Qu’est-ce qu’un lymphome non hodgkinien ?

Un lymphome est un cancer qui se développe aux dépens de certaines cellules du système de défense de l’organisme. On distingue les lymphomes hodgkiniens (ou maladie de Hodgkin) et les lymphomes non hodgkiniens parmi lesquels les lymphomes B et les lymphomes T. Globalement, les lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens représentent environ la moitié des cancers du sang et 6 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancer annuels en France.

01 avril 2025 Dernière mise à jour : 08-04-2026

Le système lymphatique

Dans le corps humain, une infection ou la multiplication de cellules cancéreuses peuvent déclencher des réactions de défense. L’ensemble de ces réactions, assurées par de très nombreux acteurs et régulées très finement, constitue le système immunitaire. Ce mode de défense s’appuie sur le système lymphatique, qui est constitué des ganglions lymphatiques (on en dénombre plus de 600 répartis dans tout l’organisme) et des organes dits « lymphoïdes » comme la rate, la moelle osseuse, les amygdales et le thymus.

L’ensemble est relié par un réseau de vaisseaux microscopiques dans lesquels circule la lymphe. Ce liquide, constamment filtré par les ganglions et les organes lymphoïdes, contient certains globules blancs, les lymphocytes, dont le rôle est d’assurer la défense de l’organisme.
Il existe deux catégories de lymphocytes :

  • les lymphocytes B, qui produisent des anticorps capables de se lier aux cibles ; ces dernières sont ensuite détruites par différents mécanismes du système immunitaire ;
  • les lymphocytes T, qui reconnaissent et suppriment directement la cellule infectée ou anormale, et régulent l’ensemble de la réponse immune.

Les lymphomes

Les lymphomes sont des cancers des lymphocytes. Ils sont dus à une multiplication incontrôlée des lymphocytes B ou des lymphocytes T. L’accumulation de cellules anormales conduit à la formation de masses cancéreuses à différents endroits du système lymphatique, le plus souvent au niveau des ganglions. Les lymphocytes circulant dans tout l’organisme, le lymphome peut potentiellement toucher tous les organes.

Système Lymphatique
Système Lymphatique

Les lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens

On distingue en premier lieu deux grandes catégories de lymphomes : les lymphomes hodgkiniens et les lymphomes non hodgkiniens. L’analyse au microscope des ganglions atteints permet d’identifier le type de lymphome dont il s’agit.

Décrite par le médecin britannique Thomas Hodgkin en 1832, la maladie de Hodgkin touche en particulier les jeunes adultes (entre 20 et 40 ans). Elle se caractérise par la présence dans les ganglions de cellules de Reed-Sternberg qui dérivent de lymphocytes B. Aujourd’hui, les spécialistes préfèrent parler de lymphome hodgkinien ou de lymphome de Hodgkin pour mieux souligner le fait que la maladie de Hodgkin appartient à la famille des lymphomes. Elle représente 10 % des lymphomes.

Les lymphomes non hodgkiniens (LNH), eux, apparaissent plus fréquemment chez les personnes plus âgées (au-delà de 60 ans). Ils forment un vaste groupe d’environ 80 maladies.

On trouve deux sous-types principaux :

  • les lymphomes non hodgkiniens qui se développent à partir des lymphocytes B ; ce sont les plus fréquents, ils représentent 85 % des LNH ;
  • les lymphomes non hodgkiniens qui se développent à partir des lymphocytes T ou des cellules NK (Natural Killer), représentant 15 % des cas.

En plus de ces classifications anatomopathologiques, les cliniciens distinguent les lymphomes indolents (à évolution lente) des lymphomes agressifs (à évolution plus rapide). Diagnostiqués tôt, les lymphomes agressifs peuvent être guéris grâce à des traitements assez lourds. S’ils se développent plus lentement, les lymphomes indolents sont considérés comme incurables, mais les traitements actuels permettent de contrôler la maladie pendant de nombreuses années.

Les lymphomes non hodgkiniens en chiffres

Selon l’Institut national du cancer (1), 22 000 personnes étaient touchées par un lymphome non hodgkinien en 2018, avec une prédominance masculine (58 % des cas). L’incidence de ces cancers a pratiquement doublé en France en vingt ans, ce qui les situe à la sixième position des cancers féminins et à la septième position des cancers masculins. Cette hausse pourrait être liée à l’exposition croissante aux facteurs de risque environnementaux, – au premier rang desquels les pesticides –, ainsi qu’au vieillissement de la population.

(1) Comprendre le lymphome non hodgkinien, INCa et Ensemble Leucémie Lymphomes Espoir, septembre 2019.

Les principaux lymphomes non hodgkiniens

Parmi les lymphomes non hodgkiniens (2), on distingue :

  • le lymphome diffus à grandes cellules B. Avec 5 071 nouveaux cas diagnostiqués en France en 2018, il s’agit de la forme la plus fréquente de lymphomes non hodgkiniens. C’est un lymphome agressif, se caractérisant sur le plan anatomopathologique par la présence de cellules tumorales B de grande taille, qui infiltrent de façon diffuse le tissu ganglionnaire ;
  • le lymphome lymphocytique, aussi appelé leucémie lymphoïde chronique (LLC). Avec 4 674 cas diagnostiqués en 2018, c’est une maladie qui se développe très lentement, sur de nombreuses années ;
  • le lymphome folliculaire (3 066 nouveaux cas en 2018). Il se développe à partir de lymphocytes B cancéreux qui se regroupent en amas arrondis dans les ganglions ou d’autres tissus atteints, d’où l’adjectif « folliculaire ». C’est un lymphome indolent, dont l’évolution lente est marquée par des phases de rémission prolongée ;
  • le lymphome de la zone marginale (2 790 cas diagnostiqués en 2018). C’est en réalité un groupe hétérogène de lymphomes de type B, comprenant les lymphomes du tissu lymphoïde associé aux muqueuses (acronyme MALT en anglais), les formes ganglionnaires qui affectent les ganglions et la moelle osseuse, et les formes spléniques touchant la rate. Ce sont également des lymphomes indolents ;
  • le lymphome à cellules du manteau (887 cas en 2018). Il affecte les lymphocytes B présents dans une zone particulière du ganglion lymphatique, appelée « zone du manteau ». L’incidence de ce lymphome, qui touche trois fois plus les hommes que les femmes, est en forte hausse depuis plusieurs années ;
  • les lymphomes T périphériques. Ils se développent aux dépens des lymphocytes T. C’est un ensemble de maladies hétérogènes, selon le type de cellule T touchée, et qui sont globalement plus rares (1 777 nouveaux cas annuels en France).

 

(2) Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018. Volume 2 – Hémopathies malignes. Étude à partir des registres des cancers du réseau Francim. Saint-Maurice (Fra) : Santé publique France, 2019.

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Pierre Sujobert, service d’hématologie biologique et d’hémostase clinique, hôpital Louis Pradel-Hospices civils de Lyon.