Quelles sont les causes connues d'un lymphome non hodgkinien ?
On ne connaît pas les causes exactes de la survenue d’un lymphome non hodgkinien. La recherche a mis en évidence différents facteurs de risque tels que les antécédents familiaux, le statut immunitaire ou encore l’exposition à des produits toxiques. Toutefois, seul un tiers des cas de lymphome non hodgkinien s’explique par la présence d’un ou deux de ces facteurs de risque.
01 avril 2025 Dernière mise à jour : 08-04-2026
S’il n’existe pas de prédisposition génétique forte aux lymphomes, les antécédents familiaux augmentent légèrement le risque de survenue de ces maladies. Les personnes immunodéprimées (par une maladie ou par des traitements immunosuppresseurs) sont elles aussi plus à risque de développer ces maladies. Enfin, l’exposition à certains toxiques, et notamment les pesticides, est reconnue comme un facteur causal du lymphome, ouvrant des droits à une reconnaissance de maladie professionnelle.
Les facteurs de risque familiaux
On sait qu’un individu dont un membre de la famille a été touché par un lymphome non hodgkinien a un risque un peu plus important de développer un lymphome non hodgkinien qu’un individu ne présentant pas d’antécédent familial.
En outre, pour certains LNH comme le lymphome diffus à grandes cellules B, plus le nombre de membres touchés au sein d’une même famille est important, plus le risque est élevé. Le rôle de l’histoire familiale dans la survenue des lymphomes non hodgkiniens a conduit les scientifiques à rechercher d’éventuels facteurs génétiques. Certains gènes impliqués dans l’immunité sont ainsi en train d’être validés comme facteurs susceptibles d’augmenter le risque de développer ce type de cancer.
Les facteurs de risque infectieux
Des agents infectieux, en stimulant de manière chronique le système immunitaire, sont directement impliqués dans la survenue de certains lymphomes : c’est le cas de la bactérie Helicobacter pylori ou du virus de l’hépatite C (VHC), dont l’éradication est une stratégie thérapeutique suffisante pour guérir certains lymphomes.
D’autres virus infectent directement les lymphocytes et sont responsables de leur transformation cancéreuse : c’est le cas du virus d’Epstein-Barr (EBV), ou du virus HTLV1. Selon les estimations, entre 3 et 8 % des personnes infectées par ce virus développent un cancer de type leucémie ou lymphome. Appelé ATLL (Adult T-cell leukemia/lymphoma), il s’agit d’un cancer très agressif et d’évolution rapide, qui résiste à la chimiothérapie.
L’EBV appartient à la grande famille des virus de l’herpès. Il infecte les lymphocytes B. Dans la grande majorité des cas, cette infection est asymptomatique, ou conduit à une maladie bénigne appelée la mononucléose infectieuse. Mais dans certains cas, des années après l’infection, les cellules infectées peuvent se transformer en cellules cancéreuses. Le mécanisme moléculaire a été partiellement identifié et les chercheurs s’attellent à mieux comprendre ce mécanisme.
Les facteurs de risque environnementaux
L’apparition d’un lymphome non hodgkinien peut aussi être liée à l’exposition professionnelle à des produits toxiques (comme les dioxines produites par les incinérateurs, les solvants ou encore les encres), ou aux poussières de bois. En 2013, une expertise de l’Inserm a conclu à une présomption forte d’un lien entre l’exposition aux pesticides et les lymphomes non hodgkiniens ; ce lien a été confirmé dans une nouvelle expertise menée en 2021, qui a en outre pointé certaines substances actives (malathion, diazinon, lindane, DDT) et une famille chimique de pesticides (les organophosphorés). L’Inserm a également confirmé l’avis de l’IARC concernant le glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde, avec une présomption moyenne de lien. Depuis 2015, le LNH est d’ailleurs reconnu comme maladie professionnelle pour les travailleurs du secteur agricole. Des études sont en cours pour affiner le lien entre exposition aux pesticides et apparition d’un lymphome non hodgkinien.
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pierre Sujobert, service d’hématologie biologique et d’hémostase clinique, hôpital Louis Pradel-Hospices civils de Lyon.