Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le myélome multiple ?
La Fondation ARC soutient des équipes de recherche qui travaillent afin de mieux comprendre comment se développent les myélomes multiples, d’identifier des leviers à activer pour améliorer l’efficacité des thérapies existantes ou pour mettre au point de nouvelles stratégies de traitement.
01 octobre 2023 Dernière mise à jour : 05-05-2026
De 2020 à 2024, 20 projets de recherche portant sur les myélomes multiples ont reçu le soutien de la Fondation ARC, pour un montant total de 3,8 millions d’euros.
Mieux comprendre le développement des myélomes multiples
De nombreux projets soutenus par la Fondation ARC s’intéressent aux mécanismes qui sous-tendent le développement de la maladie. L’un des projets que nous soutenons se focalise par exemple sur l’impact d’une défaillance dans un mécanisme cellulaire de surveillance des ARN, observée dans les cellules cancéreuses des myélomes multiples. L’enjeu est de comprendre l’effet de cette anomalie sur l’instabilité génomique des cellules et, potentiellement, sur d’autres aspects de la biologie du myélome. Les résultats de cette équipe pourraient offrir de nouveaux outils diagnostiques et pronostiques et dégager de nouvelles perspectives de stratégies thérapeutiques.
D’autres projets de recherche se penchent sur le génome des cellules de myélome, pour décrire les modifications qui surviennent dans l’organisation en trois dimensions de l’ADN au sein du noyau des cellules. Ces modifications seraient en effet associées à la transformation cancéreuse des plasmocytes, à l’origine du développement d’un myélome.
Enfin, des travaux questionnent le rôle de facteurs susceptibles d’augmenter le risque de développer un myélome multiple. Une équipe d’épidémiologistes et de médecins en santé publique s’intéresse ainsi au poids des pesticides sur la survenue et la mortalité de certains cancers, dans des populations de professionnels qui ont été exposés au chlordécone entre 1973 et 1993 dans les bananeraies des Antilles françaises.
Mieux anticiper les réponses aux traitements
Pour optimiser l’usage des nombreux traitements existants, plusieurs équipes soutenues par la Fondation ARC s’attachent à décrire le plus précisément possible les caractéristiques moléculaires des cellules cancéreuses, aux premiers temps du diagnostic comme à la suite des différentes lignes de traitement ; l’objectif étant d’identifier des mécanismes qui déterminent la réponse aux différentes thérapies et d’établir des critères fiables pour administrer le meilleur traitement au bon moment à chaque patient.
Des chercheurs s’intéressent aussi aux caractéristiques du microenvironnement dans lequel évoluent les cellules cancéreuses, et notamment la composante immunitaire de celui-ci. Ce contexte contribue en effet, autant que les cellules cancéreuses elles-mêmes, à la réponse aux traitements, d’autant plus quand il s’agit d’immunothérapies.
À ces fins, plusieurs projets s’appuient sur l’analyse de la plus grande banque d’échantillons de myélomes multiples au monde, créée et perpétuellement enrichie par des équipes de médecins et de chercheurs toulousains que nous soutenons.
Enfin, une équipe a initié un important programme de recherches visant à identifier des marqueurs permettant de prédire la réponse des patients atteints de myélome et traités par des anticorps bispécifiques.
Mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques
Si les options thérapeutiques sont nombreuses face aux myélomes multiples – et obtiennent des résultats significatifs –, elles ne permettent pour l’instant de parler de guérison que dans certains cas seulement. En ce sens, certains travaux visent à faire émerger de nouvelles pistes d’immunothérapies. C’est le cas, notamment, d’une stratégie qui ciblerait la protéine CD39, impliquée dans le métabolisme de certaines cellules immunitaires importantes pour lutter contre les myélomes.
Dans une autre équipe, c’est encore une piste liée au métabolisme qui est explorée, dans laquelle la protéine CD39 pourrait d’ailleurs aussi être impliquée. Dans ce cas, les chercheurs s’intéressent à la production d’adénosine dans le microenvironnement du myélome et à son effet sur l’immunité anti-tumorale. Les investigations sont encore fondamentales mais l’objectif est bien de développer et d’évaluer des molécules capables d’interférer avec ce nouveau point de contrôle immunitaire qui n’a encore jamais été exploité.
Enfin, une équipe s’intéresse à des mécanismes de mort cellulaire programmée qui sont altérés dans les cellules de myélome multiple
et met ainsi au point des molécules de thérapie ciblée qui pourraient être capables de les restaurer.
Références
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.