Quelles aides financières pour les malades et leurs aidants ?
L’aide à la prise en charge sociale fait partie des droits des malades : il s’inscrit dans le plan personnalisé de soins dont chacun bénéficie au cours de sa prise en charge. L’évaluation et la mise en place de la prise en charge sociale peuvent être assurées par l’assistant·e de service social de l’hôpital, d’un service social de ville (Caisse primaire d’assurance maladie, Centre communal d’action sociale…) ou de la structure spécialisée en soins palliatifs (réseau de santé, HAD…).
12 février 2021 Dernière mise à jour : 16-07-2025
Aider dans les démarches sociales
Quel que soit son cadre d’exercice, l’assistant·e de service social doit respecter la personne et ses choix de vie, ainsi que la confidentialité et le secret professionnel concernant les informations qu’il ou elle recueille. Une première phase de rencontres individuelles avec le malade et son entourage permet de faire le point sur leurs besoins et d’établir un projet personnalisé : celui-ci rassemble et hiérarchise toutes les démarches à conduire, qu’il s’agisse d’une actualisation des droits sociaux, d’une demande d’aides financières ou de prestations sociales ou d’une mise en place d’aides à domicile. Dans ce contexte, l’assistant·e de service social conseille, oriente et épaule les patients et leurs proches dans les démarches et leur mise en œuvre.
En matière d’aides financières, et en fonction des besoins et des ressources, un financement spécifique peut être demandé afin d’assurer des frais de garde-malades, d’auxiliaire de vie à domicile, de garde d’enfants… Par ailleurs, si le proche doit réduire ou suspendre son activité professionnelle, plusieurs dispositifs sont prévus par la loi. Ces moyens émanent de la Caisse d’assurance maladie (fonds FNASS) ou du Conseil départemental. L’assistant·e de service social peut aider les personnes à savoir si elles y sont éligibles et à en comprendre les modalités. Outre le service référent, les Centres communaux d’action sociale (CCAS) et les Centres locaux d’information et de coordination gérontologique (CLIC) proposent aussi l’aide d’un·e assistant·e de service social aux habitants des communes où ils se trouvent. Enfin, certaines mutuelles et certaines fondations privées attribuent sous conditions des aides financières qui peuvent aider les personnes confrontées à des difficultés sociales ou financières du fait de la maladie. Les assistant·e·s de service social peuvent renseigner à ce sujet.
Soutenir les proches
Les aidants (famille, proches) jouent un rôle déterminant auprès des malades, que ces derniers soient pris en charge sur leur lieu de vie ou à l’hôpital. Ils sont mobilisés au quotidien pour aider et accompagner le patient ; rares sont les moments où ils peuvent s’octroyer un répit, un temps pour soi. L’Association française des aidants a indiqué en 2015 que 70 % des aidants déclaraient ne pas s’accorder de temps de loisir et près de la moitié annonçaient avoir des problèmes de santé qu’ils n’avaient pas avant d’être aidant.
Les professionnels spécialisés en soins palliatifs sont formés pour prévenir et prendre en charge l’impact physique et psychologique de la maladie sur les proches. Ils sont là pour les informer, les écouter et les aiguiller afin de soulager leurs inquiétudes, répondre à leurs besoins et prévenir les moments d’épuisement.
Des entretiens avec le ou la psychologue ou le ou la psychiatre peuvent être des moments précieux pour verbaliser, mettre des mots sur les difficultés rencontrées. L’assistant·e de service social peut aussi épauler l’aidant pour qu’il puisse accéder aux principales aides financières, matérielles, humaines auxquelles il a droit. Il ou elle peut notamment prévenir les situations d’épuisement en proposant des solutions de répit : durant ce temps, le malade est confié à des équipes de confiance durant quelques heures, quelques jours ou quelques semaines, afin que le proche puisse se ressourcer et se reposer avant de reprendre sa place auprès du malade.
La santé physique et psychologique des proches est également prise en compte par les professionnels spécialisés en soins palliatifs.
POUR LES MALADES
Il existe des aides au quotidien pour les personnes handicapées et les personnes âgées :
- La prestation de compensation du handicap (PCH) est une aide financière destinée à rembourser les dépenses liées à la perte d’autonomie des personnes handicapées.
- L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) a pour but de recourir aux aides destinées aux personnes âgées dans les gestes de la vie courante.
