La chimiothérapie dans le traitement du cancer de l'ovaire

Dans le traitement du cancer de l’ovaire, la chimiothérapie est envisagée lorsque le risque de progression de la maladie est important, c’est-à-dire quand la tumeur n’est plus exclusivement localisée au niveau ovarien et/ ou quand le grade de la tumeur est élevé.

01 mars 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026

Le protocole de chimiothérapie utilise un ou plusieurs médicaments spécialement développés pour agir contre les cellules cancéreuses.

 

Les médicaments de chimiothérapie

Les molécules les plus fréquemment utilisées dans les cancers épithéliaux de l’ovaire sont le carboplatine (de la famille des sels de platine) et le paclitaxel (de la famille des taxanes). En cas d’allergie ou d’intolérance au paclitaxel, d’autres molécules comme le docétaxel peuvent être données.

Les médicaments de chimiothérapie peuvent être prescrits en combinaison avec la chirurgie. Si la chimiothérapie commence avant l’opération, elle est dite « néoadjuvante ». Elle vise à réduire le volume de la tumeur et/ou à faciliter l’intervention si la chirurgie n’est pas possible d’emblée ou s’il existe des lésions hépatiques ou des métastases pulmonaires. Plus souvent, la chimiothérapie du cancer de l’ovaire est «adjuvante», c’est-à-dire qu’elle commence quelques semaines après l’opération. Elle peut parfois être prescrite avant et après la chirurgie notamment dans les cancers avancés. Enfin, dans les tumeurs de stade très avancé (stade IV) ou en récidive, la chimiothérapie peut être prescrite en dehors de toute chirurgie, afin de ralentir la croissance du cancer.

 

Les modalités d’administration

La chimiothérapie est un traitement habituellement prévu pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois, par «cures » (six en général). Lorsqu’une chimiothérapie à la fois néoadjuvante et adjuvante est nécessaire, il peut y avoir jusqu’à neuf cures.

Les médicaments de chimiothérapie sont administrés par perfusion intraveineuse, pendant plusieurs heures, en hôpital de jour ou à domicile.

Pour éviter de multiplier les piqûres dans les veines, une chambre implantable peut être posée sous la peau de la patiente, en dessous de la clavicule. Ce dispositif, encore appelé « Port-à-cath® », est constitué d’un petit réservoir et d’un cathéter qui relie ce dernier à la veine sous-claviculaire de la patiente. Il suffit ensuite au soignant de piquer à travers la peau directement dans la chambre afin d’administrer le traitement qui peut ensuite diffuser à tout l’organisme.

Dans certains cas particuliers, une chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) peut être réalisée en fin de chirurgie intervallaire (réalisée après la chimiothérapie néoadjuvante et suivie d’une chimiothérapie adjuvante) pour augmenter l’efficacité de celle-ci. Des médicaments de chimiothérapie sont dilués dans un liquide chauffé, qui est introduit directement dans le péritoine où il « baigne » la zone pendant 90 minutes. Il est ensuite aspiré avant que le chirurgien ne referme l’incision. Cette technique récente a donné des résultats encourageants mais n’est cependant pas encore un standard de traitement et doit être réalisée dans les établissements experts prenant en charge les cancers de l’ovaire.

 

Les effets secondaires de la chimiothérapie

Les effets secondaires de la chimiothérapie Les effets indésirables des chimiothérapies sont directement liés à leur mode d’action. En effet, ces médicaments bloquent le processus de division des cellules. Or, si les cellules tumorales se caractérisent par un rythme de division particulièrement actif, les cellules saines se multiplient également. Ces dernières vont donc subir l’effet du médicament de la même façon, provoquant l’apparition des effets indésirables du traitement.

Les effets secondaires de la chimiothérapie varient d’une personne à l’autre en fonction des médicaments, de leur dosage et de leur mode d’administration. Les principaux effets secondaires des traitements du cancer de l’ovaire sont :

  • les nausées, les vomissements et les diarrhées : ils sont particulièrement fréquents mais peuvent être prévenus ou évités par des traitements antinauséeux ou antidiarrhéiques spécifiques ;
  • la toxicité envers les cellules sanguines : une baisse du nombre de globules blancs (neutropénie), de globules rouges (anémie) et/ou de plaquettes (thrombopénie) peut être observée après une ou plusieurs cures de chimiothérapie. Ces phénomènes exposent respectivement la patiente à un risque d’infection, de fatigue et de saignements. Selon la gravité du déficit, des traitements visant à restaurer le taux de ces cellules peuvent être prescrits (facteurs de croissance, transfusion). Par ailleurs, ces phénomènes peuvent contraindre l’équipe soignante à adapter la posologie de la chimiothérapie, voire à la retarder ou l’arrêter temporairement ;
  • moins souvent, une inflammation des muqueuses buccales, une chute de cheveux (alopécie), des troubles de la sensibilité (engourdissement, fourmillement), de l’audition, des fonctions rénale ou cardiaque sont rapportés. Dans la mesure du possible, l’équipe médicale proposera un traitement pour prévenir ou limiter ces troubles dont beaucoup sont transitoires.
Fiche : Soigner un cancer par chimiothérapie
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Chimiotherapie Si 1
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Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Isabelle Ray-Coquard, oncologue médicale au Centre Léon Bérard (Lyon) et du Docteur Christine Rousset-Jablonski, gynécologue médicale, Centre Léon Bérard (Lyon) et Centre Hospitalier Lyon Sud.