Anticiper le risque de récidive des patients atteints de myélome multiple
Au CHU de Toulouse, le Pr Hervé Avet-Loiseau et son équipe ont mené un travail minutieux d’identification des biomarqueurs moléculaires permettant d’anticiper le risque de récidive du myélome chez les patients et donc d’adapter le traitement à ce risque.
09 décembre 2024 Dernière mise à jour : 09-09-2025
Point de départ
Le myélome multiple (MM) est le deuxième cancer de la moelle osseuse le plus commun, concernant environ 4000 nouveaux patients chaque année en France. Même si d’importants progrès thérapeutiques ont été réalisés au cours de ces 10 dernières années, le MM est très généralement un cancer incurable.
L’essor des immunothérapies apporte un espoir de guérison pour les patients. Dans le MM, l’immunothérapie consiste en l’administration d’anticorps monoclonaux (le daratumumab et l’isatuximab) qui ciblent la molécule CD38 exprimée par les cellules de myélome. Ces anticorps stimulent la reconnaissance des cellules tumorales par le système immunitaire et contribuent ainsi à lutter contre la maladie. Toutefois malgré les résultats très encourageants obtenus par ces anticorps anti-CD38, de nombreux patients résistent à ce type de traitement.
Avancées grâce à la Fondation ARC
Le Professeur Hervé Avet-Loiseau est le lauréat du 3e Prix Oberling- Haguenau Fondation ARC pour les résultats de son Programme labellisé Fondation ARC 2019 « Génomique et Immunologie du Myélome ».
Depuis une quinzaine d’années, l’équipe menée par le Pr Avet-Loiseau cherche à mieux comprendre la biologie des MM et plus précisément à identifier les mécanismes à l’origine de l’échappement de ces tumeurs à la surveillance immune. Grâce au Programme labellisé Fondation ARC attribué en 2019, le Pr Avet-Loiseau et ses collaborateurs toulousains ont mené un travail minutieux d’identification des biomarqueurs moléculaires permettant d’anticiper le risque de récidive du myélome chez les patients et donc d’adapter le traitement à ce risque.
Leurs travaux ont montré que la présence de certaines anomalies chromosomiques présentes dans la cellule tumorale, appelées « délétion » (perte de matériel génétique sur un chromosome) ou « translocation » (partie d’un chromosome qui s’attache de manière anormale à un autre chromosome) étaient associées à un mauvais pronostic et un risque important de récidives. Grâce à l’utilisation de puces à ADN qui permettent d’étudier l’expression de plusieurs milliers de gènes, ils ont pu confirmer ces données sur plus de 1 000 patients, et proposer un modèle simplifié de 6 signatures prédictives de la réponse aux immunothérapies dans le MM. Afin de pouvoir utiliser ce modèle en routine, ils ont mis au point un test rapide d’analyses de gènes permettant de repérer ces 6 signatures.
Ils ont enfin complété leur étude en mettant en lumière que l’absence de cellules du myélome dans la moelle osseuse après traitement (maladie résiduelle) est un élément central du pronostic des patients. En conséquence, ils ont développé un test rapide d’évaluation de la maladie résiduelle.
Les pistes pour demain
Les travaux du Pr Avet- Loiseau ont largement contribué à élucider les mécanismes de résistance pour mieux stratifier les patients atteints de MM, et impactent désormais le quotidien de nombreux patients. À l’avenir, l’équipe tentera de mettre en lumière le lien entre les altérations chromosomiques observées dans les tumeurs à haut risque, les réponses inflammatoires et les changements immunitaires susceptibles d’affecter la pathogenèse du MM. Ces recherches seront subventionnées en partie par un nouveau Programme labellisé Fondation ARC.