La radiothérapie dans le traitement du cancer des voies aérodigestives supérieures

Pour le traitement des cancers des VADS, la radiothérapie présente une efficacité similaire à celle de la chirurgie.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Le principe

La radiothérapie externe consiste à administrer des rayons de haute énergie au niveau du site de la tumeur afin de tuer les cellules cancéreuses.

Pour le traitement des cancers des VADS, la radiothérapie présente désormais une efficacité similaire ou proche de celle de la chirurgie. Ainsi, elle peut être prescrite sans chirurgie préalable, associée ou non à une chimiothérapie. Elle peut également être prescrite après l’exérèse de la tumeur afin de limiter le risque de récidive ; on parle alors de radiothérapie adjuvante.

Le choix des doses d’irradiation et de la zone du corps qui sera soumise aux rayonnements est déterminé par le radiothérapeute, en fonction de chaque patient. En général, les séances de radiothérapie sont programmées quotidiennement pendant plusieurs semaines.

Pour certains cancers, comme ceux des lèvres ou de la langue, la source de radiothérapie peut être mise directement au contact de la tumeur. Cette technique s’appelle la curiethérapie. Des gaines sont introduites sous anesthésie générale au niveau du site à irradier, puis des fils radioactifs sont insérés dans ces gaines pendant la durée d’irradiation (généralement quelques jours), puis ils sont retirés, ainsi que les gaines. Durant cette période, le patient est hospitalisé et placé en isolement du fait de la radioactivité.

Fiche : Soigner un cancer par radiothérapie
Fiche
Comprendre et agir
Fiche Radiothérapie Couv Hd
Télécharger Fiche : Soigner un cancer par radiothérapie (pdf - 490.2 Ko)

Les effets secondaires

La radiothérapie engendre des effets secondaires classiques, comme une grande fatigue ou une irritation de la peau. Ceci est réversible. Il existe aussi des effets secondaires plus spécifiques liés à la localisation des cancers des VADS. La production de salive est souvent modifiée, car les glandes salivaires sont le plus souvent irradiées. Il persistera souvent de façon définitive une sécheresse buccale.

De même, la mucite, c’est-à-dire l’inflammation de la muqueuse de la bouche et de la gorge, est un effet secondaire courant, douloureux mais transitoire. Cette mucite peut être très importante et nécessiter la mise en place temporaire d’une sonde nasogastrique ou d’une gastrostomie.

Enfin, pendant le traitement par radiothérapie, le goût peut être modifié de façon transitoire ou permanente.

Sur le plus long terme, ce sont les dents qui sont à surveiller après une radiothérapie de la zone cervico-faciale. Le patient doit absolument porter à vie une gouttière de fluoration fabriquée sur mesure, tous les soirs pendant cinq minutes après le brossage des dents. Elle permet de prévenir les conséquences à long terme de la fragilisation des dents liées au traitement, depuis la multiplication des caries jusqu’à certaines complications tardives mais redoutées, telles que la nécrose de l’os de la mâchoire ou le lymphœdème (gonflement sous le menton). Il persiste par ailleurs souvent une fibrose des tissus qui peut entrainer des troubles de la déglutition.

Les mucites, difficiles à soigner

Les mucites sont des inflammations douloureuses de la muqueuse de la bouche et de la gorge qui concernent quasiment tous les patients. Elles se manifestent initialement par des rougeurs et des irritations, puis avec l’apparition d’aphtes et de plaies très douloureuses, entrainant des difficultés à s’alimenter, mais aussi à boire et même parfois à parler, et pouvant s’infecter.

Un traitement est généralement prescrit en amont de la radiothérapie pour réduire le risque d’apparition et de sévérité : le palifermine. Par ailleurs, certaines précautions peuvent limiter leur sévérité : utiliser une brosse à dent à poils souples, effectuer des bains de bouche quotidiens, boire suffisamment d’eau et éviter les boissons irritantes (alcool, café, jus de fruits), privilégier les aliments mous, froids ou à température ambiante, et éviter les aliments épicés, acides ou croustillants…

Des traitements peuvent également être prescrits pour soulager la douleur : antalgiques locaux sous forme de gels ou sprays anesthésiants, antalgiques par voie orale (paracétamol, antiinflammatoires, voire opioïdes en cas de douleurs sévères). Enfin, le laser à basse intensité est parfois utilisé dans certains centres pour les cas les plus sévères. Son efficacité demeure en cours d’évaluation.

Livret : Apaiser les douleurs du cancer

Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine

Livret
Mieux vivre
Livret Apaiserladouleur Si 1
Télécharger Livret : Apaiser les douleurs du cancer (pdf - 3.4 Mo)

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Docteur Jérôme Fayette, médecin oncologue au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), spécialiste des cancers ORL, du poumon, des sarcomes et GIST.