Quels sont les symptômes d’un cancer des voies aérodigestives supérieures ?

Au stade précoce, les cancers des VADS n’entrainent pas de symptômes spécifiques de ces cancers. Toutefois, certains signes peuvent alerter au cours d’une consultation, comme une boule ou encore une gêne persistante.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Les principaux symptômes d'un cancer des voies aérodigestives supérieures

Au début de la maladie, le cancer est asymptomatique. Les premiers symptômes qui peuvent apparaître sont des saignements de nez, des douleurs à l’oreille, une sensation d’oreille bouchée, une gêne à la déglutition, une modification du timbre de la voix ou encore l’apparition d’une boule au niveau du cou.

Même si ces signes ne sont pas nécessairement inquiétants, il est conseillé de consulter son médecin traitant lorsqu’ils persistent au-delà de trois semaines. Comme ils sont assez généraux, ces signes cliniques sont parfois négligés, ce qui explique que le diagnostic soit souvent posé à un stade avancé de la maladie.

Comment diagnostique-t-on un cancer des voies aérodigestives supérieures ?

Lors d’une consultation chez un oto-rhino-laryngologue, le patient est d’abord interrogé sur les éventuels facteurs de risque auxquels il est exposé. Ensuite, le médecin spécialiste procède à un examen clinique des voies aérodigestives supérieures à l’aide d’un abaisse-langue, d’une source lumineuse et d’un miroir afin de voir les zones cachées ; il palpe l’intérieur de la bouche et le cou pour repérer une éventuelle zone plus dure (indurée) et/ou des ganglions enflés.

Un examen plus approfondi du larynx peut aussi être réalisé grâce à un nasofibroscope ; il s’agit d’introduire par les fosses nasales des fibres optiques fines et souples qui permettent d’observer les muqueuses du larynx et les possibles lésions. Dans le cas où la présence d’une lésion est effectivement observée, l’ORL va pratiquer une endoscopie des VADS, appelée pan-endoscopie. Réalisée sous anesthésie générale au bloc opératoire, l’endoscopie consiste à introduire par le nez ou la bouche, et jusqu’à la lésion, un tube creux rigide (l’endoscope) pourvu d’une source de lumière. Elle permet d’observer parfaitement les différents organes des VADS, d’évaluer l’extension loco-régionale de la tumeur et de dépister une éventuelle tumeur synchrone, c’est-à-dire une autre tumeur qui se serait développée à proximité de celle initialement repérée. C’est pourquoi il est nécessaire d’étendre le dépistage à l’ensemble du tissu. L’endoscope permet aussi de réaliser des biopsies, c’est-à-dire de prélever un échantillon de tissu suspect qui sera analysé sous microscope au cours d’un examen anatomopathologique. L’anatomopathologiste précise les caractéristiques des cellules anormales ; ces résultats permettent d’infirmer ou de confirmer le diagnostic de cancer.

Le bilan d'extension

Au moment du diagnostic, un bilan d’extension est systématiquement réalisé pour savoir s’il existe d’autres tumeurs à d’autres endroits dans les voies aérodigestives (tumeur synchrone généralement ailleurs dans les VADS, les poumons ou l’œsophage), et si la tumeur ou les tumeurs détectées se sont déjà propagées dans des ganglions, voire d’autres organes, en particulier les poumons (métastases).

Pour ce faire, un examen d’imagerie, scanner cervico-facial et thoracique ou tomodensitométrie, est prescrit. Les organes, rendus visibles grâce à un produit de contraste à base d’iode injecté dans une veine du bras avant l’examen, sont observés avec attention. Le médecin peut ainsi savoir si des cellules tumorales ont notamment atteint les ganglions du cou, premier relais avant la dissémination de la maladie.

Dans le cas d’un cancer de la cavité buccale ou de l’oropharynx, les imageries par résonance magnétique (IRM) permettent également de compléter le bilan. Les caractéristiques du cancer et son extension orientent le choix du traitement.

Un bilan pré-thérapeutique avant de débuter la prise en charge

Réalisé avant l’initiation des traitements, ce bilan inclut en particulier un examen dentaire par un chirurgien-dentiste ou un stomatologue, ainsi qu’un bilan nutritionnel pour évaluer les éventuels soins à prodiguer au patient avant de débuter le traitement.

Avant une radiothérapie, il est indispensable d’assurer au patient un état buccodentaire optimal pour éviter tout effet secondaire grave ou complication. Le patient devra en outre utiliser des gouttières de fluoration qui protègent les dents saines pendant et après les séances de radiothérapie. L’évaluation nutritionnelle, réalisée par un nutritionniste ou un diététicien, permet quant à elle de savoir si le patient n’est pas dénutri, ce qui est souvent le cas avant même le début des traitements6.

