Vivre avec et après un cancer du pancréas

Dès l’annonce de la maladie, le patient atteint d’un cancer du pancréas peut bénéficier de soins de support pour l’aider à faire face à la maladie. Après le traitement, une surveillance personnalisée sera mise en place.

01 janvier 2025 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Les soins de support

Les soins oncologiques de support représentent tous les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades pendant et après la maladie, en plus des traitements contre le cancer lui-même. Parmi les soins de support les plus importants dans le cancer pancréatique figurent le soutien psychologique, la prise en charge nutritionnelle et le soulagement de certains symptômes liés à la maladie et ses traitements : douleurs, troubles digestifs…

Brochure : Les soins de support en cancérologie
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Les Soins De Support En Cancerologie
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Le soutien psychologique

Pour le patient comme pour ses proches, l’annonce d’un cancer constitue un traumatisme. Au cours de la prise en charge, la personne malade peut éprouver des sentiments allant de l’optimisme au désespoir, du courage à l’anxiété selon les moments. Parler de ses ressentis peut aider le patient à mieux accepter la maladie. Le soutien émotionnel lui permet de ne pas perdre pied et de limiter les baisses de moral. Il contribue à améliorer la qualité de vie du patient et à mieux adhérer aux traitements contre le cancer, ce qui contribue à leur efficacité. Pour s’impliquer pleinement dans sa prise en charge, le patient devrait donc pouvoir être entouré de ses proches et du personnel soignant. L’important est qu’il puisse exprimer ses peurs et trouver des réponses à ses questions.

Un soutien spécialisé par un psychologue ou un psycho-oncologue est généralement proposé au sein de l’établissement prenant en charge le patient. Ces professionnels ont la formation et l’expérience nécessaires pour écouter et épauler les patients atteints de cancer et leur entourage dans l’objectif de les accompagner et de tenter de soulager leurs souffrances émotionnelles.

Ce suivi est précieux tout au long de la prise en charge, mais aussi après les traitements : la fin de la présence constante de l’équipe hospitalière et des proches peut parfois occasionner du désarroi chez le patient.

Livret : Prendre soin de sa santé mentale

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Les associations de patients

Très actives, elles proposent des permanences téléphoniques et des groupes d’échange offrant aux patients ou leurs proches l’occasion de dialoguer avec des personnes touchées directement ou indirectement par le cancer. Elles leur permettent d’obtenir de nombreuses informations pratiques, mais aussi de se sentir comprises, soutenues et encouragées.

La prise en charge de la douleur

Le cancer du pancréas occasionne souvent des douleurs car la tumeur appuie sur un réseau de nerfs situé à proximité. Ces douleurs peuvent être importantes. La chirurgie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux peuvent également engendrer des douleurs.

Les douleurs associées au cancer et à ses traitements sont toujours prises en compte, régulièrement évaluées et prises en charge par l’équipe soignante pour améliorer la qualité de vie du patient. Médicaments antalgiques de type morphiniques (par voie orale ou si besoin par intraveineuse), approches complémentaires (hypnose, relaxation…) : le médecin détermine les traitements appropriés en fonction du ressenti du patient et de son état de santé.

En outre, il existe une méthode particulière pour l’antalgie des douleurs du cancer du pancréas d’un patient qui ne peut être opéré. Appelée alcoolisation du plexus cœliaque, elle consiste à injecter de l’alcool pour détruire les nerfs à proximité du pancréas, responsables des douleurs. Elle peut diminuer le besoin de médicaments antalgiques.

En réduisant le volume de la tumeur, la chimiothérapie et la chimio-radiothérapie participent également au soulagement des douleurs. Enfin, des métastases osseuses douloureuses peuvent être traitées par radiothérapie. Dans ce cas, les rayons sont focalisés sur la zone métastasée ; quelques séances suffisent généralement pour réduire la douleur.

