La chimiothérapie dans le traitement du cancer des voies aérodigestives supérieures
La chimiothérapie repose sur l’administration d’une ou plusieurs molécules qui bloquent la prolifération des cellules cancéreuses ou les tuent progressivement.
01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026
Le principe
Les médicaments les plus utilisés sont le platine, le fluoro-uracile, les taxanes, et le méthotrexate. Ils sont administrés selon une chronologie précise et le plus souvent par perfusion. Dans certains cas, lorsqu’il n’est pas possible de faire trop de piqûres dans les veines, une chambre implantable peut être mise en place, le plus souvent au niveau de la clavicule. En général, il y a une alternance entre périodes de traitement et intervalles de repos. On parle d’un « cycle » ou d’une « cure de chimiothérapie », dont le nombre et le
rythme sont déterminés par le médecin.
Il y a trois indications possibles pour la chimiothérapie :
- Lorsque la tumeur est opérable mais très volumineuse, des séances de chimiothérapie peuvent être prescrites d’emblée. Elles réduisent la taille de la tumeur afin que le geste chirurgical qui intervient par la suite soit moins mutilant et peuvent permettre de préserver une partie de l’organe opéré. On parle de chimiothérapie néoadjuvante. Dans certaines situations, elle permet même d’écarter la chirurgie et de préserver ainsi le larynx grâce à
des séances de radiothérapie. Cet organe ne pouvant pas être reconstruit, sa préservation est essentielle dans la mesure du possible. - En cas de radiothérapie, la chimiothérapie peut être administrée en association pour augmenter l’efficacité de la radiothérapie.
- Enfin, si la tumeur est inopérable ou si l’exérèse chirurgicale se révélait trop mutilante, la chimiothérapie est proposée comme traitement palliatif afin de ralentir la progression du cancer et réduire les douleurs.
Les effets secondaires
La chimiothérapie s’attaque à l’ensemble des cellules qui prolifèrent dans l’organisme ; essentiellement les cellules cancéreuses, mais pas seulement. Un certain nombre de cellules saines en division sont également détruites par le traitement, d’où des effets indésirables souvent importants.
Ils dépendent directement de la nature du médicament utilisé : il peut s’agir de diarrhées, de vomissements, d’une chute de cheveux, de fourmillements ou d’engourdissements, d’une grande fatigue… Il est important d’en parler à l’équipe médicale, qui pourra ainsi proposer un traitement pour prévenir ou limiter ces manifestations. L’effet secondaire le plus grave est la neutropénie fébrile (infection alors que le patient n’a plus de globules blancs) et nécessite un traitement antibiotique en urgence.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.