéters, est dans un premier temps placé au contact de la cicatrice vaginale, le plus souvent sans anesthésie, la procédure n’étant pas douloureuse. Dans un second temps, une source radioactive, le plus souvent de l’iridium 192, va cheminer à l’intérieur des cathéters afin d’effectuer une irradiation localisée du fond vaginal. La curiethérapie est pratiquée en ambulatoire à haut débit de dose : la dose est délivrée pendant quelques minutes, en général sur un rythme hebdomadaire, avec un total de 2 à 4 séances.

Ce traitement peut être soit exclusif, effectué quelques semaines après la chirurgie une fois que la cicatrisation est acquise, soit associée à la radiothérapie externe. Le but est de réaliser une irradiation très localisée sur la cicatrice du fond vaginal afin de diminuer le risque de récidive à ce niveau. La curiethérapie peut aussi être réalisée avant la chirurgie mais c’est exceptionnel dans le cancer de l’endomètre. L’applicateur est alors placé au contact de la tumeur dans l’utérus.

La radiothérapie externe consiste à irradier la région pelvienne à traiter avec des rayons X de haute énergie. Elle est réservée aux formes plus sévères du cancer. Dans la grande majorité des cas, le traitement comporte une séance par jour et 5 séances par semaine. Le nombre habituel de séances est de 25, soit une durée de 5 semaines environ. La durée de chaque séance est quant à elle courte, de l’ordre de 20 minutes. Ce traitement peut être effectué en dehors de l’hôpital.

Concernant les effets secondaires, la curiethérapie en a généralement peu car les doses délivrées sont faibles et prescrites dans le but de prévenir les récidives. On peut, dans de très rares cas, observer une sécheresse vaginale. En ce qui concerne la radiothérapie externe, on distingue les effets aigus (observés pendant le traitement) et les effets tardifs.

Pendant le traitement, en raison de l’irradiation des organes entourant l’utérus (vessie, intestin, vagin), la radiothérapie externe peut parfois provoquer des mictions douloureuses, des envies urgentes d’uriner, une gêne rectale, une diarrhée et une irritation de la peau et des muqueuses, une fatigue… Afin de prendre en charge ces différents symptômes, une consultation hebdomadaire avec l’oncologue radiothérapeute est systématique pendant toute la durée du traitement. Ces effets indésirables sont transitoires et cessent au bout d’une quinzaine de jours après la fin de la radiothérapie. À plus long terme, la radiothérapie peut entraîner une fragilité intestinale (avec une alternance de diarrhée et de constipation), des mictions plus fréquentes et des difficultés dans la reprise des rapports sexuels notamment en lien avec une sécheresse vaginale, et beaucoup plus rarement la survenue d’une fracture du sacrum, un os du bassin.

La survenue de ces effets est variable en fonction de la dose administrée, de la technique employée ainsi que de l’état de santé général de la patiente. Grâce à un suivi régulier, ces effets pourront être détectés afin de les limiter en ajustant le traitement et en les prenant en charge précocement.

Fiche : Soigner un cancer par radiothérapie
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Radiothérapie Couv Hd
Télécharger Fiche : Soigner un cancer par radiothérapie (pdf - 490.2 Ko)

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Dr Marie-Aude Le Frère-Belda, anatomopathologiste à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou (Paris).