Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur les lymphomes non hodgkiniens ?
Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans le traitement des LNH, les efforts de recherche doivent se poursuivre pour apporter des solutions à davantage de patients. La Fondation ARC soutient de nombreux projets permettant de mieux comprendre les mécanismes des LNH, afin de proposer des approches diagnostiques et thérapeutiques innovantes, notamment pour les formes résistantes ou rares de ces maladies.
01 avril 2025 Dernière mise à jour : 08-04-2026
De 2020 à 2024, elle a financé 43 travaux de recherche sur les lymphomes non hodgkiniens pour plus de 6 millions d’euros.
Explorer l'immunité, une étape indispensable pour comprendre les LNH
Plusieurs équipes soutenues par la Fondation ARC cherchent à déchiffrer le fonctionnement du système immunitaire et ses dérèglements pouvant favoriser les LNH. L’une d’entre elles cherche ainsi à détecter les anomalies génétiques pouvant altérer la réponse immunitaire et contribuer au développement des lymphomes B. Une autre s’attache à dévoiler le rôle des perturbations dans les interactions entre des acteurs du système immunitaire – tels que les macrophages, les lymphocytes B et les cellules T folliculaires auxiliaires (Tfh) – dans le développement de la maladie. Une autre équipe cartographie, par modélisation et analyse bioinformatique, les réseaux de communication entre les cellules et les dysfonctionnements en jeu dans les lymphomes. Toutes ces recherches participent à améliorer la compréhension de la biologie des LNH et des résistances aux traitements, mais aussi à ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques inédites et plus personnalisées.
Vers des immunothérapies plus efficaces
Aujourd’hui, les immunothérapies à base d’anticorps ciblant les points de contrôle immunitaire (immune checkpoints) donnent de remarquables résultats dans les LNH. Cependant, une minorité de patients y répondent. Des travaux financés par la Fondation ARC explorent plus précisément l’ARN et les protéines qui régulent les points de contrôle immunitaire, afin d’identifier de nouvelles molécules capables d’augmenter l’efficacité de ces traitements.
La thérapie par cellules CAR-T anti-CD19 a déjà amélioré le pronostic de certains patients ne répondant pas aux traitements conventionnels. Ce traitement utilise des cellules du propre système immunitaire du patient « boostées » en laboratoire pour cibler une protéine des lymphocytes B. Un programme soutenu par la Fondation ARC cherche à identifier de nouveaux biomarqueurs prédictifs de la réponse à ce traitement innovant et à optimiser la synergie des cellules CAR avec l’immunité antitumorale naturelle.
Les espoirs d'autres innovations thérapeutiques
D’autres chercheurs explorent le potentiel des thérapies contre les lymphomes basées sur l’épigénétique en combinant deux médicaments pouvant agir en synergie. Grâce à la génomique et des analyses sur des échantillons de patients, ils étudient l’effet de cette combinaison, les voies épigénétiques en jeu et de potentiels biomarqueurs permettant de guider les décisions thérapeutiques.
Des progrès pour les lymphomes non hodgkiniens moins fréquents
Certaines formes plus rares de LNH, comme les lymphomes T, doivent aussi pouvoir bénéficier de thérapies plus efficaces. La Fondation ARC finance des recherches sur le rôle et les mécanismes de l’inactivation d’un gène, Bcl11b, par un récepteur NK (Natural Killer) dans les lymphomes T. Un anticorps dirigé contre un récepteur NK appelé KIR3DL2 se révélant une cible prometteuse, l’équipe cherche à identifier les patients qui pourraient tirer parti de ce traitement et à découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques. De son côté, une équipe se consacre à la découverte d’anomalies génétiques et moléculaires responsables du lymphome anaplasique à grandes cellules et de ses résistances aux traitements actuels. Des chercheurs décryptent également le fonctionnement du gène REL, dont l’expression participe à la réponse immunitaire et qui est potentiellement impliqué dans certains lymphomes dits centrofolliculaires. Enfin, pour d’autres sous-types comme le lymphome à cellules du manteau, le lymphome T cutané et le lymphome folliculaire, des projets de recherche financés par la Fondation ARC s’efforcent d’améliorer leur diagnostic ou l’efficacité des traitements comme les thérapies ciblées ou les immunothérapies. L’ensemble de ces travaux pourrait permettre de découvrir et tester de nouvelles approches utiles pour les soins aux patients.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Pierre Sujobert, service d’hématologie biologique et d’hémostase clinique, hôpital Louis Pradel-Hospices civils de Lyon.