Les thérapies ciblées dans le traitement du cancer de l'ovaire
Les thérapies ciblées désignent des médicaments capables de viser des mécanismes clés de la prolifération des cellules cancéreuses pour les détruire ou bloquer leur croissance.
01 mars 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026
Ainsi, tout en assurant une action antitumorale plus précise, elles limitent la toxicité pour l’organisme. Elles sont indiquées dans les stades avancés des cancers épithéliaux de l’ovaire. Les études ont montré que les thérapies ciblées permettaient de réduire significativement les risques de rechute et d’augmenter le taux de survie des patientes.
Les médicaments de thérapie ciblée et leur mode d’administration
Le bévacizumab
Le bévacizumab est une molécule de thérapie ciblée indiquée pour traiter les stades avancés (stades III et IV) de cancers de l’ovaire. Il peut être prescrit en association avec la chimiothérapie puis seul pendant 15 mois. Il inhibe la formation de vaisseaux sanguins à proximité de la tumeur. Ce mécanisme d’action permet de réduire l’apport par le sang de nutriments et d’oxygène vers la tumeur, ce qui limite la croissance de celle-ci. Le bévacizumab est administré par voie intraveineuse.
Les inhibiteurs de PARP (Poly ADP-Ribose Polymérase)
L’olaparib est utilisé pour le traitement d’entretien des patientes atteintes d’un cancer épithélial avancé qui ont une mutation des gènes BRCA ou un test HRD (appelé aussi GIS) positif et qui répondent à la chimiothérapie à base de carboplatine. En présence d’une mutation de BRCA, l’inhibition des enzymes PARP empêche les cellules cancéreuses de réparer leurs anomalies, qui vont ainsi mourir. Selon les cas, l’olaparib peut être utilisé seul ou associé au bévacizumab. Le traitement est poursuivi tant qu’il est bien toléré et efficace, pendant 2 ans maximum
Le niraparib est un autre inhibiteur de PARP dont l’utilisation est autorisée pour toutes les patientes ayant un cancer de l’ovaire de haut grade et répondant bien à une chimiothérapie initiale à base de carboplatine et de paclitaxel, quel que soit le statut BRCA ou HRD. Cependant, comme les autres inhibiteurs de PARP, il est surtout efficace pour les patientes avec une mutation BRCA ou un test HRD+.
Les effets secondaires des thérapies ciblées
Ces thérapies ciblées peuvent entraîner des effets indésirables tels que fatigue, hypertension artérielle pour le bévacizumab, anémie et troubles digestifs pour les inhibiteurs de PARP. Très rarement, les inhibiteurs de PARP peuvent engendrer, en situation de rechute de la maladie, un syndrome myélodysplasique/leucémie aigüe myéloïde. Des traitements spécifiques ou des ajustements de posologie peuvent limiter ces manifestations.
Les traitements diffèrent en fonction de la nature du tissu dans lequel les cellules tumorales se sont développées.
Les tumeurs germinales malignes
Le traitement de référence de ces tumeurs est la chirurgie : l’intervention consiste en une annexectomie unilatérale. Une chimiothérapie spécifique à laquelle ces tumeurs sont très sensibles et qui associe cisplatine, étoposide et bléomycine (BEP) n’est cependant pas systématique pour les stades localisés. Le pronostic de cette maladie est bon : la majorité des patientes atteignent une rémission à long terme après la prise en charge initiale.
Les tumeurs stromales et des cordons sexuels
Ces tumeurs sont souvent diagnostiquées à un stade précoce, ce qui permet de proposer à la patiente une chirurgie préservant au mieux les fonctions de reproduction. Une chimiothérapie BEP est utilisée en complément pour les tumeurs à haut risque ou de stade avancé, avec de bons résultats (80 % de réponse au traitement).
Les tumeurs dites « borderline » ou « frontière »
Le traitement de référence de ces tumeurs est l’annexectomie chez la femme qui n’est plus en âge de procréer. Chez la femme jeune et lorsque le cancer ne s’est pas étendu au péritoine ou n’a pas métastasé, il est possible de n’enlever que l’un des ovaires ou même une partie de l’ovaire pour préserver la capacité à concevoir ultérieurement, sous couvert d’une relecture de la tumeur et un avis de RCP expert (www.ovaire-rare.org). La chimiothérapie n’est pas nécessaire.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Isabelle Ray-Coquard, oncologue médicale au Centre Léon Bérard (Lyon) et du Docteur Christine Rousset-Jablonski, gynécologue médicale, Centre Léon Bérard (Lyon) et Centre Hospitalier Lyon Sud.