Livret : Apaiser les douleurs du cancer

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La prise en charge diététique et nutritionnelle

Avant même de commencer les traitements du cancer du pancréas, l’état nutritionnel du patient (alimentation, poids…) est évalué, notamment pour corriger toute dénutrition. Une dénutrition et une perte de masse musculaire concernent jusqu’à deux patients sur trois atteints d’un cancer du pancréas. Elles sont dues à la maladie elle-même, à la perte d’appétit, aux troubles digestifs et/ou aux effets indésirables des traitements anticancéreux. La dénutrition est toujours prise en charge dans le cadre des soins de support car elle diminue la qualité de vie du patient et nuit à l’efficacité ainsi qu’à la tolérance des traitements. Une nutrition entérale (par sonde nasogastrique) peut être préconisée.

D’autres interventions peuvent corriger un état nutritionnel altéré, telles qu’une supplémentation en nutriments et la prescription d’une activité physique adaptée aux capacités du patient. Elles lui permettent de garder ses forces et un bon poids, mais aussi de mieux réguler sa glycémie. Tout au long de la prise en charge, un diététicien suivra l’état nutritionnel du patient pendant et après les traitements et l’aidera à mettre en place les principes d’alimentation adéquats en fonction de sa situation.

Livret : "À table !"

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La prise en charge des suites de chirurgie

L’ablation de la tumeur peut engendrer des effets indésirables transitoires ou durables, comme les troubles digestifs et métaboliques. En effet, la partie de pancréas qui a pu être laissée en place est parfois insuffisante pour remplir ses fonctions habituelles :

• lorsque la sécrétion résiduelle des enzymes et des sucs nécessaires à la digestion est insuffisante, cela entraîne des troubles digestifs avec des selles grasses et des ballonnements. Des médicaments appelés extraits pancréatiques sont prescrits au patient au long cours pour combler le déficit : ils contiennent les enzymes normalement produites par le pancréas ;

 lorsque le pancréas ne peut plus sécréter d’insuline en quantité suffisante, il ne peut plus réguler la glycémie. Le patient souffre alors d’un diabète qui doit être traité quotidiennement par des médicaments ou de l’ insuline selon la sévérité.

Certaines conséquences de la chirurgie sont liées aux opérations subies par les organes voisins du pancréas (estomac, duodénum, vésicule biliaire, rate) :

• en cas de duodénopancréatectomie céphalique, une digestion difficile du fait d’un ralentissement de la vidange gastrique survient parfois. Les troubles diminuent en quelques semaines après l’opération et peuvent être soulagés par des médicaments qui accélèrent la vidange de l’estomac. L’apparition d’un ulcère gastrique est possible : elle sera prévenue par des médicaments qui diminuent la production d’acidité gastrique (inhibiteurs de la pompe à protons). Une diarrhée peut également se manifester : des médicaments ralentissant le transit peuvent être prescrits. Il est également préconisé de fractionner les repas, c’est-à-dire de faire des repas moins copieux et plus fréquents, mieux répartis sur la journée ;

• En cas de splénopancréatectomie gauche, il existe un risque accru d’infection, notamment pulmonaire, car la rate joue un rôle important dans les défenses immunitaires. Juste avant ou dans le mois après une telle opération, sont recommandées les vaccinations contre le pneumocoque, Haemophilus Influenza et le méningocoque C, ainsi que la prise d’un antibiotique pendant deux ans et une vaccination contre la grippe chaque année.

La gestion de la fatigue

Dans le cancer du pancréas, la fatigue est souvent présente et a plusieurs origines. Elle peut être due à l’inflammation de l’organisme qu’entraîne la maladie elle-même, la perte de poids, les douleurs, les effets indésirables des traitements, une anémie, une dépression… L’équipe soignante va s’efforcer de traiter certaines causes de la fatigue du patient, par exemple une alimentation enrichie contre la dénutrition, des médicaments contre l’anémie, etc.

Elle pourra également conseiller des siestes, du repos ou encore une activité physique adaptée aux capacités du patient, dont l’effet sur la fatigue liée au cancer est reconnu.

