L'hormonothérapie dans le traitement du cancer du sein
L’hormonothérapie n’est pas indiquée pour toutes les patientes : elle est uniquement proposée lorsque la tumeur est dite hormono-dépendante, c’est-à-dire lorsque des récepteurs hormonaux ont été mis en évidence au niveau des cellules tumorales, signifiant que des hormones sont nécessaires à sa croissance.
01 juillet 2020 Dernière mise à jour : 20-04-2026
Principe de l’hormonothérapie
L’hormonothérapie n’est pas indiquée pour toutes les patientes : elle est uniquement proposée lorsque la tumeur est dite hormono-dépendante, c’est-à-dire lorsque des récepteurs hormonaux ont été mis en évidence au niveau des cellules tumorales, signifiant que des hormones sont nécessaires à sa croissance. L’hormonothérapie consiste alors à empêcher les cellules tumorales d’être stimulées par ces hormones (oestrogènes et/ou progestérone). Ce traitement est le plus souvent proposé en complément de l’intervention chirurgicale (hormonothérapie adjuvante). Plus rarement, il peut être utilisé avant l’opération pour réduire la taille de la tumeur et permettre une chirurgie conservatrice. Dans certains cas, en particulier si les cellules tumorales se divisent rapidement et que la tumeur est agressive, la chimiothérapie peut être préférée à l’hormonothérapie dans un premier temps, à raison de 6 à 8 cures. L’hormonothérapie est quant à elle prescrite dans un second temps.
Les hormonothérapies les plus utilisées chez les femmes non ménopausées sont les anti-oestrogènes qui empêchent ces hormones de stimuler les cellules cancéreuses en prenant leur place au niveau des récepteurs hormonaux sur ces cellules (tamoxifène) et les analogues de LHRH (voir page 32). Chez les femmes ménopausées, il s’agit des anti-aromatases (anastrozole, létrozole, exémestane) qui entrent en compétition avec l’aromatase, une enzyme qui permet à l’organisme de continuer à produire des œstrogènes à partir des hormones androgènes après la ménopause. Ces médicaments sont généralement prescrits pendant au moins 5 ans, selon le contexte clinique.
Les hormones impliquées dans le développement des cancers du sein sont essentiellement produites par les ovaires (notamment avant la ménopause), c’est pourquoi une suppression ovarienne peut être proposée dans certains cas chez la femme non ménopausée atteinte d’un cancer métastatique. Ce traitement induit une ménopause précoce et une conservation d’ovocytes est alors proposé à la femme jeune en cas de projet parental ultérieur.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Deux options existent :
- la suppression ovarienne transitoire qui est obtenue par un traitement médicamenteux. Celui-ci repose sur l’utilisation d’analogues mimant l’action de la molécule LHRH (Luteinizing Hormone Releasing Hormone), qui contrôle elle-même directement la production hormonale des ovaires. Ces médicaments bloquent la fabrication des oestrogènes par les ovaires. Ils sont administrés par voie intramusculaire, sur plusieurs années.
- la castration définitive qui est obtenue par chirurgie ou par radiothérapie des ovaires.
Effets secondaires de l’hormonothérapie
L’hormonothérapie provoque des effets secondaires variables selon la technique utilisée. Ce sont le plus souvent des symptômes de ménopause liés au blocage de la fonction hormonale, comme des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale ou encore une diminution de la libido. Par ailleurs, des cas rares d’accidents thrombo-emboliques (formation de caillots de sang qui peuvent bloquer la circulation sanguine), de cancers de l’endomètre (avec le tamoxifène), d’ostéoporose ou encore de douleurs articulaires avec les anti-aromatases ont été rapportés.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.