Les thérapies ciblées dans le traitement du cancer du sein
Les thérapies ciblées forment une classe innovante de médicaments anticancéreux qui agissent sur les cellules cancéreuses en ciblant une caractéristique propre à celles-ci, ou tout du moins largement plus fréquente chez elles que dans les cellules saines.
01 juillet 2020 Dernière mise à jour : 20-04-2026
Principe des thérapies ciblées
Les thérapies ciblées forment une classe innovante de médicaments anticancéreux qui agissent sur les cellules cancéreuses en ciblant une caractéristique propre à celles-ci, ou tout du moins largement plus fréquente chez elles que dans les cellules saines. Ce type de traitement permet, en principe, d’obtenir une meilleure efficacité, tout en réduisant le risque d’effets secondaires.
Contre les cancers présentant des récepteurs
HER2 Le trastuzumab (Herceptin®) est un anticorps monoclonal qui cible les cellules cancéreuses produisant la protéine HER2 en trop grande quantité. Il est utilisé en association à une chimiothérapie adjuvante. Le traitement est administré par perfusion d’environ 30 minutes, selon un rythme variable (une fois par semaine à une fois toutes les trois semaines). Il est généralement maintenu durant un an.
En situation métastatique, d’autres molécules anti-HER2 ont été développées : le lapatinib, le pertuzumab et le trastuzumab emtansine (T-DM1). Cette dernière se fixe spécifiquement sur les cellules cancéreuses et libère alors un traitement de chimiothérapie qui agit directement sur elles.
Contre les cancers triple-négatifs
Le bévacizumab est utilisé dans les cancers triple-négatifs métastatiques en association avec la chimiothérapie. Il s’agit d’un inhibiteur spécifique des récepteurs VEGFR impliqués dans le développement de nouveaux vaisseaux à proximité de la tumeur et qui favorisent sa croissance.
De nouvelles thérapies ciblées sont également en développement dans les formes triple négatives métastatiques, notamment les inhibiteurs de PI3-kinase (surexprimées en cas de cancer), d’AKT et les traitements d’immunothérapie de type anti PD-L1.
Contre les cancers hormono-dépendants métastatiques
Des thérapies ciblées sont proposées en association avec l’hormonothérapie. L’everolimus, un inhibiteur de la voie mTOR améliore la sensibilité des cellules aux hormones, augmentant l’efficacité de l’hormonothérapie. Il y a également les inhibiteurs CDK4-6. En bloquant les divisions cellulaires et en rendant les cellules cancéreuses plus statiques, ils facilitent l’action de l’hormonothérapie (abemaciclib, palbociclib et ribociclib).
Contre les cancers liés à une mutation génétique héréditaire
Enfin, les patientes qui ont un cancer associé à une mutation héréditaire BRCA1 ou BRCA2 peuvent bénéficier des inhibiteurs de PARP (olaparib, talazoparib). Cette thérapie ciblée bloque une voie de réparation de l’ADN. Couplé à une mutation sur le gène BRCA1 ou 2, cet effet entraîne la mort des cellules cancéreuses.
Effets secondaires des thérapies ciblées
Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés sous thérapie ciblée sont la fatigue, la fièvre, les maux de tête, les douleurs abdominales et les éruptions cutanées. Certains d’entre eux peuvent être limités par des traitements appropriés.
Les agents anti-HER2 peuvent parfois entraîner l’apparition de troubles cardiaques : un suivi régulier est préconisé pendant toute la durée du traitement, notamment avec une échographie ou une scintigraphie cardiaque régulière.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.