Quelles sont les causes connues du myélome multiple ?

Aujourd’hui, il est encore difficile de dire pourquoi certains plasmocytes deviennent anormaux et se mettent à s’accumuler de façon incontrôlée ; c’est un enjeu majeur de la recherche pour les années à venir.

01 octobre 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026

La gammapathie monoclale de signification indéterminée (GMSI ou MGUS)

La gammapathie monoclale de signification indéterminée (GMSI) est un trouble qui n’entraîne pas de symptôme visible, mais se caractérise par la présence de plasmocytes dans la moelle osseuse en quantité anormale. Elle précède dans la majorité des cas l’apparition d’un myélome et est découverte le plus souvent fortuitement à l’occasion d’un examen sanguin. La GMSI est présente chez plus de 3 % des personnes âgées de plus de cinquante ans. Sur l’ensemble des patients concernés, seule une petite proportion verra leur GMSI évoluer en myélome et aucun signe ne permet d’identifier les profils à risque. Il n’existe pas à ce jour de traitement de la GMSI. Un suivi est proposé aux personnes concernées.

Selon les résultats de l’étude européenne EPILYMPH1, les pesticides joueraient un rôle néfaste et seraient le seul facteur de risque avéré. En effet, selon une étude récente2, la prévalence des gammapathies monoclonales de signification indéterminée serait deux fois supérieure chez des agriculteurs par rapport à celle de la population générale.

1. C. Perrotta et al. Multiple Myeloma and lifetime occupation: results from the EPILYMPH study. Journal of Occupational Medicine and Toxicology. 2011;7(1):25
2. Agriculture et hémopathies malignes chez l’adulte Quel rôle des expositions professionnelles aux pesticides ? Amandine Busson, Anne-Claire Gac, Bérengère Gruson, Matthieu Meryet-Figuière, Isabelle Baldi, Séverine Tual, Pierre Lebailly, Revue Médecine/sciences 2020 ; 36 (hors-série n° 1) : 16-22.

L’exposition accidentelle à des radiations ionisantes à de fortes doses

C’est un facteur de risque suspecté. Cependant, une large étude américaine portant sur les travailleurs de l’industrie nucléaire a montré peu de signes d’associations entre une exposition faible aux rayonnements ionisants et le risque de décès par myélome3.

3. Leuraud et al, Ionising radiation and risk of death from leukaemia and lymphoma in radiation-monitored workers: an international study, The Lancet Haematology, vol 7, issue 2, PE 276-E281, july 2015.

Les lysolopides LGL1

Une autre piste est la stimulation chronique du système de défense de l’organisme par des lipides présents dans le sang4 appelés lysolipides LGL1. Ce phénomène favoriserait la perte de contrôle des plasmocytes et serait, dans un contexte inflammatoire bien particulier, à l’origine du développement
d’un myélome.

4. Nair, S. et al ; Clonal Immunoglobulin against Lysolipids in the Origin of Myeloma ; New England Journal of Medicine; 11 février 2016.

Le facteur génétique

Il existe de très rares formes familiales. On constate en effet que dans certaines familles où un membre est (ou a été) atteint d’un myélome, d’autres cas peuvent être détectés. Cela dit, dans la grande majorité des cas de myélome, on ne retrouve pas d’antécédents familiaux.

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.