Quelles sont les causes connues du cancer des voies aérodigestives supérieures ?

Les principaux facteurs de risque des cancers des VADS sont le tabagisme, la consommation d’alcool chronique et, dans une moindre mesure, l’infection par le papillomavirus.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Le tabagisme

La consommation de tabac – cigarette, cigare, pipe – est un facteur de risque majeur du développement d’un cancer des VADS : 95 % des personnes atteintes d’un tel cancer sont fumeuses.

En arrêtant de fumer, le risque d’être atteint d’un cancer des VADS diminue rapidement et régulièrement, jusqu’à devenir voisin de celui des personnes n’ayant jamais fumé au bout de vingt ans.

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La consommation d'alcool

Deuxième cause de mortalité évitable par cancer, la consommation d’alcool représente aussi un facteur de risque majeur des cancers des VADS.

Contrairement à une idée reçue, tous les alcools sont cancérigènes. En outre, l’association du tabac et de l’alcool a un effet synergique sur le risque de cancer de l’œsophage ou des voies aérodigestives supérieures, en particulier du larynx : en d’autres termes, une personne qui consomme régulièrement les deux substances présente un risque de cancer nettement supérieur à la simple addition des risques de chacune des deux substances consommées seules.

Pour aider les patients à arrêter de fumer et/ou de consommer de l’alcool, il existe des aides au sevrage ; et une consultation auprès d’un tabacologue et/ou addictologue peut être tout à fait bénéfique.

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Les infections virales

L’infection au papillomavirus (HPV) est un facteur de risque. Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible. Ce virus HPV, très répandu, pénètre dans les muqueuses (génitales, annales et buccales) à l’occasion de rapports sexuels. Il peut ainsi provoquer des cancers des VADS via l’infection de la muqueuse buccale. Au cours des dernières décennies, le nombre de cancers de l’oropharynx associés aux papillomavirus a significativement augmenté4, mais une tendance inverse est attendue dans les vingt prochaines années grâce au déploiement de la vaccination anti-HPV chez les pré-adolescents, filles et garçons, depuis 2021.

Le virus Epstein-Barr, un virus de la famille de l’herpès, à l’origine entre autres de la mononucléose infectieuse, également très répandu, peut aussi favoriser la cancérisation des cellules qui tapissent le nasopharynx.

Renforcer la vaccination contre le papillomavirus

L’infection de la bouche et des VADS par le papillomavirus humain (HPV) se produit par voie sexuelle, lors de rapports oro-génitaux. Plus de la moitié de la population en France serait infectée par ce virus. Pour la grande majorité des personnes contaminées, le virus est éliminé par l’organisme sans qu’aucune lésion ne se soit développée. Toutefois, dans certains cas, l’infection induit la transformation de cellules et l’apparition de lésions précancéreuses. Aujourd’hui, il n’existe pas de test de dépistage pour les détecter précocement, ni même de traitement préventif lorsque l’infection est avérée.

Depuis 2021, la vaccination contre le HPV est recommandée pour tous les jeunes de 11 à 14 ans révolus (filles et garçons) avec un schéma à deux doses espacées de 5 à 13 mois, l’idéal étant que les vaccins soient administrés avant le début de la vie sexuelle. Un rattrapage est également recommandé pour tous les hommes et les femmes jusqu’à 26 ans révolus, s’ils n’ont pas été vaccinés à l’adolescence, selon un schéma à trois doses sur une durée de six mois. Au-delà de cet âge, la probabilité d’avoir déjà été exposé à plusieurs types d’HPV augmente significativement, ce qui réduit l’efficacité du vaccin. En effet, il est efficace pour prévenir les lésions précancéreuses et les cancers liés aux HPV chez les personnes vaccinées avant une exposition au virus. La vaccination est prise en charge à 65 % par l’Assurance maladie jusqu’à l’âge de 26 ans.

En septembre 2023, le Gouvernement a lancé une campagne de vaccination au niveau national pour lutter contre les infections dues aux HPV, proposant aux élèves de 5e de façon non obligatoire, gratuite et sous la condition de présenter un accord parental, de se faire vacciner au collège.

Les expositions professionnelles

Un cancer des voies aérodigestives supérieures peut aussi être lié à une exposition professionnelle à des facteurs cancérigènes et être ainsi reconnu comme maladie professionnelle.

Les expositions à la poussière de bois, classée officiellement « cancérogène avéré » pour les cancers du nasopharynx, des fosses nasales et des sinus, seraient même à l’origine de 45 % de ces cancers. Le cancer du sinus ethmoïdal est reconnu comme une maladie professionnelle chez les menuisiers et les ouvriers en charge des opérations de grillage des mattes de nickel.

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Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.

4. Marur et coll, HPV-associated head and neck cancer : a virus-related cancer epidemic, Lancet Oncol, Volume 11, No.8, p.781-789, August 2010