La chirurgie dans le traitement du sarcome osseux

Qu’il débute par une chimiothérapie ou pas, le traitement des sarcomes osseux fait toujours intervenir la chirurgie, en dehors de très rares cas pour lesquels la chirurgie entrainerait un risque majeur pour le patient, notamment en cas de tumeur à proximité de la colonne vertébrale.

01 février 2026 Dernière mise à jour : 05-05-2026

La chirurgie est généralement effectuée quelques semaines après la dernière cure de chimiothérapie initiale. Le traitement chirurgical d’un sarcome osseux est un acte très spécialisé qui nécessite une grande expertise, le risque de rechute étant directement lié à la qualité de l’intervention. C’est pourquoi l’équipe médicale doit orienter le patient vers le réseau Netsarc+, qui réunit les meilleurs professionnels dans ce domaine (oncologues, chirurgiens, anatomopathologistes, radiothérapeutes, etc.).

 

La technique

Le chirurgien ôte la tumeur lors d’une intervention préparée minutieusement grâce aux clichés d’imagerie. Afin d’éviter une récidive locale, le chirurgien procède à une ablation élargie pour être certain de ne laisser aucune cellule cancéreuse. Ainsi, la chirurgie d’un sarcome osseux consiste à retirer la tumeur en passant à distance de celle-ci, en intégrant des tissus sains voisins ainsi que les tissus qui se trouvaient sur le trajet emprunté par les médecins pour effectuer la biopsie. L’objectif du chirurgien est également de préserver au mieux l’os, les articulations et les structures anatomiques importantes. Conserver l’articulation et donc la fonctionnalité est une des préoccupations centrales de l’équipe multidisciplinaire en charge des traitements. Toutefois, dans moins de 10 % des cas, une amputation s’avère nécessaire lorsqu’il est impossible de conserver l’os sain avec une tumeur très envahissante. Ce chiffre tend à diminuer en raison de diagnostics plus rapides grâce à la mise en place du réseau Netsarc+.

Quelle que soit l’option privilégiée, l’équipe médicale reçoit le patient et sa famille en entretien afin d’expliquer l’opération, ses conséquences et les choix envisagés pour la reconstruction.

 

La reconstruction

La chirurgie est dite conservatrice, car l’élimination de la masse tumorale est suivie d’une reconstruction osseuse.

Généralement réalisée lors de la même intervention que l’exérèse de la tumeur, la reconstruction vise à minimiser les handicaps liés à l’opération. Il s’agit notamment de conserver la mobilité du membre opéré, de se rap­procher au mieux de l’anatomie normale, mais aussi de garantir une crois­sance harmonieuse pour les jeunes patients.

Il existe différentes techniques de reconstruction[1] . Quand le membre est conservé, une reconstruction biologique par greffe (allogreffe ou autogreffe) ou la pose d’une prothèse peuvent être réalisées. En cas d’amputation, la mise en place d’une prothèse externe, réalisée sur mesure, est proposée.

 

L’autogreffe et l’allogreffe

Le chirurgien peut réaliser une reconstruction par greffe osseuse. Il s’agit de remplacer la partie de l’os manquante par un autre morceau d’os. Celui-ci peut provenir du patient lui-même. C’est alors une autogreffe. Mais le plus souvent, le morceau d’os provient d’une banque d’os où sont conservés les tissus osseux des donneurs ayant autorisé les prélèvements de tissu ou d’organes après leur décès. On parle d’allogreffe. Dans cette situation où l’os a été débarrassé de ses vaisseaux sanguins, la consolidation est difficile et le risque de fracture reste élevé jusqu’à trois ans après l’intervention. Autre type de greffe particulièrement intéressante pour les enfants : l’auto­greffe d’os vascularisé (le plus souvent le péroné, un des os de la jambe). Le greffon est transplanté avec ses veines et artères. Comme l’os est vivant, la consolidation est meilleure et l’os garde une bonne capacité à croître.

 

La prothèse

Enfin, le chirurgien peut opter pour la pose d’une prothèse. Pour les enfants et adolescents, il existe des prothèses de croissance. Dans tous les cas, l’équipe médicale expliquera au patient et sa famille les séquelles possibles de ce type de reconstruction.

 

[1] Mary et coll, « Les séquelles orthopédiques après tumeurs de l’appareil locomoteur », Bull Cancer, 2015

Références

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Dominique Heymann, Directeur du laboratoire « Physiopathologie de la Résorption Osseuse et Thérapie des Tumeurs Osseuses Primitives », UMR 957 (Inserm, Université de Nantes, CHU de Nantes).