Qu'est-ce qu'une métastase ?
Une métastase est une tumeur qui se forme à partir de cellules issues d’un foyer cancéreux initial également appelé « tumeur primaire ».
12 mai 2021 Dernière mise à jour : 10-07-2025
Qu'est-ce qu'une métastase ?
Lorsque la tumeur primaire se développe, certaines de ses cellules s’en détachent, migrent dans l’organisme, atteignent un ou plusieurs tissus normaux distants et s’y multiplient pour former une nouvelle tumeur. On parle ainsi souvent de « tumeur secondaire » pour désigner une métastase. 90 % des décès par cancer sont causés par des métastases.
Tous les organes peuvent être le siège de métastases mais les localisations les plus fréquentes sont le foie, les poumons, les os et le cerveau. La localisation des métastases dépend généralement de la tumeur primaire.
Le risque de développer des métastases dépend du type, du stade et de la taille de la tumeur primaire. Les métastases peuvent être détectables dès le diagnostic initial ou se développer après que la tumeur primaire a été traitée, dans des délais variables en fonction du type de cancer.
Parfois c’est la présence de métastases qui permet de révéler l’existence d’un cancer situé ailleurs et jusqu’alors non détecté.
Localisation de la tumeur initiale > Localisations préférentielles des métastases
Sein > Os, foie, cerveau
Prostate > Os
Côlon > Foie, poumons
Estomac > Foie, ovaires
Rein > Poumons, foie
Comment se forme une métastase ?
La capacité des cellules malignes à se détacher d’une tumeur primaire pour rejoindre la circulation sanguine et/ou le système lymphatique est un élément clé du processus de formation d’une métastase.
- La tumeur primaire forme un amas de cellules cancéreuses attachées entre elles.
- La tumeur primaire se développe grâce à l’oxygène et aux nutriments apportés par les vaisseaux sanguins qui se forment autour d’elle. Elle libère dans son environnement certaines molécules qui vont préparer à distance la formation de «niches pré-métastatiques » (zones propices à l’établissement des cellules tumorales disséminées).
- Certaines cellules de la tumeur n’adhèrent plus à leurs voisines, se détachent, parfois très précocement, de la masse tumorale et entrent dans les vaisseaux sanguins et le système lymphatique (ganglions et/ou vaisseaux).
- Les réseaux sanguins et lymphatiques transportent les cellules cancéreuses. Certaines d’entre elles sont détectées et détruites par le système immunitaire. D’autres pourront
coloniser un ou plusieurs organe(s) cible(s) en se regroupant dans les niches pré-métastatiques. - Dans ce nouvel environnement, les cellules tumorales restent parfois dormantes pendant plusieurs années avant de se mettre à proliférer pour former une métastase.
Le développement tumoral et métastatique est largement dépendant des relations entre les cellules cancéreuses et leur microenvironnement (cellules du système immunitaire, vaisseaux sanguins, fibres nerveuses, etc.). En la matière, le rôle des exosomes, par exemple, est intéressant. Ces petites vésicules, émises par les cellules, permettent normalement à celles-ci de communiquer entre elles. Or, dans ce contexte de cancer, elles peuvent modifier le comportement de cellules cancéreuses comme de cellules normales, notamment en favorisant la formation de niches pré-métastatiques et contribuer ainsi à la
prolifération de la tumeur.
Comment détecte-t-on les métastases ?
Dès le diagnostic ou lors du suivi après le traitement, différents examens permettent de détecter la présence d’éventuelles métastases. Les examens utilisés sont :
- l’étude des ganglions sentinelles réalisée au moment de la chirurgie et visant à retirer la tumeur primaire ;
- les examens d’imagerie (échographie, scanner, radiographie, scintigraphie, TEP-scan), qui permettent de détecter des métastases mesurant plus de quelques millimètres. En fonction du type de tumeur et du risque métastatique associé, ils peuvent être réalisés initialement (bilan d’extension) puis à intervalles réguliers pendant plusieurs mois ;
- les examens biologiques, permettant de doser plusieurs types de marqueurs grâce à une simple prise de sang ;
- les marqueurs tumoraux : ce sont des protéines sécrétées par les cellules tumorales, spécifiques de chaque cancer (par exemple CA 15.3 pour le cancer du sein, PSA pour le cancer de la prostate, etc.). Une augmentation de la quantité des marqueurs tumoraux peut orienter vers une récidive du cancer ou l’existence de métastases,
- les «biomarqueurs circulants» : il est possible de détecter dans le sang la présence de cellules cancéreuses détachées de la tumeur primaire (appelées CTC–Cellules tumorales circulantes), indicatrices de l’évolution métastatique. Plus leur taux est élevé, plus le risque de métastase est grand. On peut aussi étudier l’ADN tumoral (appelé ADNtc pour ADN tumoral circulant). C’est de l’ADN libéré par les CTC lorsqu’elles meurent, dans des exosomes ou directement dans le sang. Son analyse permet d’identifier les mutations génétiques du cancer, d’évaluer sa progression et sa réponse au traitement.
Avec le concours du Dr Philippe Clézardin, Directeur de recherche Inserm (Lyon).