Livret : Vaincre la fatigue

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Une aide pratique

Le cancer bouscule la vie quotidienne, familiale et professionnelle. Cela peut nécessiter d’engager différentes démarches administratives qui peuvent être longues et compliquées : arrêt de travail, aide à domicile, garde d’enfants, aménagement de l’habitation… Le service d’assistance sociale de l’établissement de soins qui prend en charge le patient et le médecin traitant peuvent aider le patient et ses proches à les réaliser. Les associations peuvent aussi être sollicitées.

La surveillance après les traitements

À l’issue du protocole de soins, la surveillance régulière est essentielle. Elle permet de suivre l’évolution de l’état de santé du patient, de prendre en charge les conséquences des traitements et de repérer au plus tôt toute récidive de la maladie. Elle se fonde notamment sur l’examen clinique, l’imagerie (scanner) ainsi que les dosages du taux sanguin de CA19-9 et de la glycémie.

Ces examens sont prévus tous les trois mois pendant les deux premières années, tous les six mois pendant les trois années suivantes puis tous les ans pendant cinq ans. Un suivi minimal de dix ans est préconisé. De son côté, le patient doit consulter sans délai en cas d’apparition de tout symptôme nouveau, inquiétant ou inexpliqué : jaunisse, perte d’appétit, troubles digestifs…

En France, le taux de survie du cancer du pancréas a doublé entre 1990 et 2015. Dans le monde, il aurait également doublé au cours des dix dernières années grâce aux progrès dans compréhension de la maladie et les traitements. Cependant, le cancer du pancréas reste une maladie au pronostic réservé, car le risque de rechute est élevé : parfois, un nouveau traitement anticancéreux pourra être proposé dans le cadre d’un essai clinique.

Les contacts utiles

L’Institut national du cancer (INCa)

Consacre un dossier sur les cancers du pancréas et propose un service d’informations et d’écoute au 0 805 123 124 (service et appel gratuits du lundi au vendredi, de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h)

www.e-cancer.fr

 

La Ligue contre le cancer

Est une association loi 1901 reconnue d’utilité publique et composée de 103 comités départementaux sur tout le territoire national et en Outre-mer.

www.ligue-cancer.net/

Ecoute, aide et soutien : 0 800 940 939 (numéro vert)

 

Arcagy

Propose un dossier sur les cancers du pancréas.

www.arcagy.org/infocancer

 

La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) 

Consacre un dossier au cancer du pancréas.

www.snfge.org

 

La Fédération francophone de cancérologie digestive (FFCD)

Propose un site Internet d’informations avec un accès dédié au grand public.

www.ffcd.fr

 

La Fondation aide et recherche en cancérologie digestive (ARCAD)

Propose de l’aide et des informations aux patients atteints de cancers digestifs, dont le pancréas.

www.fondationarcad.org

 

Le Groupe coopérateur multidisciplinaire en oncologie (GERCOR)

Propose des informations à destination du grand public sur le cancer du pancréas.

www.canceronet.com , onglet « grand public », puis « les types de cancers ».

 

Unicancer

Réunit les 20 centres de lutte contre le cancer dont les objectifs sont le soin, la recherche et l’enseignement.

www.unicancer.fr

 

Espoir Pancréas

Est la première association française regroupant malades et familles de malades du Cancer du Pancréas.

www.espoir-pancreas.fr

 

L’Association pour la recherche sur le cancer du pancréas (AFRCP)

A pour objectif d’améliorer la visibilité de la recherche française sur le cancer du pancréas et de fédérer les forces scientifiques et médicales pour faire avancer la recherche sur la maladie.

afrcp.org/fr

Ce dossier a bénéficié du concours du Pr Vinciane Rebours, cheffe du service de pancréatologie et oncologie digestive, hôpital Beaujon, AP-HP, université Paris-Cité – INSERM UMR1149.