Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer du pancréas ?

La Fondation ARC a fait de la lutte contre le cancer du pancréas une de ses priorités stratégiques.
Elle s’investit donc à la mesure de ce défi en finançant de grands programmes sur des enjeux cruciaux.

01 janvier 2025 Dernière mise à jour : 16-04-2026

60 projets de recherche sur le cancer du pancréas financés par la Fondation ARC
de 2020 à 2024, pour un montant de 10,1 millions d’euros.

L’amélioration de la prise en charge du cancer du pancréas est une préoccupation majeure nécessitant des efforts de recherche soutenus. La Fondation ARC a fait de la lutte contre le cancer du pancréas une de ses priorités stratégiques. Elle s’investit donc à la mesure de ce défi en finançant de grands programmes sur des enjeux cruciaux : mieux connaître la biologie des tumeurs pancréatiques et de leur microenvironnement, améliorer leur diagnostic précoce, évaluer des traitements innovants pour des patients non-opérables.

Vers une détection plus précoce de la maladie

La plupart des cancers du pancréas sont diagnostiqués à un stade avancé, alors difficile à traiter : la mise au point de méthodes de détection précoce peu invasives est donc primordiale.

Parmi les projets financés par la Fondation ARC, l’un a pour objectif d’allier intelligence artificielle et navigation GPS pour optimiser la technique actuelle de diagnostic. Deux autres projets portent sur l’identification de marqueurs sanguins du cancer du pancréas. L’un a pour objectif de définir par intelligence artificielle un ensemble de marqueurs sanguins les plus pertinents pour permettre un diagnostic d’une grande précision biologique (ADN tumoral circulant, cellules tumorales, protéines, etc.), l’autre d’identifier un marqueur d’anomalies immunitaires précoces spécifiques à la présence de lésions précancéreuses à risque d’évoluer en cancer ou de tumeurs aux tous premiers stades de la maladie.

Deux autres programmes se concentrent sur l’optimisation de l’imagerie. Une équipe combine l’IRM, le Pet-Scan avec un nouveau traceur et le scanner dit « spectral » afin d’élaborer un modèle prédictif chez les personnes atteintes d’un cancer du pancréas afin de détecter le plus tôt possible le début de formation de métastases pour mieux adapter la prise en charge. D’autres chercheurs développent un algorithme à partir de données d’IRM, d’analyses moléculaires et d’histologie pour un diagnostic d’une grande précision biologique réalisable à partir seulement d’un examen d’IRM.

Enfin, une équipe cherche à savoir évaluer le risque de transformation de kystes pancréatiques en cancer du pancréas en utilisant l’IA à partir des informations du scanner, de l’IRM et de l’analyse du liquide prélevé dans le kyste.

Des essais cliniques pour évaluer des traitements innovants

Avec le soutien de la Fondation ARC, un essai clinique évalue l’efficacité et l’innocuité de nouvelles associations de traitements associant immunothérapie et thérapie ciblée, de façon adaptée aux caractéristiques biologiques des tumeurs pancréatiques.

Un autre essai clinique soutenu par la Fondation évalue la pertinence d’une stratégie de traitement personnalisée basée sur un vaccin thérapeutique chez des patients d’emblée non opérables. Développé à partir d’une biopsie, ce vaccin pourrait stimuler les défenses immunitaires du patient pour cibler les cellules cancéreuses.

Une autre piste de recherche est suivie par une équipe qui vise de son côté à identifier des marqueurs issus de l’ARN tumoral pour prédire la sensibilité à la chimiothérapie néoadjuvante des patients atteints d’un cancer « borderline ». Elle évalue l’effet de l’adaptation du traitement selon ces marqueurs sur le pronostic des patients opérés.

Une équipe de recherche financée par la Fondation ARC teste quant à elle l’effet d’une chimiothérapie associée à un anticorps inhibant la Netrin-1, une molécule contribuant à la résistance des cellules cancéreuses. Cet anticorps, qui a déjà montré de bons résultats dans d’autres cancers, pourrait améliorer la sensibilité de la tumeur pancréatique à la chimiothérapie.

La recherche sur tous les fronts

De telles innovations ne pourraient être à l’étude sans une compréhension fine des mécanismes à l’œuvre dans les cancers du pancréas. Ce cancer est complexe, et il reste beaucoup à dire pour mieux en comprendre les mécanismes, améliorer les outils diagnostiques ou tester de nouveaux traitements.

En 2024, la Fondation ARC a lancé un appel à projets dédié à l’étude du stroma pancréatique, qui constitue l’environnement de la tumeur. Ce stroma contient différentes cellules (cancéreuses, tissulaires, immunitaires…), des vaisseaux sanguins et des nerfs qui ensemble, jouent un rôle important dans la biologie du cancer du pancréas et l’effet des traitements. Il apparaît donc comme une cible thérapeutique prometteuse.

Le Fonds pour Bertrand-Kamal, un fonds dédié à la recherche sur les cancers du pancréas

Le Fonds pour Bertrand-Kamal a vu le jour en 2020, en hommage à ce jeune homme charismatique, participant de l’émission Koh-Lanta et emporté en quelques semaines par un cancer fulgurant du pancréas.

Créé sous la responsabilité de la Fondation ARC par Denis Brogniart et ALP, la société de production de ce programme de divertissement, ce fonds est 100 % dédié au financement de projets de recherche d’excellence visant l’amélioration du dépistage et du diagnostic du cancer du pancréas, ainsi qu’une meilleure compréhension de ce cancer pour identifier de nouvelles thérapies.

En 2024, ce sont 150 516 euros qui ont à nouveau été levés portant à plus d’1,5 million d’euros les sommes totales collectées au profit du Fonds pour Bertrand-Kamal depuis sa création.

Merci à tous les donateurs, initiateurs, sportifs, entreprises, musiciens, associations qui ont rejoint ce combat. Grâce à leur mobilisation, ils ont soutenu des actions stratégiques et inédites dans leur ampleur contre ce cancer si complexe.

Découvrir le Fonds Pour Bertrand-Kamal

 

Ce dossier a bénéficié du concours du Pr Vinciane Rebours, cheffe du service de pancréatologie et oncologie digestive, hôpital Beaujon, AP-HP, université Paris-Cité – INSERM UMR1149.