Comme la chirurgie peut limiter l’alimentation pendant un certain temps, il est en effet important que le patient soit déjà dans un bon état nutritionnel. En cas de grande dénutrition, la pose d’une sonde nasogastrique ou d’une gastrostomie peut être envisagée.

6. Christian Righini et coll, « Évaluation du statut nutritionnel, lors du diagnostic, des patients traités pour un cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) », Annales Françaises d’Oto-Rhino-Laryngologie et de Pathologie Cervico-Faciale, volume 130, numéro 1, février 2013, pages 8-14.

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Questions fréquentes

Quels sont les symptômes des VADS ?

Les symptômes des cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) varient selon la localisation de la tumeur, mais certains signes doivent alerter. On peut observer :  

  • Une gêne ou douleur persistante dans la gorge
  • Un enrouement qui ne passe pas, une difficulté à avaler (dysphagie)
  • Une toux chronique
  • Des ganglions dans le cou
  • Des saignements 
  • Une perte de poids inexpliquée. 

D’autres symptômes comme une sensation de gêne dans le nez, une obstruction nasale unilatérale ou des douleurs à l’oreille peuvent également apparaître. Ces signes sont souvent discrets au début et peuvent être confondus avec des infections bénignes, d’où l’importance d’un avis médical rapide en cas de persistance.

Quelles sont les complications possibles autour d’un cancer des VADS ?

Un cancer des VADS peut entraîner plusieurs complications, liées à la tumeur elle-même ou à ses traitements. En l’absence de prise en charge, la tumeur peut obstruer les voies respiratoires, gêner fortement l’alimentation ou provoquer une altération de la voix. Des troubles de la déglutition peuvent aussi entraîner des fausses routes, augmentant le risque de pneumonie.

Y-a-t-il des effets secondaires aux traitements pour le cancer des VADS ?

Les traitements, bien que efficaces, peuvent eux aussi avoir des conséquences : 

  • sécheresse buccale
  • perte du goût
  • fatigue intense
  • difficultés à parler ou à avaler

Ces complications peuvent altérer la qualité de vie, d’où l’importance d’un accompagnement pluridisciplinaire après le diagnostic.

Est-ce qu’un cancer des VADS est douloureux ?

Au début, un cancer des VADS peut être indolore, ce qui rend son dépistage difficile. La douleur apparaît généralement à un stade plus avancé. Elle peut se manifester dans la gorge, les oreilles (douleur réflexe), ou au moment d’avaler. Cette douleur peut être sourde, persistante, et résistante aux traitements habituels. Si elle s’associe à d’autres symptômes comme une gêne respiratoire ou un changement de voix, elle doit motiver une consultation rapide chez un professionnel de santé.

Le cancer des VADS peut-il récidiver ?

Oui, comme pour d’autres cancers, le cancer des VADS peut récidiver, même après un traitement réussi. Le risque de récidive dépend de plusieurs facteurs : 

  • le type de tumeur ; 
  • sa localisation ;
  • son stade au moment du diagnostic ; 
  • la réponse aux traitements ; 
  • les habitudes de vie du patient. 

Le tabac et l’alcool augmentent significativement ce risque. C’est pourquoi un arrêt complet est fortement recommandé et un suivi médical régulier est essentiel pour détecter toute récidive à un stade précoce.

Quels sont les symptômes d’une récidive d’un cancer des VADS ?

Les symptômes d’une récidive sont souvent similaires à ceux de la maladie initiale : retour de douleurs à la gorge, enrouement persistant, apparition d’une nouvelle masse dans le cou, gêne à l’alimentation ou à la respiration. Parfois, des signes plus diffus peuvent apparaître, comme une fatigue intense ou une perte de poids rapide. Toute modification inhabituelle doit être signalée au médecin. Des examens de contrôle réguliers permettent de surveiller l’évolution après traitement.

À quel moment consulter en cas de symptômes ORL persistants ?

Il est recommandé de consulter un médecin, et idéalement un spécialiste ORL, si les symptômes mentionnés ci-dessus durent plus de 3 semaines sans amélioration. La persistance de ces signes, surtout en l’absence d’infection identifiable, doit alerter. Un dépistage précoce permet de poser un diagnostic rapide et d’augmenter les chances de succès du traitement. Il ne faut pas attendre que la douleur s’intensifie ou que d’autres symptômes apparaissent. 

Ce dossier (à l’exception de la FAQ) a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.