Le traitement d'un cancer de l'ovaire et le désir d'enfant

Lorsqu’une femme atteinte d’un cancer de l’ovaire envisage une grossesse après sa maladie, différentes solutions sont possibles selon son âge, son état de santé, la nature de la tumeur et le stade d’évolution de la maladie. Toutes les options seront discutées à l’occasion d’une consultation de fertilité avec l’équipe soignante.

01 mars 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026

Chez certaines femmes ayant un cancer ovarien peu agressif et localisé, en particulier non épithélial (tumeurs germinales ou des cordons sexuels), une chirurgie conservatrice préservant l’ovaire non atteint, la trompe de Fallope et l’utérus est souvent proposée, dès lors qu’elle est possible. Dans ce cas, la grossesse est théoriquement possible. Pour autant, l’absence d’un ovaire est associée à une diminution de la réserve ovarienne et les traitements complémentaires par chimiothérapie peuvent être toxiques pour la fonction ovarienne.

La fertilité peut donc être réduite de façon transitoire, partielle ou définitive selon l’âge de la patiente et du type de médicament utilisé. Ainsi, les femmes de moins de 35 ans peuvent retrouver une fertilité satisfaisante dans plus de la moitié des cas. Mais après 40 ans, ce pourcentage chute de manière importante avec un risque accru de ménopause précoce.

Si la fertilité est recouvrée, un délai d’au moins six mois à un an avant une grossesse est recommandé pour que la toxicité de la chimiothérapie sur les cellules ovariennes disparaisse, mais il peut être parfois plus long afin qu’un certain délai de rémission de la maladie soit déjà passé.

Si la fertilité n’est pas recouvrée, la patiente peut parfois envisager de recourir à un don d’ovocyte. Les techniques de congélation ovocytaire ou embryonnaire, issues de la fécondation in vitro des ovules de la patiente avec les spermatozoïdes de son conjoint, sont parfois possibles avant le début des traitements.

Lorsqu’une chirurgie conservatrice des ovaires et des trompes n’est pas envisageable mais que l’utérus peut être conservé, la cryoconservation dans de l’azote liquide d’ovocytes ou de tissu ovarien prélevé chez la patiente peut être discutée. À l’issue de la maladie, la maturation des follicules récupérés du tissu ovarien pourrait être obtenue en vue d’une fécondation in vitro.

Certaines de ces méthodes sont encore émergentes, d’autres bien maîtrisées. Le don d’ovocyte est également possible lorsque l’utérus a pu être conservé. Cependant, une chirurgie conservatrice de l’utérus n’est pas recommandée pour un cancer épithélial étendu au-delà des ovaires.

Livret : Devenir parent après un cancer

Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine

Livret
Mieux vivre
Livret Devenirparent Si 1
Télécharger Livret : Devenir parent après un cancer (pdf - 5.9 Mo)

Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Isabelle Ray-Coquard, oncologue médicale au Centre Léon Bérard (Lyon) et du Docteur Christine Rousset-Jablonski, gynécologue médicale, Centre Léon Bérard (Lyon) et Centre Hospitalier Lyon Sud.