Le traitement par cellules CAR-T en pratique
Uniquement réalisée dans certains centres qualifiés en France, la thérapie par cellules CAR-T est organisée avec le patient selon un parcours de soins précis.
12 juin 2024 Dernière mise à jour : 04-07-2025
1. Prélèvement des lymphocytes T
Des lymphocytes T sont prélevés dans le sang du patient et recueillis dans une poche : c’est la leucaphérèse (ou cytaphérèse).
2. Contrôle des lymphocytes T
Ils sont contrôlés à l’hôpital et envoyés en laboratoire.
3. Modification génétique des lymphocytes T
Un gène CAR est introduit dans les lymphocytes T.
4. Expression des récepteurs et multiplication des cellules CAR-T
Les cellules CAR-T expriment à leur surface le récepteur CAR qui pourra reconnaître les cellules cancéreuses. Elles sont multipliées en laboratoire, puis renvoyées à l’hôpital.
5. Préparation à l’injection
Avant l’injection, le patient reçoit une chimiothérapie courte pour favoriser la multiplication des CAR-T dans son organisme.
6. Injection
Les cellules CAR-T sont injectées au patient.
Le parcours de soin
La préparation
L’équipe du centre expert examine le dossier médical du patient. Si la thérapie par cellules CAR-T est adaptée à son cas, il est informé de la procédure. Après que le patient a donné son consentement, une date pour la leucaphérèse, en général 3 semaines à 1 mois plus tard, est décidée.
La leucaphérèse
Précédée d’examens sanguins ainsi que d’une évaluation cardiaque et veineuse, elle dure quelques heures. Un cathéter relié à une machine est introduit dans une veine du bras du patient pour prélever du sang. La machine sépare les lymphocytes T du sang, et réintroduit le sang par voie veineuse.
La production des cellules CAR-T et le « traitement d’attente »
Les cellules CAR-T sont fabriquées en laboratoire durant 4 à 6 semaines. Pendant ce temps, si la condition du patient le nécessite, celui-ci reçoit un traitement dit d’« attente » pour stabiliser sa maladie.
L’hospitalisation
L’hospitalisation, qui dure de 2 à 3 semaines, est composée de deux grandes étapes. D’abord, une chimiothérapie d’environ 3 jours, qui permet de créer un environnement favorable pour la multiplication des cellules CAR-T ; puis l’administration des cellules CAR-T sous étroite surveillance.
La sortie d’hospitalisation
Elle est autorisée à partir de 10 jours après l’administration du traitement en absence d’effets indésirables, dans un lieu situé à moins d’une heure du centre.
Le suivi
Une consultation de suivi, avec scanner ou PET-scan, est prévue 4 semaines plus tard. Elle se poursuivra par des consultations régulières avec des examens pendant 5 ans.
Dossier réalisé avec la collaboration du Pr Sophie Caillat-Zucman, professeure en immunologie à l’Université Paris-Cité et cheffe de service du laboratoire d’immunologie et d’histocompatibilité de l’Hôpital Saint-Louis (Paris).