Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer du rein ?

La recherche sur le cancer du rein a pris un essor particulier grâce à la biologie moléculaire, qui a permis le développement et l’amélioration des traitements médicamenteux, mais aussi grâce aux progrès techniques qui rendent la chirurgie et la radiothérapie toujours plus efficaces et précises.

01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 30-03-2026

Améliorer la personnalisation du traitement

Aujourd’hui, l’objectif des praticiens est de personnaliser le traitement de chaque patient, selon ses caractéristiques propres. Pour cela, une grande part de la recherche s’attelle à identifier les gènes spécifiques des tumeurs du rein. Si l’on compare le profil génétique de plusieurs tumeurs, il est possible de distinguer des différences entre celles qui ne récidivent pas et celles qui rechutent rapidement : on parle de « signatures moléculaires ». Des mutations dans plusieurs gènes ont déjà été identifiées comme jouant un rôle pronostique sur l’évolution de la maladie (notamment les gènes PBMR1 ou BAP1). Aujourd’hui, l’objectif est de découvrir si ces mutations pourraient être la cible de nouveaux traitements, ce qui justifierait de les rechercher systématiquement chez les patients.

Trouver de nouvelles thérapies ciblées

Plusieurs thérapies ciblées sont aujourd’hui efficaces contre le cancer du rein et les essais cliniques se poursuivent : ils étudient l’efficacité de nouveaux inhibiteurs de mTOR ou d’anti-angiogéniques mais aussi d’autres familles de molécules qui ont un mécanisme d’action différent. D’autres études cliniques consistent à évaluer des séquences ou des associations de traitements innovants afin d’estimer la possibilité de renforcer l’action anti-tumorale avec les traitements existants.

Le traitement néo-adjuvant en question

Avec l’arrivée des thérapies ciblées et des immunothérapies, la question est de savoir si ces médicaments peuvent être utilisés avant la chirurgie en cas de cancer localement avancé, dans le but de diminuer la taille de la tumeur et ainsi d’améliorer les conditions chirurgicales, en particulier quand l’exérèse chirurgicale risque d’être difficile et incomplète. On parle alors de traitement néo-adjuvant. Cette stratégie pourrait également permettre d’évaluer la sensibilité tumorale au pembrolizumab, si c’est le traitement utilisé, en vue d’une prescription post-chirurgie (traitement adjuvant). En 2025, cette stratégie n’est pas recommandée mais peut être proposée dans le cadre d’un essai clinique.

Mettre au point des méthodes d’ablation mini-invasives

Parallèlement aux progrès récents de la chirurgie robotique, plusieurs techniques sont aujourd’hui étudiées pour détruire la tumeur : les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), la thermothérapie micro-ondes ou la thermothérapie induite par laser (LITT) sont trois techniques qui consistent à appliquer une source d’énergie dont la chaleur détruit les cellules tumorales. La source d’énergie (ultrasons, micro-ondes ou laser) est appliquée au contact de la tumeur par le biais d’une fine sonde introduite à travers la peau. De telles méthodes permettraient d’être moins invasif et ainsi de traiter des patients fragiles, non éligibles à la chirurgie.

Développer les essais cliniques

La plupart des pistes de recherche actuelles nécessitent la conduite d’essais cliniques. Il est fréquent que les médecins proposent à leurs patients de participer à ce type d’études. L’objectif est généralement de comparer un nouveau traitement au traitement actuel de référence : il peut s’agir d’une nouvelle modalité chirurgicale, d’une nouvelle molécule, d’une nouvelle combinaison de médicaments…

L’enjeu et les modalités de l’essai sont exposés au patient qui a le libre choix d’accepter ou de refuser d’y rentrer, tout en ayant la garantie d’être pris en charge avec la même qualité de soins. C’est à travers ce type d’études que les traitements actuels ont été rendus disponibles pour chaque malade. De nombreux essais cliniques sont en cours dans le monde pour permettre, entre autres, de positionner au mieux les séquences thérapeutiques, d’évaluer de nouveaux traitements ou des associations de traitement, d’évaluer l’efficacité de ces traitements dans des formes histologiques autres que le cancer du rein à cellules claires et dans des situations cliniques particulières, par exemple en présence de métastases cérébrales. Des études concernant différents marqueurs moléculaires sont en cours d’investigation afin de savoir s’ils pourraient à l’avenir renseigner sur le potentiel thérapeutique d’un traitement donné pour un patient.

Fiche : Participer à un essai clinique en oncologie
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Participer A Un Essai Clinique Si 1
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Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Bernard Escudier, membre du Département d’oncologie médicale du comité de cancérologie génito-urinaire de Gustave Roussy.