Les thérapies ciblées dans le traitement du cancer du poumon

Les thérapies ciblées sont des traitements médicamenteux qui utilisent de nouvelles molécules s’attaquant plus spécifiquement aux cellules cancéreuses ou à leur environnement. Utilisées pour des cancers du poumon avec des métastases, elles ne permettent pas la guérison mais contrôlent la maladie à long terme chez certains patients.

01 février 2018 Dernière mise à jour : 04-06-2026

L’erlotinib, l’afatinib, l’osimertinib et le gefitinib sont des thérapies ciblées couramment utilisées dans le traitement des cancers du poumon. Elles empêchent la croissance tumorale en inhibant l’action de l’EGFR, une protéine qui envoie un signal de division à la cellule tumorale. Ces médicaments sont prescrits notamment quand une mutation du gène EGFR – en charge de fabriquer cette protéine – a été mise en évidence lors d’une analyse moléculaire de la tumeur. Le crizotinib, le ceritinib ou l’alectinib, d’autres thérapies ciblées, sont prescrits lorsque c’est une anomalie du gène ALK, (et pour le crizotinib également du gène ROS1 et MET) qui a été retrouvée. Aujourd’hui, plusieurs molécules de thérapie ciblée peuvent être prescrites successivement. En cas de récidive ou si la thérapie ciblée proposée reste sans effet, on réalise parfois une nouvelle biopsie (biopsie de la tumeur ou biopsie liquide). L’objectif est alors de dresser à nouveau un profil moléculaire de la tumeur afin d’identifier d’autres anomalies qui pourraient être ciblées par d’autres thérapies, disponibles ou en cours de développement.

Ces médicaments, administrés par voie orale pendant plusieurs mois consécutifs, ont des effets secondaires différents des chimiothérapies conventionnelles : peu de chute de cheveux et peu de toxicité hématologique. En revanche, des éruptions cutanées, des diarrhées ou des troubles de la vision peuvent apparaître plus fréquemment avec ces thérapies ciblées. Les molécules anti-angiogéniques forment une autre catégorie de thérapie ciblée. Elles freinent la néo-angiogenèse, c’est-à-dire le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur, l’empêchant ainsi de croître. Dans les cancers pulmonaires, le principal anti-angiogénique administré est le bevacizumab. Ces molécules sont en règle générale proposées en association avec la chimiothérapie « classique ».

 Les effets secondaires possibles des thérapies ciblées

  • Éruptions cutanées

  • Diarrhées

  • Troubles de la vision

Références

Ce dossier a été réalisé avec le concours du Docteur Benjamin Besse, médecin oncologue responsable du comité de pathologie thoracique au centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy (Villejuif) et de l’Institut d’Oncologie Thoracique.