- L’aide aux retraités en situation de rupture (ASIR) constitue une aide de courte durée pour les personnes âgées dont un proche vient d’être hospitalisé et ne percevant pas l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou une autre allocation de soutien. Elle permet, par exemple, de financer l’aide aux tâches administratives, la préparation des repas ou le soutien moral durant quelques temps.
POUR LES PROCHES
- La prestation de garde-malade est une aide financière octroyée pour couvrir une partie des frais de garde-malades à domicile pour les malades admis en soins palliatifs et pris en charge par un service de HAD, un SSIAD, un réseau de santé de soins palliatifs ou une EMSP.
- L’allocation journalière d’accompagnement (AJAP) d’une personne en fin de vie est versée aux personnes qui accompagnent à domicile une personne en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable et qui remplissent certaines conditions.
- Le congé de solidarité familiale permet à un salarié d’assister un proche gravement malade (parent, enfant, fratrie, conjoint…). Il est accordé pour une durée de trois mois renouvelables une fois et ne peut être refusé par l’employeur. Au cours de ce congé, le salarié peut percevoir jusqu’à 21 jours d’une allocation journalière versée par l’Assurance maladie.
- Le congé de proche aidant (anciennement congé de soutien familial) permet à tous les aidants, qu’ils aient ou non des liens de parenté avec le malade, de suspendre leur activité professionnelle salariée durant une période de trois mois renouvelables dans la limite d’un an cumulé, sans que l’employeur ne puisse le refuser. Ce congé est subventionné et non rémunéré.
- Le congé de présence parentale est destiné aux parents qui doivent s’occuper de leur enfant malade. Sa durée maximale est de 310 jours pris en une ou plusieurs fois et renouvelable si besoin. Il peut aussi, sous condition, être associé à une allocation journalière de présence parentale versée par l’Assurance maladie.
- Le don de jours est un dispositif permettant anonymement de renoncer au profit d’un·e collègue à des jours de repos « non pris ». L’accord de l’employeur est nécessaire.
Les lieux de répit
L’équipe soignante, l’assistant·e de service social ou le CLIC peuvent aider l’entourage à identifier les structures disponibles localement.
Les principales sont :
- les associations d’accompagnement dont les bénévoles peuvent aider les proches à s’absenter durant quelques heures ;
- les lits de répit, accessibles dans certains SSR ou certaines unités d’hospitalisation de jour ;
- les structures d’accueil expérimentales, comme les maisons de vie ou les maisons de vie et d’accompagnement, qui existent dans certaines régions. Il s’agit de lieux de vie intermédiaires entre l’hôpital et les centres médico-sociaux, au sein desquels les patients en situation palliative peuvent être accueillis temporairement. La différence entre ces deux types de structures repose sur le profil – un peu différent – des patients accueillis.
Les proches peuvent également bénéficier d’un soutien après le décès du patient. Ils peuvent se faire aider grâce à l’intervention de psychologues, d’assistant·e·s de service social mais aussi participer à des groupes de parole organisés par des associations (voir Contacts utiles).
Depuis 2018, un nouvel outil est déployé sur le territoire : il s’agit des dispositifs d’appui à la coordination (DAC). Leur objectif est de faciliter la mise en place d’une organisation territoriale efficace, cohérente et rationnelle. Dans certaines régions, ces DAC fusionnent des structures pré-existantes dont les réseaux territoriaux de santé et de soins palliatifs. Composé d’une équipe pluri-professionnelle (médecins, infirmiers, travailleurs sociaux…), le DAC assure plusieurs missions :
- évaluation globale des besoins de la personne,
- coordination et organisation de la prise en charge,
- consolidation du retour à domicile après hospitalisation,
- mise en place d’aides techniques, de services à domicile, d’accompagnement d’un aidant vers des solutions de répit, etc.
Les DAC sont chargés d’aider les professionnels qui, dans l’organisation des prises en charge, éprouvent des difficultés dans leur exercice habituel. Ils n’ont pas vocation à répondre directement aux personnes et aidants (à l’exception des éventuelles défaillances d’acteurs).
La Plateforme d’écoute du Centre national : 01 53 72 33 04 informe, accompagne et soutient toutes les personnes confrontées à une situation de fin de vie ou de soins palliatifs.
Ce dossier a bénéficié du concours du Docteur Laure Copel, cheffe du service Soins palliatifs du Groupe Hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon (Paris) ainsi que de l’ensemble des membres de l’équipe du Centre National des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV).