Qu'est-ce qu'un cancer du sein ?
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Selon Santé Publique France, 61 214 nouveaux cas de cancers du sein ont été diagnostiqués chez les femmes en France en 2023.
01 juillet 2020 Dernière mise à jour : 21-04-2026
L'anatomie du sein
Les seins sont des organes de nature glandulaire dont la fonction est de produire du lait. Ils se situent en avant des muscles pectoraux qui les soutiennent. Chaque sein se divise en 15 à 20 secteurs appelés lobes.
Chacun de ces lobes se divise en nombreux lobules, plus petits, qui s’achèvent en douzaines de minuscules bulbes sécrétant le lait.
Les lobes et lobules sont reliés entre eux par les canaux galactophores qui collectent le lait. Ceux-ci aboutissent au mamelon, situé au centre d’une zone pigmentée, l’aréole qui est de surface ronde et de couleur rose ou brune.
La plus grande partie du sein est constituée de tissu graisseux qui comble l’espace situé entre les différentes structures du sein.
Il représente 1 % de tous les cancers du sein et 0,5 % des cancers masculins. Sa survenue est si exceptionnelle qu’elle est souvent ignorée, ce qui retarde alors le moment du diagnostic. Une masse ressentie, une rougeur, une anomalie de la texture de la peau sont les symptômes le plus souvent décrits et qui peuvent alerter. Le pronostic est moins bon que chez la femme avec une évolution du cancer généralement plus avancée au moment du diagnostic mais, même à conditions égales, le risque de mortalité reste en défaveur des hommes sans que l’on sache si cet écart est dû à des différences entre les cancers eux-mêmes, des différences de réponses aux traitements ou encore à des facteurs environnementaux. Environ 90 % de ces cancers sont hormono-dépendants, or les hormonothérapies sont moins souvent prescrites que chez la femme ou moins bien supportées en raison des effets indésirables (bouffées de chaleur, baisse de libido…).
Les différents cancers du sein
Il existe différents types de cancer du sein.
La plupart se développent à partir des cellules des canaux galactophores, d’autres à partir de cellules des lobules : on parle respectivement de cancers canalaires et de cancers lobulaires.
D’autres formes de cancers du sein existent : ces cancers sont dits médullaires, papillaires, tubuleux ou mucineux. Ils sont beaucoup plus rares que les cancers lobulaires ou canalaires. Le plus souvent, ce sont des tumeurs de bon pronostic. Enfin, certaines de ces tumeurs se présentent sous un aspect inflammatoire. Elles sont alors plus délicates à diagnostiquer car difficiles à détecter lors de la palpation mammaire. Elles entraînent des symptômes communs à des affections bénignes du sein (douleur locale et survenant brutalement, chaleur locale, rougeur limitée à une partie ou diffuse à l’ensemble du sein ainsi qu’un épaississement de la peau avec un aspect « peau d’orange »). Elles sont souvent plus agressives que les carcinomes classiques.
Parallèlement au site où ils se développent, on distingue également les cancers selon leur stade d’évolution : lorsque les cellules cancéreuses restent contenues à l’intérieur du lobule ou du canal, on parle de cancer in situ. Lorsque ces cellules ont envahi les tissus avoisinants, le cancer du sein est dit invasif ou infiltrant.
Le cancer du sein en France
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Selon l’Institut national du cancer, 61 214 nouveaux cas de cancers du sein ont été diagnostiqués chez les femmes en France en 2023.
Ce nombre est en constante augmentation, notamment en raison du dépistage organisé mis en place depuis 2004. En 2022, le nombre de décès liés à la maladie est estimé à 12 757. Le taux de mortalité par cancer du sein est en constante diminution de 1990 à 20181 (-1,3% par an)1. Ce progrès repose sur les récentes avancées thérapeutiques mais aussi sur le développement du dépistage qui, en favorisant les diagnostics précoces, permet de guérir davantage de cas. On estime ainsi que 88 % des patientes sont encore en vie cinq ans après le diagnostic, tous âges et tous stades confondus. Il est à noter que, même très rare, le cancer du sein existe également chez l’homme.
Les cancers du sein peuvent être caractérisés par la présence ou l’absence à leur surface de trois types de molécules : les récepteurs aux hormones œstrogènes (RE), à la progestérone (RP) et à un facteur de croissance nommé HER2. L’identification de ces caractéristiques moléculaires permet de classer les cancers du sein en plusieurs catégories qui ne répondent pas aux mêmes traitements :
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Les cancers du type luminal
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Les tumeurs de type luminal A expriment très fortement les récepteurs des œstrogènes et de la progestérone mais n’ont pas d’expression de HER2 (HER2-). Ce sont des tumeurs très peu proliférantes, avec un dosage de KI67 (protéine associée à la prolifération des cellules) bas (< 15 %) ; elles sont généralement de bas grade (I ou II faible).
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Les tumeurs de type luminal B expriment de façon moins importante les récepteurs hormonaux mais peuvent avoir une surexpression de HER2 (HER2+). Ce sont généralement des tumeurs proliférantes, avec un dosage de KI67 élevé (> 15 %) ; elles sont souvent d’un grade plus élevé (II ou III).
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Les cancers HER2 : ils présentent des récepteurs au facteur de croissance HER2, mais pas de récepteur aux œstrogènes et / ou à la progestérone (RE- et/ou RP- et HER2+).
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Les cancers triple négatifs : ils ne présentent aucun de ces récepteurs (RE- et RP- et HER2-). Ils ne sont donc pas sensibles aux hormonothérapies ou à la thérapie ciblée agissant sur les récepteurs au facteur de croissance HER2. La prise en charge de ce type de cancer du sein passe alors par une chirurgie associée à des séances de radiothérapie et de chimiothérapie classique. Par ailleurs, les chercheurs travaillent à développer de nouvelles stratégies thérapeutiques plus précises et efficaces.
Quels sont les différents stades du cancer du sein et comment les détecte-t-on ?
Les différents stades du cancer du sein sont déterminés par une classification précise, généralement basée sur le système TNM (Tumeur, Ganglions, Métastases). Cette stadification sert à évaluer le niveau d’évolution de la maladie, son éventuelle propagation aux tissus voisins et elle sert également à orienter le traitement. Le processus de détection lui, implique une série d’examens cliniques (palpation mammaire) et d’imagerie (mammographie, échographie…) ainsi qu’une analyse anatomopathologique.
Le stade 0, ou carcinome in situ, représente le niveau le plus précoce, où les cellules cancéreuses sont confinées dans les canaux ou lobules mammaires.
Les stades I à III indiquent une progression croissante de la maladie, avec une augmentation de la taille de la tumeur et/ou une atteinte ganglionnaire plus importante.
Le stade IV, ou cancer métastatique, signifie que la maladie s’est propagée à d’autres organes.
Il est important de noter que certains facteurs de risque, tels que la consommation d’alcool et l’âge de la ménopause, peuvent influencer le développement et la progression du cancer du sein. Des études ont établi que la consommation d’alcool augmenterait le taux d’œstrogène et serait donc en lien avec l’incidence de la maladie. Cliquez ici pour en savoir plus sur les facteurs de risque de la maladie.
Références
1. Source : Incidence de nouveaux cas en France métropolitaine 2018, Santé publique France.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Dr Marc Espié, Maître de Conférence des universités, praticien hospitalier et responsable du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis, Paris.