La chimiothérapie dans le traitement du sarcome osseux

La chimiothérapie repose sur une combinaison de différents médicaments : certains détruisent directement les cellules tumorales et d’autres empêchent leur prolifération.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 05-05-2026

La chimiothérapie repose sur une combinaison de différents médica­ments : certains détruisent directement les cellules tumorales et d’autres empêchent leur prolifération. Ces médicaments sont administrés par perfusion. Pour éviter un trop grand nombre de piqûres dans les veines, un cathéter peut être mis en place, généralement au niveau de la clavicule. Le traitement est ponctué de phases de repos. On parle de « cycles » de « cures de chimiothérapie », dont le nombre est déterminé par le médecin.

 

La chimiothérapie néoadjuvante

Le traitement des ostéosarcomes et du sarcome d’Ewing débute par une chimiothérapie appelée « néoadjuvante » qui est administrée avant la chirurgie. Ces séances de chimiothérapie ont pour objectif de bloquer la progression de la maladie, de réduire la taille de la tumeur et de limiter une éventuelle dissémination des cellules cancéreuses dans l’organisme.

Pour les ostéosarcomes, la chimiothérapie néoadjuvante associe plu­sieurs médicaments (méthotrexate, ifosfamide et vépéside) et dure en général un à trois mois.

Pour le sarcome d’Ewing, elle associe en général quatre molécules choisies parmi un large panel (doxorubicine, actinomycine D, cyclophosphamide, ifosfamide, vincristine, étoposide, busulfan, melphalan ou carboplatine). Sa durée est variable.

Les chondrosarcomes ne sont pas concernés par ce traitement, car ces tumeurs ne sont pas sensibles à la chimiothérapie.

 

La chirurgie et la chimiothérapie adjuvante

La chimiothérapie néoadjuvante est suivie d’une résection de la tumeur dite « en bloc large » c’est-à-dire éliminant complètement la masse tumorale pour ne laisser que du tissu sain.

La tumeur prélevée fait l’objet d’un examen anatomopathologique réalisé par un médecin anatomopathologiste. Cette analyse a pour but de déterminer le pourcentage de cellules cancéreuses vivantes après la chimiothérapie néoadjuvante. Cela permet de savoir si la chimiothérapie initiale a été efficace, et, en fonction de la réponse thérapeutique, de déterminer si le patient est bon ou mauvais répondeur. Lorsque moins de 10 % des cellules cancéreuses sont vivantes après la chimiothérapie, on considère que le patient est bon répondeur.

Cette étape est suivie d’une nouvelle chimiothérapie appelée « adjuvante », qui vise à compléter l’effet de la première. Cette chimiothérapie peut être identique à la première ou adaptée, selon la réponse thérapeutique du patient et sa tolérance au traitement initial. Débuté quelques semaines après le retrait de la tumeur, ce traitement dure entre deux et cinq mois.

Dans le cas d’un sarcome d’Ewing, la chimiothérapie néoadjuvante est suivie d’un traitement chirurgical et/ou de radiothérapie et complété par une chimiothérapie adjuvante. Le traitement dure une année.

 

Les effets secondaires

Les effets secondaires induits par la chimiothérapie dépendent directe­ment de la nature du médicament utilisé : il peut s’agir de diarrhées, de vomissements, d’une chute de cheveux, d’un risque plus élevé d’infections lié à la baisse du taux de certaines cellules sanguines… Dans la plupart des cas, un traitement est proposé pour réduire, voire éliminer ces manifesta­tions. Pilier du traitement contre l’ostéosarcome, le méthotrexate à haute dose présente une toxicité importante. Pour toutes les molécules utilisées pendant la chimiothérapie, les oncologues prêtent une attention toute particulière à la survenue des premiers signes d’intoxication (comme l’insuffisance rénale pour le méthotrexate ou la toxicité sur la vessie de l’ifosfamide) afin d’y remédier.[1]

 

Le cas des chondrosarcomes

Les agents de chimiothérapie ne sont pas efficaces sur la majorité des chondrosarcomes, ce qui explique que le traitement de ces tumeurs repose surtout sur la chirurgie. Les médecins l’expliquent par une difficulté d’accès à la tumeur à cause d’une trop faible diffusion des médicaments dans le tissu cartilagineux. Des molécules de thérapie ciblée sont évaluées dans le cadre d’essais cliniques.

 

[1] Reutenauer, « Surdosage au méthotrexate : complications, prise en charge et prévention », Réanimation, 2009

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Dominique Heymann, Directeur du laboratoire « Physiopathologie de la Résorption Osseuse et Thérapie des Tumeurs Osseuses Primitives », UMR 957 (Inserm, Université de Nantes, CHU de Nantes).