Diagnostiquer un cancer après 75 ans
Le diagnostic de cancer est souvent tardif chez la personne âgée : l’un des objectifs est d’inverser cette tendance et de recueillir des informations diagnostiques complètes et précises pour mettre en place une prise en charge adaptée.
13 juin 2025 Dernière mise à jour : 16-07-2025
Un suivi médical régulier
En vieillissant, certaines personnes développent de nouveaux symptômes qu’elles attribuent alors à leur vieillissement ou aux pathologies chroniques dont elles sont déjà atteintes, qu’il s’agisse d’une atteinte cardiovasculaire ou ostéoarticulaire, d’une maladie respiratoire, ou de troubles de la mémoire ou de la cognition par exemple. Ainsi, elles hésitent ou ne pensent pas à consulter leur médecin et/ou à discuter avec lui de ces manifestations ; selon certaines études, environ 20 % des patients âgés attendraient près d’un an avant de consulter pour des signes cliniques clairement définis.
Derrière cet état de fait se cachent la crainte du cancer mais aussi la mauvaise connaissance des progrès thérapeutiques réalisés dans le domaine. Il est donc essentiel que les personnes âgées, aidées si nécessaire par leurs proches, soient vigilantes quant à leur état de santé : de nouvelles manifestations telles qu’un amaigrissement, une fatigue persistante ou des troubles de la digestion peuvent constituer des signes d’alerte d’un cancer et nécessitent une consultation médicale.
On recommande ainsi aux personnes âgées de consulter leur médecin traitant a minima une fois par an afin de faire le point sur leur état de santé et d’identifier les maladies qui pourraient apparaître avec le temps. Si le médecin traitant est le professionnel de santé adapté pour rappeler l’importance du suivi médical, la famille et les proches peuvent aussi jouer un rôle d’alerte.
Les cancers d’origine professionnelle représenteraient 4 à 8,5 % des cas, soit 14 000 à 30 000 nouveaux cancers chaque année. Ils concerneraient pour la plupart des hommes et le statut d’ouvrier.
Les produits les plus fréquemment incriminés sont l’amiante, le benzène, les rayonnements ionisants et les poussières de bois. Ainsi, les salariés du secteur de la construction, de l’automobile, de la métallurgie et du bois peuvent présenter un risque accru de développer un cancer du poumon, de la vessie, un cancer ORL, un mésothéliome ou une leucémie.
Dans la majorité des cas, les premiers symptômes d’un cancer d’origine professionnelle se manifestent plusieurs dizaines d’années après l’exposition à une substance cancérigène et le diagnostic est souvent posé alors que le travailleur est à la retraite. Le lien de cause à effet entre l’exposition professionnelle et la maladie n’est alors pas toujours évident, notamment pour le médecin qui a posé le diagnostic.
Il est donc vivement recommandé aux personnes ayant été exposées à des produits cancérigènes au cours de leur parcours professionnel d’en informer leur médecin pour que celui-ci mette en place le plus tôt possible un suivi spécifique.
Un diagnostic précis et adapté
Lorsque le médecin suspecte la présence d’une tumeur, une série d’examens cliniques, biologiques et/ou d’imagerie est prescrit. Dans le cas où les résultats orientent vers un diagnostic de cancer, le médecin généraliste adresse son patient à une équipe médicale hospitalière. Celle-ci réalise une biopsie (prélèvement de quelques cellules pour analyse), un bilan d’extension et des examens complémentaires qui permettent d’évaluer l’avancée de la maladie et sa possible extension à proximité (ganglions lymphatiques) ou à distance (métastases).
Si le diagnostic de cancer est confirmé, la démarche oncogériatrique doit être mise en place le plus tôt possible. L’oncologue utilise le plus souvent un questionnaire appelé « G8 », un outil de dépistage gériatrique qui permet d’identifier facilement les patients devant bénéficier d’une évaluation gériatrique approfondie, elle-même réalisée par un membre de l’équipe mobile de gériatrie de l’hôpital. Cet outil a été validé et est promu par l’Institut national du cancer. Il repose sur huit questions explorant différentes dimensions dont l’état nutritionnel, cognitif, l’autonomie ou encore l’état de santé en général :
1 • Le patient présente-t-il une perte d’appétit ; a-t-il mangé moins ces trois derniers mois par manque d’appétit, problèmes digestifs, difficultés de mastication ou de déglutition ?
2 • Y a-t-il une perte récente de poids (de moins de trois mois) ?
3 • Qu’en est-il de sa motricité ?
4 • Y a-t-il des problèmes neuropsychologiques ?
5 • Quel est l’Indice de masse corporelle (IMC) ?
6 • Prend-il plus de trois médicaments ?
7 • Le patient se sent-il en meilleure ou moins bonne santé que la plupart des personnes de son âge ?
8 • Quel âge a-t-il ?
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Pierre Soubeyran, oncologue médical et directeur de la recherche au sein de l’Institut Bergonié, Bordeaux.