Comment diagnostique-t-on un cancer des voies aérodigestives supérieures ?

Lors d’une consultation chez un oto-rhino-laryngologue, le patient est d’abord interrogé sur les éventuels facteurs de risque auxquels il est exposé.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Le diagnostic

Lors d’une consultation chez un oto-rhino-laryngologue, le patient est d’abord interrogé sur les éventuels facteurs de risque auxquels il est exposé. Ensuite, le médecin spécialiste procède à un examen clinique des voies aérodigestives supérieures à l’aide d’un abaisse-langue, d’une source lumineuse et d’un miroir afin de voir les zones cachées ; il palpe l’intérieur de la bouche et le cou pour repérer une éventuelle zone plus dure (indurée) et/ou des ganglions enflés.

Un examen plus approfondi du larynx peut aussi être réalisé grâce à un nasofibroscope ; il s’agit d’introduire par les fosses nasales des fibres optiques fines et souples qui permettent d’observer les muqueuses du larynx et les possibles lésions. Dans le cas où la présence d’une lésion est effectivement observée, l’ORL va pratiquer une endoscopie des VADS, appelée pan-endoscopie. Réalisée sous anesthésie générale au bloc opératoire, l’endoscopie consiste à introduire par le nez ou la bouche, et jusqu’à la lésion, un tube creux rigide (l’endoscope) pourvu d’une source de lumière. Elle permet d’observer parfaitement les différents organes des VADS, d’évaluer l’extension loco-régionale de la tumeur et de dépister une éventuelle tumeur synchrone, c’est-à-dire une autre tumeur qui se serait développée à proximité de celle initialement repérée. C’est pourquoi il est nécessaire d’étendre le dépistage à l’ensemble du tissu. L’endoscope permet aussi de réaliser des biopsies, c’est-à-dire de prélever un échantillon de tissu suspect qui sera analysé sous microscope au cours d’un examen anatomopathologique. L’anatomopathologiste précise les caractéristiques des cellules anormales ; ces résultats permettent d’infirmer ou de confirmer le diagnostic de cancer.

Le bilan d’extension

Au moment du diagnostic, un bilan d’extension est systématiquement réalisé pour savoir s’il existe d’autres tumeurs à d’autres endroits dans les voies aérodigestives (tumeur synchrone généralement ailleurs dans les VADS, les poumons ou l’œsophage), et si la tumeur ou les tumeurs détectées se sont déjà propagées dans des ganglions, voire d’autres organes, en particulier les poumons (métastases).

Pour ce faire, un examen d’imagerie, scanner cervico-facial et thoracique ou tomodensitométrie, est prescrit. Les organes, rendus visibles grâce à un produit de contraste à base d’iode injecté dans une veine du bras avant l’examen, sont observés avec attention. Le médecin peut ainsi savoir si des cellules tumorales ont notamment atteint les ganglions du cou, premier relais avant la dissémination de la maladie.

Dans le cas d’un cancer de la cavité buccale ou de l’oropharynx, les imageries par résonance magnétique (IRM) permettent également de compléter le bilan. Les caractéristiques du cancer et son extension orientent le choix du traitement.

Fiche : Les examens diagnostiques du cancer
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Examens Diagnostiques Couv
Télécharger Fiche : Les examens diagnostiques du cancer (pdf - 171.2 Ko)
Un bilan pré-thérapeutique avant de débuter la prise en charge

Réalisé avant l’initiation des traitements, ce bilan inclut en particulier un examen dentaire par un chirurgien-dentiste ou un stomatologue, ainsi qu’un bilan nutritionnel pour évaluer les éventuels soins à prodiguer au patient avant de débuter le traitement.

Avant une radiothérapie, il est indispensable d’assurer au patient un état buccodentaire optimal pour éviter tout effet secondaire grave ou complication. Le patient devra en outre utiliser des gouttières de fluoration qui protègent les dents saines pendant et après les séances de radiothérapie. L’évaluation nutritionnelle, réalisée par un nutritionniste ou un diététicien, permet quant à elle de savoir si le patient n’est pas dénutri, ce qui est souvent le cas avant même le début des traitements6.

Comme la chirurgie peut limiter l’alimentation pendant un certain temps, il est en effet important que le patient soit déjà dans un bon état nutritionnel. En cas de grande dénutrition, la pose d’une sonde nasogastrique ou d’une gastrostomie peut être envisagée.

Livret : "À table !"

Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine

Livret
Mieux vivre
Livret Atable Si 1
Télécharger Livret : "À table !" (pdf - 2 Mo)

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.

6. Christian Righini et coll, « Évaluation du statut nutritionnel, lors du diagnostic, des patients traités pour un cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) », Annales Françaises d’Oto-Rhino-Laryngologie et de Pathologie Cervico-Faciale, volume 130, numéro 1, février 2013, pages 8-14.