Le traitement d'un cancer de l'endomètre en cas de métastases ou récidive
Si le cancer s’est étendu à d’autres organes ou s’il récidive, le médecin peut recourir à un traitement dit « systémique », administré par voie générale (orale ou sanguine). Il peut s’agir d’une chimiothérapie, parfois d’une hormonothérapie ou encore d’une immunothérapie anti-tumorale.
01 septembre 2021 Dernière mise à jour : 12-05-2026
Lorsque la maladie est en rechute ou très étendue, une chimiothérapie peut être administrée seule, sous forme de séances qui ont lieu habituellement toutes les 3 semaines. Elle a alors pour objectif la destruction des cellules cancéreuses en ciblant l’ADN ou le squelette des cellules qui se multiplient activement. Les effets secondaires de la chimiothérapie varient selon chaque patiente et les médicaments utilisés. Les plus fréquents sont la chute des cheveux, la diminution des cellules sanguines (provoquant anémie, saignements ou infections), les nausées, les vomissements, la diarrhée, la fatigue, le syndrome mains-pieds (problèmes nerveux touchant les mains et/ou les pieds)… Ils sont généralement réversibles à l’arrêt du traitement.
L’hormonothérapie vise à bloquer l’action des hormones qui stimulent la croissance de la tumeur. Administrée par voie orale, elle est utilisée lorsqu’il existe des récepteurs hormonaux détectés sur la tumeur par l’anatomopathologiste (récepteurs aux œstrogènes RE ou récepteurs à la progestérone PR). L’hormonothérapie peut être associée à des effets secondaires comme des bouffées de chaleur, nausées, problèmes vaginaux ou des maladies thromboemboliques (caillots sanguins), selon le médicament utilisé.
L’immunothérapie a récemment été développée dans le traitement des cancers de l’endomètre et devrait prochainement occuper une place centrale pour les cancers étendus. Il s’agît d’un traitement qui permet de (ré)activer la réponse de notre propre système immunitaire contre les cellules cancéreuses. Ce traitement est déjà disponible pour un certain sous-type de cancers de l’endomètre possédant des caractéristiques moléculaires particulières (instabilité des microsatellites). Il s’agit du pembrolizumab.
L’immunothérapie est généralement mieux tolérée que la chimiothérapie. Son mécanisme d’action peut, chez certaines patientes, provoquer des réactions auto-immunes généralement réversibles, soit spontanément, soit par l’utilisation de traitement permettant de réduire la réponse immunitaire (corticoïdes le plus souvent).
Par ailleurs, chez les patientes atteintes de cancers comportant une surexpression du récepteur HER2, il a été démontré qu’une thérapie ciblée anti HER2 (trastuzumab) associée à la chimiothérapie prolonge la survie sans progression de la maladie. D’où l’importance de la caractérisation moléculaire des tumeurs de l’endomètre pour orienter le traitement des cancers avancés et en rechute (récepteurs hormonaux, microsatellites, récepteur HER2…).
Références
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Dr Marie-Aude Le Frère-Belda, anatomopathologiste à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou (Paris).