Comment diagnostique-t-on un lymphome hodgkinien ?

Le diagnostic de lymphome hodgkinien repose sur un interrogatoire du patient concernant ses antécédents familiaux et ses symptômes, et s’appuie sur son examen clinique et sur l’analyse d’un échantillon de tissu obtenu par biopsie.

01 novembre 2024 Dernière mise à jour : 16-04-2026

La biopsie

Cet examen consiste à prélever un morceau ou l’intégralité du ganglion afin de l’étudier au microscope. La biopsie se déroule généralement sous anesthésie locale, guidée par échographie pour les ganglions superficiels (cou, aisselles, aine) et par scanner pour les ganglions profonds.
Réalisé par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste, l’examen anatomopathologique permet notamment d’observer les cellules de Reed-Sternberg caractéristiques du lymphome hodgkinien. Ce sont des cellules géantes d’apparence caractéristique et spécifique. Leur environnement qui présente des signes d’inflammation est également repérable au microscope. Il est également possible de caractériser les cellules de Reed-Sternberg en utilisant des anticorps capables de reconnaître des molécules présentes dans leur membrane (la recherche de la protéine CD30 est ainsi obligatoire pour le diagnostic). En général, il faut compter une huitaine de jours entre la biopsie et le diagnostic définitif.

La classification

L’examen anatomopathologique et le bilan d’extension permettent d’établir une classification du lymphome : on distingue ainsi les cancers localisés, qui se limitent à un ganglion ou à un seul groupe de ganglions, des cancers avancés ou disséminés qui touchent plusieurs ganglions ou se sont étendus à un ou plusieurs organes (cœur, foie, poumons).
Des symptômes généraux (une fièvre persistante supérieure à 38° C, des sueurs nocturnes ou un amaigrissement supérieur à 10 % du poids du corps) peuvent parfois être associés au lymphome hodgkinien. Lorsque ces signes généraux dits symptômes B sont présents, on parle de lymphome hodgkinien B. En l’absence de ces signes, on parle de lymphome hodgkinien A.

Le bilan d'extension

Souvent réalisé en même temps que le diagnostic, le bilan d’extension repose essentiellement sur des examens d’imagerie qui permettent de localiser les sites touchés par la maladie, d’en déterminer le nombre et d’estimer précocement la réponse aux traitements disponibles. La TEP (tomographie par émission de positons) est la principale technique d’imagerie utilisée. Afin de mieux préciser les structures anatomiques atteintes par le lymphome, elle peut éventuellement être couplée à un scanner ; on parle alors de TEP-scan.

Le bilan général

La dernière étape du diagnostic consiste à réaliser le bilan général du patient. L’équipe soignante parle aussi de bilan préthérapeutique. Il consiste à rechercher la présence éventuelle d’autres pathologies, en particulier cardiaques ou chroniques, afin de choisir le traitement le plus adapté à l’état général du patient. Ce bilan s’appuie sur :

  • Une évaluation des fonctions cardiaque et pulmonaire ;
  • Un test de dépistage du VIH et des virus des hépatites B et C (VHB et VHC) pour rechercher d’éventuelles comorbidités hépatiques ; celles-ci doivent être connues avant la mise en route d’un traitement afin d’adapter ce dernier ;
  • Des examens sanguins afin de déterminer l’état des différentes cellules du sang, d’évaluer l’impact du lymphome sur certains organes (foie, rein, etc.)
    et de mesurer les paramètres de l’inflammation (dosage de la CRP: la protéine C-Réactive sert de marqueur biologique de l’inflammation ou de l’infection) ;
  • La recherche d’infections associées (via un contrôle dentaire par exemple) ; • Enfin, selon l’âge du patient, une analyse de la fertilité par un médecin spécialiste. Des techniques de conservation de sperme pour les hommes, et de préservation de la fertilité pour les jeunes femmes seront proposées.
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Ce dossier a été réalisé grâce au concours de la Pr Catherine Thiéblemont, cheffe du service d’hémato-oncologie à l’hôpital Saint-Louis, Assistance publique – Hôpitaux de Paris, université Paris Cité (Paris).